We the people, le Point et les grands méchants loups

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  • 5 avril 2008
L’hebdomadaire Le Point n’est pas peu fier de ses résultats de ventes. Le premier à le démontrer est son directeur, Franz-Olivier Giesbert qui, un éditorial sur trois, comptabilise les exemplaires gagnés par son hebdo avec des scrupules de contrôleur de gestion. C’est de bonne guerre. Le navire amiral de François Pinault dans la presse diffuse de plus en plus d’exemplaires, notamment en kiosques. Ce qui l’est moins c’est de donner des leçons de journalisme à ses concurrents. Dans son dernier numéro, sorti le jeudi 3 avril, FOG nous indique, we the people, nous les lecteurs, que « chez nous (à savoir le Point), pas de people, même si c’est payant ». OK (Zero killed).

Tallulah a l’air fatiguée

Le lecteur de l’hebdo, dont je suis, fidèle depuis des années, ne saura donc pas que Francis Cabrel « écris toujours la même chanson depuis trente ans » (page 18) ; qu’Andy Roddick, joueur de tennis, a épousé Brooklyn Decker, un mannequin black (et decker, pouf, pouf) et que Robin Williams est séparé de son épouse, Marsha, « mère de ses deux derniers enfants » (page 32) ; que Philippe Warin adore ses photos de Carla S. prises dans l’avion (c’est pourtant à nous de nous faire préférer le train qui rallie Paris à Londres en trois heures) (page 42); que la presse « épouse la cause du people », dénonciation illustrée des travers des confrères (page 48) ; que Diane Kruger, actrice chic, philosophe sur le défaut qui vous inspire le plus d’indulgence : « un trop petit cadran », sur une page 187 consacrée aux montres et à ceux qui en ont la plus grosse ; que Charlize Theron et Suart Townsend « logés au Ritz, sillonnent en tous sens la capitale » et que Nikos Alliagas « ne pouvait pas rater l’ouverture de la première boutique de la marque grecque de cosmétiques Korres », et que Tallulah, la fille de Demi Moore et Bruce Willis qui est l’exception de la règle « regardez la mère vous saurez comment est la fille », a l’air fatiguée sur une photo ‘page 204). Non, tout cela vous ne le lirez pas dans le Point, aux pages indiquées, parce que « chez nous, pas de people, même si c’est payant ». Point à la ligne.

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