Marc L. ou l’histoire des informations privées sur Internet

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  • 17 janvier 2009
Le magazine Tigre, a publié dans son numéro de l'hiver où un jeune français est habillé… pour l'hiver. Vous pouvez lire ce portrait ici. C'est bien pensé et bien écrit. Il a été réalisé à partir d'éléments d'informations rassemblés à partir d'internet : facebook, myspace, google, flick… Il existe quantité de sites internet où il est aisé d'obtenir des informations sur des inconnus. Et puis le plus grand défaut de l'être humain reste la curiosité. Quand j'ai modifié mon profil sur Facebook en le complètant, en indiquant que j'étais marié (je mets cela sur le compte de la jeunesse, c'était il y a dix ans), sans préciser la date, j'ai reçu des messages de félicitations. Je crois bien que l'un de mes témoins m'a congratulé en m'indiquant qui était l'heureuse élue. Bon, la dernière phrase n'est pas vraie mais cela aurait été rigolo. 
Il n'est pas besoin de faire appel à son imagination pour trouver des informations sur la toile. Cela a donné lieu à un nouveau verbe : googleliser. On tape le nom de la victime, et les résultats apparaissent. En Grande-Bretagne, ou aux Etats-Unis, certains sites se chargent pour vous de vous indiquer le nombre de pédophiles dans votre quartier. Ce fichage a toujours existé. Nos noms, coordonnées figurent sur des tas de bas de données. Avec l'ère numérique non seulement ces informations sont recoupables, publiques dans un grand nombre de cas et surtout elles durent dans le temps plus longtemps parfois que l'événement qui les a provoqué. 
 
Pour un droit à l'oubli ?
 
Militant d'un parti anti-capitaliste, ou pro-capitaliste, plus rare, dans votre prime jeunesse ? Un flirt torride avec Mélanie F. sur la plage du Pouliguen, filmé par un des potes de la bande, sur Dailymotion ? Le soutien à une cause noble sur un site de pétition en ligne ? Des propos peu amènes sur une personnalité (genre Eric B. au sujet de Nicolas S. pendant la campagne de Ségolène R.) ? Toutes ces histoires peuvent théoriquement disparaître (c'est plus facile quand on s'appelle le gouvernement chinois et quand les interlocuteurs s'appellent Google et Yahoo, indique Pierre Haski). Dans les faits, il est plus judicieux de compter sur les sables mouvants du web en inondant les moteurs de recherche d'autres référentes, plus récentes, pour faire se perdre dans les méandres du numérique ces informations personnelles et que vous souhaitez voir le rester. Alex Türk, forte tête de la CNIL, la commission informatique et libertés, s'inquiètent justement de cette évolution et de l'incapacité des individus à pouvoir protéger leur vie privée et à faire disparaître leurs traces. Il demande "un droit à l'oubli", dans cette interview à Télérama. L'affaire Navigo, dans les transports publics parisiens, vient en confirmer l'urgence.
 
 
 
Par là pour ne pas avoir à faire le ménage dans les informations numériques, deux stratégies s'imposent. Ne rien dire de trop personnel, et par là participer à une certaine forme de bien-pensance, pas d'opinions, pas d'avis, pas de contradictions. De là apparaît une forme de marketing de l'ego. Soit pour se faire valoir, soit pour se présenter sous le meilleur des jours. C'est humain. On a jamais vu quelqu'un se présenter sur Meetic en indiquant péter au lit les jours de pluie.
Ou bien privilégier l'anonymat, Louloute29 trouve que "la réforme des fonds de pension ne va pas résoudre la crise internationale des capitaux sur le marché obligataire", ou bien, message de GaspardleGuépard qui dit "que le travail le dimanche c'est mieux que pas travailler du tout". Déjà France Info accepte dans son émission quotidienne sur ce que pensent les infonautes les pseudonymes. On apprend pourtant dans les livres d'histoire que l'absence de signature en bas d'une lettre n'est que très rarement un signe de courage. Cet anonymat d'irresponsabilité, ne pas assumer ses opinions, ne doit pas empêcher l'apparition d'un anonymat de liberté, dans la sphère privée, celle de circuler par exemple, comme le souligne une initiative comme les Big Brother Awards.
 
 
 
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Commentaires

  1. DemonBlack dit :

    Protéger son anonymat sur le net et devenu vital sous peine d’être facilement « googleriser » vu que ce verbe existe maintenant.