Et voici une autre histoire composée en auto-écriture avec mes filles.
Trois fleurs se promenaient sur un bateau. Elles avaient trouvé trois coquillages dans l'eau. Des coquillages qui faisaient du bruit. Ces trois fleurs et ces trois coquillages étaient très jolis. Les pétales des fleurs étaient dorés, jaunes et argentés. Le couvercle des coquillages était tout mauve. Des sirènes les avaient peints. Dans chacun des coquillages se une belle décoration avec plein de bijoux. Un véritable trésor composé de colliers, de bracelets, de boucles d'oreilles en or mais aussi de jouets-sirènes qui pouvaient se transformer soit en vraies sirènes soit en monstrueuses créatures.
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Il était une fois une américaine, la quarantaine, vivant en France depuis vingt ans qui se mit en tête de passer le concours de l'agrégation, aGrég' pour les intimes. Sa décision succédait à un licenciement d'une grande entreprise US implantée dans notre pays. So, what ? Anglophone de fait, Alice, c'est son nom, pense au pays des merveilles que peut être la fonction publique française. Cela ressemblera à une hot-line de FAI en plein crash existentiel après les ventes de Christmas Day. De Noël je veux dire, of course. Le concours est difficile. Cela ne la surprend pas. Rien n'est jamais donné à ceux qui n'ont rien. Direction la très académique Sorbonne pour suivre les cours d'éminents professeurs. Surprise : les cours de préparation à l'agrégation d'anglais se font majoritairement en français. Les premiers résultats se suivent et se ressemblent pour Alice. Le zéro, mot d'origine arabe, lui colle à la peau. Alice résiste et insiste coincée sur les bancs de la faculté. Pour se rendre compte que tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Difficile en effet pour un anglophone de naissance, d'autant plus que cet anglophone est un faux-ami américain, de réussir l'examen de passage. Plusieurs conditions semblent relever de la discrimination négative : 1) il ne faut pas encenser les Etats-Unis sur l'autel des civilisations, 2) être plutôt jeune et 3) être formaté pour es études si particulières et maîtriser la technique du jepenseoui-jepensenon-jenesaisplustopcequejepense à savoir la méthode de la Thèse-Antithèse-Synthèse. Draguer aGrég n'est pas une sinécure, et la date (vous savez le jour où vous pensez que et que finalment non) de l'examen approche. L'échec est au rendez-vous. L'aventure se termine avec un goût d'amertume et beaucoup d'interrogations. A quoi servent ces millions d'euros investis dans l'organisation de ces concours ? Pour quels résultats ? La formation des enseignants peut-elle faire fi du goût à transmettre ses connaissances pour lui préférer des standards plus obscurs.
Qui évalue les évaluateurs ?
A l'heure où des millions de lycéens planchent sur les épreuves du bac, où les enquêtes internationales pointent du doigt les retards français en matière d'éducation, où la démocratisation de l'accès aux études supérieures s'est confondue avec la banalisation et donc la perte de valeurs de celles-ci, ce roman-enquête de Laurel Zuckerman, qui s'inspire de sa propre expérience pour délivrer ce premier roman, exquise esquisse, délicieuse enfant de son imagination, alerte comme "un référentiel rebondissant", porte le fer là où cela fait mal. Une réforme sur le recrutement des enseignants est annoncée pour bientôt. Elle semble viser d'abord l'objectif des économies budgétaires là où il aurait fallu lui donner des buts qualitatifs, entre apprentissages fondamentaux, les bases de la citoyenneté et d'une société éclairée, et les impératifs de l'insertion professionnelle. C'est donc une réforme pas encore née mais déjà inachevée que l'on entrevoit, avec en toile de fond une rue qui gronde sans trop savoir pourquoi. Finalement, so french.
Plusieurs fois par an, j'essaie d'initier mes deux filles, six et cinq ans, à l'écriture en leur proposant d'écrire leur propre histoire. Je leur pose quelques questions : quels personnages ? Que font-ils ? Comment sont-ils ? Chacune d'entre elles a le droit d'écrire, mentalement car c'est moi qui tape, une phrase sur deux. Un vrai travail à six mains. Je vous laisse juger.
Le trésor perdu
des pandas farceurs
Par Poème et Venise Cabon
熊 貓
(panda en mandarin, « ours chat »)
Il était une fois trois petites pandas. Elles s'appelaient Panchelle, Frinelle et Fleur d'oranger. Les trois sœurs vivaient en liberté dans une forêt de bambous dans le centre de la Chine. Arielle, la maman, cuisinait des gâteaux dans la cuisine familiale. Le papa, Pruneau, était en train de tondre la pelouse. Les trois sœurs jouaient à cache-à-cache. Panchelle, vêtue d'une jupe rose et mauve, comptait près d'un arbre.
Ca y est, j'ai fini. Je viens vous chercher, dit-elle à ses deux sœurs qui se cachaient dans les buissons
de bambous.
A l'endroit où Fleur d'oranger et Frinelle se tenaient, un arc-en-ciel apparut. Et comme elles connaissaient la légende comme quoi chaque arc-en-ciel montrait le chemin d'un trésor, elles décidèrent de suivre le chemin de l'arc-en-ciel.
Pendant ce temps-là, Panchelle cherchait ses sœurs dans les bambous. Elles ne les trouvaient pas. Après plusieurs minutes passées à les chercher, elle retourna vers la maison. Très gourmande, Panchelle s'arrêta en chemin pour cueillir des pousses de bambous et les mettre dans son sac-à-dos en forme de panda.
Arrivée à la maison, ses parents lui demandèrent où étaient ses sœurs. Panchelle répondit qu'elle ne savait pas. Puis, en voyant l'arc-en-ciel, dit :
– Moi aussi, je connais la légende.
– Pardon, Panchelle. Que dis-tu ? demanda son père, les sourcils froncés.
– Rien, papa. A tout à l'heure. Je crois que je vais les retrouver.
Bon. Mais ne soyez pas en retard pour le repas surtout.
Panchelle se mit en route. Et, à la moitié du chemin, elle vit deux points noirs et blancs. C'était ses deux sœurs, Fleur d'oranger et Frinelle. Elles marchaient lentement, un peu fatiguées par tout le chemin parcouru.
Panchelle, qui était l'aînée, connaissait mieux la route que ses deux sœurs. Elle prit un raccourci pour arriver avant elles à l'endroit du trésor. Au pied de l'arc-en-ciel, se trouvait un coffre rempli de bijoux, de choux, de cailloux, et de quatre robes, noires et blanches avec des bretelles. Malicieuse, Panchelle cacha le trésor derrière des buissons, juste à côté de la chute de l'arc-en-ciel. Un peu plus tard, Fleur d'oranger et Frinelle arrivèrent, mouillées par la pluie et la sueur. A leur grande surprise, aucune trace du trésor.
– Mais où est-il ?, demanda Fleur d'oranger.
- Ce n'est pas possible. On nous a menti. Il n'y pas de trésor au pied de l'arc-en-ciel de la grande montagne, regretta Frinelle.
Pendant ce temps, Panchelle regardait la scène et ne pouvait s'empêcher de rire. Ses sœurs entendirent ses bruits. Elles approchèrent, avec crainte, de l'endroit de sa cachette. Avant d'être découverte, Panchelle se leva en criant « Bouh, bouh, bouh ».
Sans savoir qui leur faisait cette mauvaise surprise, les deux sœurs tombèrent en arrière, les quatre pattes en l'air, dans le ruisseau qui coulait par là. Trempées, elles se relevèrent en criant : « Zoboumafou ! Zoboumafou ! », du nom du monstre qui venait parfois dans leurs cauchemars. Et elles retournèrent en courant vers leur maison sans se retourner. En reprenant le même chemin qu'à l'aller, Panchelle, chargée du coffre au trésor, arriva avant elles dans la maisonnée.
– Mes sœurs, où étiez-vous ? Je vous ai cherchées partout.
– On steack hâché. Hi, hi, hi
– Oh, vous êtes toutes trempées. Que s'est-il passé ?, demanda Panchelle en faisant un clin d'œil à ses parents à qui elle avait raconté toute l'histoire.
– On était cachée dans un ruisseau, dit Fleur d'oranger
– Même pas peur de l'eau, se vanta Frinelle
– J'ai une surprise pour vous, mes sœurs.
– Ah, bon ? Pour nous ?
– Oui, oui. Pour vous. C'est le trésor de… Zoboumafou.
Les deux sœurs se regardèrent et se mirent à rire.
– C'était toi le monstre, Panchelle.
– Oui et non. Oui, c'était moi, et non je ne suis pas un monstre car il n'existe pas.
– Et Panchelle ouvrit le coffre et partagea les robes, les cailloux, les bijoux et les choux. Et bien sûr les pousses de bambous.
Monsieur Linh est un vieux monsieur. La guerre ravage son pays. Le voilà seul voguant sur les flots accompagné d'une petite fille. La seule survivante du massacre qui a touché sa famille. Dans la ville qui l'accueille, la vie n'a plus rien à voir avec celle de son village de naissance. Son seul réconfort provient de la petite-fille qu'il ne laisse jamais dont il s'occupe avec l'amour sincère des vieilles personnes. Au cours de ses promenades, il rencontre un homme qui mégote sur un banc public, banc public, banc public. « Pour son bien », l'administration demande à Monsieur Linh de rejoindre un hospice, ce qu'il fait à contre-coeur. Un jour il s'enfuit à travers la ville qu'il ne connaît pas pour rejoindre son seul ami, dont il ne comprend rien du langage mais dont l'amitié lui semble profonde. Survient alors l'impensable et le lecteur connaît alors la véritable identité de la petite-fille si chère au coeur de Monsieur Linh. Philippe Claudel est également l'auteur du « Café de l'excelsior », l'histoire d'un petit-garçon éduqué par un grand-père tenancier de bar. Deux livres pour se réconcilier, pour ceux qui en éprouveraient le besoin, avec la littérature.
De la Russie on connaît tous les grands auteurs. Fedor Dostoïevski, Léon Tolstoï, Dostoïevski Fedor et bien d'autres encore, Léon Dostoïevski, Fedor Tosltoï. De la nouvelle génération d'écrivains, c'est déjà plus compliqué. 1, parce que le cyrillique est une barrière, plus encore que le général hiver, et 2, parce que les histoires d'hommes qui ont vu l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours de Sibérie, ma foi, c'est un peu trop bucolique pour notre époque. Mais voilà qu'une nouvelle génération se dresse sur les barricades des a priori, des préjugés et des clichés, et il ne faut pas avoir le vertige, car cela en fait de la hauteur. Parmi elle Gary Shteyngart. On peut penser que Gary, vraiment ces Russes, cherche à se venger de ce prénom Dallassien, mais non, Gary chercher à écrire. Autant le dire, c'est un peu confus, légèrement autobiographique, le héros quitte lui aussi sa Russie natale pour émigrer aux Etats-Unis avec ses parents, et somme toute assez improbable. Mais à quoi servent les romans qui ne racontent que la vie telle qu'elle est ? A gonfler les droits d'auteurs de Christine Angot. Ok, je sors. Mais avant de sortir je plussoie quand même.
Bienvenue en Absurdistan
uand on sait que le président de la Russie éternelle débute sa journée en regardant les prix de la vodka, chaque année 42.000 personnes meurent d'en ingurgiter de la frelatée,en France c'est celui de l'essence, chacun son truc, on se dit que tout est possible dans ce pays dont les rêves de grandeur se conjuguent au passé. La mafia russe qui importe son savoir-faire dans les ancienne républiques du bloc de l'Est, les petits-boulotsenattendantmieux aux Etats-Unis qui deviennent despetitsboulotsenattendantGodot, les courses poursuites en Trabant. L'auteur est également le coupable d'Absurdistan. Tu t'es vu quand t'as Ubu ?
La scène se déroule en pleine campagne irlandaise, à Glennkill. George Glenn est retrouvé mort, tenu au sol par une bêche. Les soupçons se portent d'abord sur un loup. Un loup qui saurait manipuler les bêches. Ce n'est pas commun mais qui peut dire que cela est impossible. Pas les moutons du troupeau de George qui, à force d'interrogations, débutent leur enquête. A leur tête Miss Maple, la brebis la plus intelligente de tout Glennkill, et ce n'est pas peu de le dire. Car c'est là toute l'originalité de l'intrigue que de donner à ces moutons le rôle du détective pour découvrir dans un final haletant, bêletant dirons-nous, le fin mot de l'histoire. Dramatis oves. Leonie Swann signe là un premier roman, traduit de l'allemand, tout en finesse qui laisse à penser que les animaux dotés d'intelligence sont également enclins au pathos quand ils se rappellent les histoires que leur lisait feu leur berger. A lire pour en finir avec le panurgisme moutonnier.
Un casse manquée et la vie bascule. Dixon s’enfuit avec un peu d’argent en poche. Sa cavale l’entraîne dans une petite bourgade tranquille du New Hampshire. Blessé, il cherche à échapper à la police. Pour ce faire, il repère une maisonnée d’un quartier tranquille dans laquelle il pénètre. Interloqué le propriétaire des lieux ne peut que se ranger aux arguments du fuyard et de son revolver. Elias, professeur d’histoire dans une université, va donc cohabiter, à l’insu de son plein gré avec ce bandit des chemins de traverse. Il ira même jusqu’à arranger un rendez-vous avec l’infirmière du campus pour soigner son co-locataire. Mais déjà le FBI est sur la piste du braqueur de banques et débarque dans la ville. Denise, agent spécial des services secrets américains, fouine dans tous les recoins. Réussira-t-elle à débusquer l’intrus, elle qui vient passer la nuit avec Elias à quelques mètres de la chambre de fortune du voyou. La vérité approche. Mais n’est-elle pas question de circonstances et de point de vue ? « Si vous avez étudié suffisamment pour pouvoir situer la Pologne sur une carte et si vous connaissez le nom des trois derniers présidents, le reste est surtout une question de conviction. Tout tient à l’assurance avec laquelle vous vous exprimez (…) L’astuce n’est pas d’être la plus intelligente de la salle. Après le primaire, ça ne compte plus. L’astuce c’est de se faire remarquer ». Cynique, le deuxième roman de Iain Levison, après Un petit boulot, qui connaît plus de succès en France que dans le monde anglo-saxon qui ne sait pas ce qu’il perd.
Canaille et demie, de Iain Levison, Editions Liana Levi. 9 euros en poche. En vente chez Dialogues.
Les éditions Dunod s’apprêtent à sortir dans quelques jours un nouvel ouvrage intitulé “150 petites expériences de psychologie des médias”. Il est dans la droite ligne des opus précédents permettant à tout à chacun de pouvoir mieux comprendre la psychologie humaine et les multiples éléments qui influencent nos comportements et opinions. Rédigé par Sébastien Bohler, ancien chroniqueur d’Arrêts sur images, c’est lui notamment qui avait parlé de l’influence de la télévision dans la paranoïa ambiante de notre société, remarque qui incite à ne plus regarder les journaux télévisés de TF1, il aborde avec simplicité et sérieux le monde de la manipulation médiatique. Non pas pour nous méfier de manière permanente des médias mais pour veiller à exercer notre citoyenneté de manière aboutie et consciente. 150 questions se succèdent avec un court texte introductif, une ou plusieurs expériences viennent étayer la piste de solution et une conclusion nous invite à ouvrir notre champ de réflexion personnel. Du grand art.
Extraits. « Pour avez-vous envie d’enfermer tous les délinquants après avoir lu un reportage sur la menace terroriste ? », parce que « la présence d’une menace terroriste dans l’esprit des gens les inciterait à exprimer une attitude plus intransigeante vis-à-vis de toute forme de trouble de l’ordre public », « Pourquoi un président de la République a-t-il l’air plus tolérant lorsqu’il pose à côté d’un chanteur grand public ? »,, en raison du transfert symbolique ; « Pourquoi certains personnalités politiques grimpent-elles dans les sondages sans avoir rien fait de spécial ? », l’influence sociale, démontrée par des enquêtes sur la musique et l’impact du choix majoritaire, en est l’explication ; « Pourquoi trouvez-vous le journaliste mieux informé que l’homme politique à qui il pose les questions ? », parce qu’il a l’avantage de les connaître avant ; Pourquoi cet ouvrage n’est-il pas remboursé par la Sécurité sociale ? Parce qu’elle a des difficultés à équilibrer ses comptes. CQFD.
“150 petites expériences de psychologie des médias”. Editions Dunod. Sébastien Bohler.
C’est une histoire de touillettes manquantes au distributeur de café, de camemberts péruviens et statistiques, de Chili con carne, du misérabilisme de la fonction publique, du je m’en foutisme au travail, de la place du Yucca, face à la fenêtre ou derrière le bureau, de placard, de carte de restauration perdue puis retrouvée, de slides sur la productivité, de l’Affaire qui secoue la République, de cuvée du Chaman, de secrétaire administrative au sein de l’administration, de la venue de le, de la, de le-la ministre, e questionnaires qualitatifs, de biotopes sociologiques, de messagerie interne, du prix du repas à Paris, de vacances, de My Funny Valentine, de fils de, de poésie, de kit pour réaliser soi-même une affaire médiatique, d'absurdité, de surdité, de tout cela oui mais d’un point de vue administratif.
D’un point de vue administratif, de Francis Mizio. Editions Baleine. Francis Mizio est également l'auteur d'un blog sur Rue 89.
J'envie ceux qui ne connaissent pas Pierre Desproges, n'ont jamais vu ses spectacles, lu ses livres, goûté au sel de la vie. Pouf, pouf. Françaises, Français, Belges, Belges, lecteur chéri, mon amour, voilà qui peut facilement trouver sa solution. L'auteur de "si le chat n'est plus sur mémé c'est qu'elle est froide" ou encore du dictionnaire superflu à l'usage de l'élite et des bien nantis revient sur le devant de la scène à l'occasion du vingtième anniversaire de sa mort. Et il est fort aidé de trouver dans les éditions de poche son bonheur. Je ne pourrai vous les prêter. La plupart de exemplaires en ma possession ont disparu, faute de retour des personnes à qui je les avais prêtés. C'est le signe de bons livres.
10/18 vient de sortir en poche une partie de la correspondance épistolaire d'Hunter S. Thompson. Ce reporter fut aussi un écrivain, passé à la postérité pour plusieurs de ses livres Hell's Angels, un Sur la route avec les motards, et Las Vegas Parano, interprété par Johnny Depp au cinéma, entre autres.
Dans ce florilège, l'éditeur reprend une partie des lettres que Thompson a envoyé au cours de sa vie. A une société de vente par correspondance pour se plaindre de la qualité d'un article, à ses rédacteurs en chef successifs pour évoquer ses articles, en vendre ou bien réclamer le paiement de ses notes de frais, d'alcools et d'acides divers, à Jimmy Carter et George Mc Govern, candidats démocrates à la présidence américaine, avec qui il entretient des relations si ce n'est amicales somme toute proches pour celui qui fut candidat au poste de sheriff dans le comté d'Aspen.
Le pape du journalisme gonzo
Décédé en 2005, il fut le pape du journalisme gonzo. Kezako le journalisme gonzo ? Une nouvelle forme de journalisme inventée dans les années 60 pour contrer le journalisme pratiqué dans les rédactions américaines, jugé un peu fade par ses détracteurs. Un journalisme où le reporter se fond dans son sujet en assumant ne pas rapporter uniquement des faits mais aussi une perception, sa perception des faits.
Tout au long de ses lettres, Thompson raconte les failles du rêve américain, embourbé dans la guerre du Vietnam, face à la mini-révolution des Beatniks, ses débuts dans le journalisme, la sage de ses démêlés avec la justice, la presse, ses livres… Un panel condensé d'une verve resplendissante.
Gonzo Highway, de Hunter S. Thompson, Editions 10/18. En vente chez Dialogues
Dans la petite bourgade dans laquelle Jake habite, la fermeture de l'usine (genre Le déclin de l’empire whiting de Russo) a mis la moitié de la ville à la rue et l'autre au bar à parier sur la Canadian Football League. Alors quand le mafieux du coin, Ken Gardocki, propose à Jake d'annuler ses dettes plus un peu d'argent de poche pour assassiner Corinne Gardocki, son épouse, le valeureux n'hésite pas longtemps. Il n'a pourtant rien du truand ni du psychopathe, mais mieux vaut un sale travail que pas de travail du tout. Un peu amateur, Jake réussit sans trop de problème cette première mission. L'appât du gain, la facilité avec laquelle il exécute les "dossiers" lui permettent bientôt de trouver une forme de plaisir. Pour couvrir ses activités, il retrouve un travail dans une station-service dirigée par son ami Tommy. Un premier roman, suivi depuis par Une canaille et demie, sortis dans la très abordable collection Piccolo de Liana Levi, et Tribulations d’un précaire, disponible depuis l’été dernier en grand format.