Au Japon, les reines de la mer n’ont pas de couronne

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  • 21 août 2011

Sur la presqu’île de Shima, au nord-ouest du Japon, quelques dizaines de femmes pêchent l’ormeau à  une dizaine de mètres de profondeur en apnée. Ce sont des Ama, littéralement en japonais des femmes de la mer. Cette particularité est séculaire nous apprend un documentaire diffusé sur Arte et retraçant la vie de l’un de ces groupes. Certaines d’entre elles peuvent continuer à  plonger à  80 ans passés. On peut revoir le reportage sur Arte+7.

Pour beaucoup de ces femmes, ce travail, qui eût payé, est une manière de montrer que les femmes peuvent disposer d’une place importante dans la société patriarcale japonaise. En regardant ce reportage, on en vient à  quelques conclusions. La première c’est qu’on ne connaît presque rien du Japon alors que pourtant les filles ont l’air d’y être jolies. Sans rire, 130 millions d’habitants, et excepté les jours d’explosions nucléaires ou des mangas de Jiro Taniguchi et des romans de Haruki Murakami, on n’en parle presque jamais en France.

La deuxième, c’est que si les Ama sont des femmes pêcheuses, oui je sais c’était facile, les bateaux qui les conduisent sur leurs lieux de pêche sont commandés par des hommes. Tout un symbole non plus du plafond de verre, mais de la mer de verre.

Tertio, pour gagner plus, il y a quelques années, les amas et les commandants de bateaux ont voulu vendre leur pêche à  Tokyo et dans les grandes villes directement, sans intermédiaires. Les grossistes se sont opposés et ce mouvement d’autonomie économique n’a pas duré devant les invendus que la situation créait. Comme si l’économie de marché, qui est une belle invention, était systématiquement confisquée au profit de celui qui a le plus de pouvoir à  défaut de générer le plus d’efforts.

Un peu plus loin dans l’après-midi finissante, j’arrive sur NT1. J’aime bien regarder les chaînes de la TNT de temps à  autre, outre les films qui sont les mêmes qu’ailleurs, pour me rappeler à  quel point notre société est décadente. D’ici quelques jours, le reportage sera visible à  partir d’ici.http://www.youtube.com/watch?v=I3Kms8o9IhM Ce n’est pas le reportage de NT1, mais celui de Direct8, mais c’est équivalent.

Dans le cartouche qui apparaît sur l’écran, je lis «  Reporters », et je crois qu’il s’agit de la sérié du même temps qui m’avait bien plus en son temps. Las, il s’agit d’une émission de reportages. Le thème du jour est le célibat. Le sexe et l’argent sont les deux mamelles des émissions de reportage, cachées «  ce sein que je ne saurais voir » de temps à  autre par des immersions près d’équipe de police et auprès de people (Je ne vous dis pas le succès d’un reportage intitulé « un capitaine de police vole l’argent d’une prostituée pour l’offrir à  l’élue de son cœur: le sosie de Paris Hilton qui était transsexuelle d’origine roumaine ». Bref, «  Reporters », ce n’est pas la série mais une émission de reportages. Dans ce reportage, on reparle de la foire aux célibataires de la Génétouze, en Lozère ou dans le Creuse, et puis d’un gars qui s’appelle Jean-Michel (c’est une double prénom d’emprunt parce que j’ai oublié son prénom). Jean-Michel est célibataire et une bonne pâte. Il a tellement envie de trouver une gonzesse qu’il est prêt à  faire n’importe quoi. Résultat: il a transformé son appartement en «  royaume de la fête », et son salon en piste de danse avec néon, table de DJ… Et il joue tout seul avec ses boutons:). Pouf, pouf. Dans le reportage, il invite des relookeuses à  venir chez lui.

Le business de l’amour

Pour 500 euros, elles lui disent de jeter la moitié de sa garde-robe et de donner le restant à  Emmaà¼s, «  il paraît qu’ils cherchent toujours des bouts de tissus pour récurer les chiottes », et l’amène se refringuer dans des boutiques à  Panam. Le reportage ne dit pas si Jean-Michel a pêcho. Ce qu’il nous dit c’est que Jean-Michel est un peu l’archétype de la personne en recherche harponné par les marchands d’illusions. «  Un jour, je lis dans le journal (le journal c’est 20 minutes) une publicité pour des annonces de rencontre où je vois que plein de gens ont eu le coup de foudre, rencontré le grand amour grâce à  eux. C’était un service de SMS. Un peu cher mais je me dis pourquoi pas, s’il y a des gens qui ont réussi ainsi ». Résultat des courses, après l’échange de 3.892 SMS avec «  Natacha », Jean-Michel se rend à  Châteauroux pour la rencontrer. «  C’était de plus en plus chaud entre nous. Je me voyais déjà  dans un restaurant romantique avant une nuit torride. Et puis après, pourquoi pas, vivre ensemble ». Bon, Jean-Mi aurait peut-dû aller direct à  la Génétouze car «  Natacha » n’est jamais venue. Parce que «  Natacha » n’existe pas. Parce qu’au final, la rencontre dont rêve Jean-Mimi, tellement il a envie, cela ressemble un peu à  de la prostitution. Le petit conseil que l’on pourrait donner à  notre solo, ce serait d’aller au Japon, sur la presqu’île de Shima et demander à  voir les Ama et leurs copines. Parce qu’elles en valent la peine.

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