Savemore, de Sean Doolittle

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  • 22 juin 2010

savemore

Bonjour Sean,

A propos des livres traduits, mon premier réflexe est de regarder le titre original dans la langue de l’auteur. On peut parfois être surpris. C’est le cas avec votre livre paru chez Rivages. Savemore, il s’appelle votre livre dans l’édition française. Et en américain, le titre c’est The Clean up. Epargner plus contre Le nettoyage. Après avoir lu le livre, on peut largement préférer le second au premier. Et pourquoi d’ailleurs choisir un titre en anglais? Jacques Toubon doit se retourner dans sa tombe. Comment ça, Jacques Toubon n’est pas mort? Mea culpa Mea maxima culpa.

On reconnaît un bon polar à  ce que les pages se tournent les unes après les autres alors que défilent les minutes sur l’horloge murale de la chambre à  coucher, la chaise du jardin, le siège de l’autobus, le rebord de la baignoire, rayez la mention inutile. Votre livre prend trois inspirations de 120 pages. Quand on le lit, on s’y agrippe. Cela tient d’ailleurs à  l’efficacité du style qu’à  l’originalité de l’histoire. Matthew Worth, (Valeur-richesse en anglais) travaille au Savemore, épargner plus donc, en tant que policier affecté par son commissariat pour surveiller les voleurs. En fait c’est une rétrogradation car Matt s’est battu avec un officier supérieur qui sort avec sa femme. Mais ce n’est pas l’intrigue centrale. A la caverne d’Ali Baba, sans les 40 voleurs, Matt peut s’adonner à  son activité préférée : regarder Gwen, une jolie caissière, étudiante infirmière à  ses heures perdues. Un jour, Gwen tue son copain qui la battait. Pour une fois que c’est pas l’inverse. Matt arrive sur les lieux, découvre le cadavre du petit ami de Gwen et promet de le faire disparaître, d’où le Clean-Up. Sans se douter qu’il se met dans un drôle de pétrin Le synopsis ne gagnera pas le Booker Prize de l’originalité mais une fois immergé dans le livre, impossible de le lâcher. D’ailleurs, l’objet lui-même entreprend une métamorphose: il se colore de sang, puis laisse passer quelques flocons de neige, sent les vapeurs d’os calcinés, quand on l’ouvre, quelques cris retentissent ainsi que les sons des caisses enregistreuses qui enregistrent.

PS: C’est bien d’avoir contracté avec Rivages poche. C’est l’une des rares maisons d’édition dont les poches sont encore présentables une fois qu’on les a lus.

Sean Doolittle, Savemore, Editions Rivages Poche. 9,50 euros.

Ce livre est disponible sur le site de la librairie Dialogues, qui m’a confié ce livre pour le chroniquer dans le cadre de son club de lecteurs.

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