Archives pour la catégorie “Culture générale”
Les élections présidentielles américaines fascinent toute personne intéressée par la politique. Leur démesure dans les moyens, leur professionnalisme, les enjeux que l'on pressent pour les Etats-Unis mais aussi pour le monde, pas sûr que la prochaine élection du président européen passionne autant. C'est aussi un véritable spectacle avec son lot de rebondissements, ses trahisons, son suspense sans pareil. Pour suivre ce show, voici une petite sélections des meilleurs blog, à mon sens, pour suivre en direct. Et comprendre pourquoi, pour Obama, le nombre de ses soutiens en France ne préjuge en rien du résultat final.
- Richard Hêtu; Correspondant du journal Québécois La Presse à Neyw-Yotk. . Des infos de première main.
- Corinne Lesnes. Correspondante du Monde. Un ton parce que tout n'est pas triste.
- http://www.enamerique.com/. Une approche très actualisée de la campagne
- Le blog de Libération sur l 'élection.
- http://www.ilovepolitics.info/. Présent sur tous les buzz de cette élection.
- http://reu-oi.blogspot.com/. Un site complet avec cartographie, que l'on peut retrouver ici également.
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Thèmes abordés : élections américaines, Bush, Clinton, McCain, Obama, politique, présidentielle, primaires, USA
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Avec le prisme franco-européen, les présidentielles américaines représentent toujours un grand intérêt et une source d'étonnement sans équivalent de ce côté-ci de l'Atlantique, sauf peut-être à regarder l'Italie avec putréfaction, euh avec stupéfaction, excusez mon clavier napolitain. En ce moment-même donc, on l'a vu, lu, entendu, les démocrates choisissent leur candidat dans un scrutin interne très compliqué que l'on croirait inventé par un directeur de cabinet ministériel français. Qui sait ? Face à face, Hillary Clinton et Barack Obama, la bourgeoise de la côte est contre le métis de la côté nord. Tous deux disposent des qualités nécessaires poru devenir président avec un petit avantage pour Hillary par son expérience compensé par le charisme d'Obama et son positionnement médiatique, à la limite du messianique, qui fait de lui un homme providentiel. Et la providence, aux Etats-Unis, mieux vaut l'avoir avec soi que contre.
Hillary Clinton attend sa porte de sortie
Ce combat de Titan dure déjà depuis plusieurs mois, pour le plus grand plaisir de John McCain, le candidat républicain, qui n'en peut plus de voir ses adversaires s'écharper. Pour des raisons tactiques, statégiques et psychologiques, Hillary Clinton ne compte pas abandonner la couse. Difficile en effet de laisser sur le bas côté son rêve le plus ultime. Néanmoins, il ne fait quasiment aucun doute désormais que le candidat démocrate sera Obama en raison de son avance dans le décompte des délégués. Les arguments de Clinton, "j'ai gagné les grands Etat et ceux qui vont faire l'élection de novembre", s'ils sont pertinents ne portent pas. On est dans l'irrationnel, et cet irrationnel porte Obama. Dommage pour elle. Désormais, la seule possibilité pour les démocrates pour remporter le scrutin de novembre est de retrouver un semblant d'unité. En effet, nombre de partisans de l'un ou l'autre compétiteur affirment qu'ils voteront pour le candidat républicain si leur poulain n'est pas choisi. Conserver ces militants est un préalable indispensable à l'évocation d'une victoire démocrate en novembre. Alors pourquoi Hillary Clinton cherche-t-elle à prolonger le plaisir. Parmi toutes les hypothèses évoqués, la négociation de la vice-présidence, plus vraisemblablement celle d'un poste au gouvernement ou au Sénat, éventuellement hors-classe pour montrer sa différence, il en est une qui manque. La voici en exclusivité : elle finalise actuellement la négociation de son contrat pour la reprise du tournage de The West Wing où elle camperait le rôle de la Commander In Chief. Quand on sait qu'il y a plus d'américains à regarder la télé plutôt qu'aller voter, le vrai pouvoir n'est pas celui de l'écran ?
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Publié par mcabon dans Au fil des jours, Culture générale, Général, Rions un peu, tags: Anna Nicole Smith, chionosphéréphile, Collectionneurs, eva longoria, playmobils, pouffophile, scintillophile, sexosécurophiliste, tyrosemiophilistes
Maj : 15 mai 2008
Nous sommes tous collectionneurs. Parfois à notre insu. L'autre jour, dans un magazine dont j'ai oublié le nom, était publié un reportage sur une collectionneuse de cadeaux surprises des oeufs Kinder. Elle en possède la quasi-totalité. Applaudissements. Dans le monde des collectionneurs, la bizarrerie est de mise. Ce qui fait tout son charme. Ainsi, on trouve des collectionneurs de boîtes à fromage. Les tyrosemiophilistes. On trouve aussi le collectionneur de noms de collections. Du grand art. On y apprend par exemple que les collectionneurs de boule de neige s'appellent les chionosphéréphiles et que les collectionneurs de bougies de moteur répondent au doux nom de scintillophile.
Enfin, les férus de préservatifs s'appellent les sexosécurophilistes. Bon à savoir quand on surfe sur Meetic à la recherche de l'âme soeur. "Et toi tu as quoi comme hobbies ?" (Question d'un autre siècle. Datation au carbone 14 en cours). "Moi, euh, comment dire, je suis sexosécurophiliste". "Ah, tu es dans la sécurité". "Tout à fait. Dans la sécurité". C'est pas du vécu mais cela pourrait. C'est mieux que mycophile.
Sur l'image. Une boîte pouffophile, c'est-à-dire qui collectionne des poufs. Et spéciale dédicace à Anna Nicole Smith trop vite disparue la semaine dernière (L'article initial paraît en 2007). Sur Internet :
Le site de référence pour les noms de collectionneurs, cliquez ici.
Et le lien vers un collectionneur de Playmobils. Pas à dire en CE2, j'aurais été son meilleur pote.

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Publié par mcabon dans Culture générale, Journalisme, tags: A qui appartiennent les océans, cabon, France, géopolitique, globe, mer, montego bay, océans, onu, superficie maritime
Si la question des revendications frontalières terrestres constitue un casse-tête juridique et géopolitique incommensurable, il en va de même pour les surfaces maritimes. Ce mouvement, plus récent, débute dans les années 50 avec la décision du Chili et du Pérou de prendre possession des eaux bordant leurs frontières. Ces deux états instaurent le principe des 200 miles, l’équivalent de 370 kilomètres. Cette donnée sera ensuite reprise par les pays européens. Devant les risques d’imbroglios juridiques, la communauté internationale se dote d’une législation spécifique. Elle voit le jour sous l’égide de l’organisation des Nations Unies en Jamaïque après près de dix années de travaux. La convention de Montego Bay entre en application en 1994 après de multiples soubresauts portant sur le périmètre de son application.
Ainsi sont reconnues officiellement les zones économiques exclusives. Celles-ci accordent des « droits souverains aux fins d’exploration et d’exploitation, de conservation et de gestion des ressources naturelles, des eaux surjacentes aux fonds marins, des fonds marins et de leur sous-sol ». L’enjeu est de taille. D’un point de vue politique d’une part. Grâce aux « confettis de l’empire », la France règne sur la deuxième aire maritime au monde, avec 11 millions de km2 *, derrière les Etats-Unis avec 11,3 millions de km2, mais devant l’Australie (8,15 millions), la Russie (7,6 millions), le Canada (5,6 millions) ou encore le Japon (4,48 millions). D’un point de vue économique surtout. Car les océans possèdent un potentiel énergétique et halieutique dont on mesure mal encore les contours mais dont on pressent que le rôle sera grandissant dans les décennies à venir.
* A noter que la France doit faire la preuve d'ici un an, auprès d'un organisme en lien avec l'Onu, de la pertinence de sa demande d'extension du plateau continental qui porte sur un million de km2 au total.

Photo : Nasa.
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Les éditions Dunod s’apprêtent à sortir dans quelques jours un nouvel ouvrage intitulé “150 petites expériences de psychologie des médias”. Il est dans la droite ligne des opus précédents permettant à tout à chacun de pouvoir mieux comprendre la psychologie humaine et les multiples éléments qui influencent nos comportements et opinions. Rédigé par Sébastien Bohler, ancien chroniqueur d’Arrêts sur images, c’est lui notamment qui avait parlé de l’influence de la télévision dans la paranoïa ambiante de notre société, remarque qui incite à ne plus regarder les journaux télévisés de TF1, il aborde avec simplicité et sérieux le monde de la manipulation médiatique. Non pas pour nous méfier de manière permanente des médias mais pour veiller à exercer notre citoyenneté de manière aboutie et consciente. 150 questions se succèdent avec un court texte introductif, une ou plusieurs expériences viennent étayer la piste de solution et une conclusion nous invite à ouvrir notre champ de réflexion personnel. Du grand art.
Extraits. « Pour avez-vous envie d’enfermer tous les délinquants après avoir lu un reportage sur la menace terroriste ? », parce que « la présence d’une menace terroriste dans l’esprit des gens les inciterait à exprimer une attitude plus intransigeante vis-à-vis de toute forme de trouble de l’ordre public », « Pourquoi un président de la République a-t-il l’air plus tolérant lorsqu’il pose à côté d’un chanteur grand public ? »,, en raison du transfert symbolique ; « Pourquoi certains personnalités politiques grimpent-elles dans les sondages sans avoir rien fait de spécial ? », l’influence sociale, démontrée par des enquêtes sur la musique et l’impact du choix majoritaire, en est l’explication ; « Pourquoi trouvez-vous le journaliste mieux informé que l’homme politique à qui il pose les questions ? », parce qu’il a l’avantage de les connaître avant ; Pourquoi cet ouvrage n’est-il pas remboursé par la Sécurité sociale ? Parce qu’elle a des difficultés à équilibrer ses comptes. CQFD.
“150 petites expériences de psychologie des médias”. Editions Dunod. Sébastien Bohler.

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Sur Arte, Karambolages décrypte les us et coutumes franco-allemands. L'occasion de découvrir un peu mieux nos voisins. Une émission que l'on peut voir et revoir grâce au site de la chaîne.
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Publié par mcabon dans Culture générale, Général, tags: blog, Brest, c'est plus fort que toi, cabon, maths, numb3rs, Numbers, série, site
C'est l'histoire d'un gars qui adore les chiffres. Enfin je dis çà, j'en sais rien, vu que je ne le connais pas. D'ailleurs ce n'est peut-être même pas un gars. Disons une personne humaine, une potentialité de personne, bref, je m'égare. Voilà un mathématicien qui dirait "Tiens, si je m'intéressais à l'actualité". Excepté la météo, "il fera 14 à Lille, 12 à Lyon, avec des averses matinales le matin", et les cours de la Bourse, "+0.3% pour cette valeur qui clôture notre dernière liste", le monde est triste. Si l'actualité ne vient pas à lui, il ira à l'actualité. Et voilà le travail : Numb3rs. Un clin d'oeil à la télévision et un super concept de sitequiaunangleetout. Un sacré numéro, et pas un zéro, dont vous trouverez l'histoire ici.
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Martin Vidberg a du talent. Vous avez pu voir ses dessins pour une publicité à la télévision ou bien dans le Journal d'un remplaçant, une fable contemporaine sur le métier d'enseignant, empreinte de douceur et de tendresse. Le revoici avec l'actu en patates. 
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Publié par mcabon dans Au fil des jours, Culture générale, Rions un peu, tags: Jupiter, Marthe Villalonga, Mercure, Neptune, Planète, Pluton, Poème, Saturne, Terre, Uranus
Avant de les coucher, je raconte tous les soirs une histoire à mes filles et je leur lis le Petit Quotidien, un journal pour enfants où il m'arrive d'apprendre des trucs. Cela prolonge la journée et s'avère être un moment d'interrogations et de questionnement privilégié. Curieuse, comme savent l'être les enfants, mon aînée aime beaucoup les étoiles, les planètes, tout ça. Un reste de notre visite à Washington au Musée de l'espace, de la Cité des Sciences, avec une expo sur Mars, ou encore de l'observatoire de Saint-Renan où l'an passé, on avait vu Jupiter à travers le téléscope. Bref, l'autre soir, avant que je n'éteigne la lumière, elle me glisse :
- Dis papa, pourquoi Pluton ce n'est plus une planète ?
- Eh, bien tu sais, des scientifiques ont décidé à l'été 2006 que ce n'était plus une planète comme les autres pour plein de bonnes raisons et la première c'est que Pluton n'a pas fait le ménage autour d'elle en agrégeant les masses qui l'entourent comme l'ont fait les autres. De plus, si Pluton est une planète, d'autres, équivalentes, le deviennent alors. Au lieu de transformer en planètes, quatre ou cinq masses du système solaire, on a préféré enlever une planète que l'on appelle désormais planète naine parce qu'elle est très petite.
- Elle a disparu alors ?
- Non, elle existe toujours. Elle a juste changé d'appellation, de catégorie.
- Mais tu sais, moi j'veux pas qu'elle parte Pluton
- Elle ne partira pas. Elle est toujours là…
- … je l'aime beaucoup Pluton.
- Tu sais Poème, elle reste là, toujours pareille.
- Moui, mais je l'aime beaucoup moi.
- Et pourquoi tu l'aimes tant que ça, Pluton ?
- Parce qu'elle commence par un P comme moi… et toi, papa.
Un narcissime attendrissant.

Nota. La disparition de la liste des planètes suppose désormais de trouver un autre moyen mnémotechnique pour se souvenir des huit planètes du système solaire. Echolalie propose : Mais Vous Tombez Mal J’ai Sacrifié Une Naine (Mercure, Vénus, Terre, Mars, Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune). Voici la mienne : Marthe Villalonga, T'as encore oublié de Mettre ta Jupe avant de Sortir Usiner ton Nénuphar.
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Dans les mots recherchés sur Google pour parvenir sur ce site, se trouvait aujourd'hui la question "combien de poilus encore vivants?". La question est intéressante. Sauf à penser, et cela est possible, que certains anciens combattants de la Première guerre mondiale ne se soient pas faits connaître, il reste deux poilus encore au vie aujourd'hui. Au sein du gouvernement actuel, c'est Alain Marleix qui a la charge de ce secrétariat d'Etat.
On se souvient que la sortie du film Indigènes, de Rachid Bouchareb, avait permis de faire avancer la cause des troupes d'Afrique (de la Deuxième guerre mondiale) dont les pensions n'étaient plus valorisées depuis plusieurs décennies, un scandale et un déni de l'utilité de ces troupes pour faire vivre la France libre. Revalorisation dont il faudrait vérifier de la réalité plus d'un an après son annonce.
On regardera avec intérêt ce site pour les photos, celui de France 5 pour une chronologie de cette guerre, ou bien encore celui-ci très complet. On peut également lire ce livre : P aroles de poilus.
Maj : Le 12 mars 2008, Lazare Ponticelli est décédé. Il ne reste donc plus qu'aucun "poilu" en France.
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Non, les religions ne sont pas mortes. Le hors-série de la Vie, publiée avec Le Monde, le prouve, la quasi-totalité du monde croit. Le fait religieux est indissociable de la compréhension des sociétés humaines dans leur perception de l’existence, des valeurs morales, du rapport à la santé, aux grandes questions sociétales sur l’avortement, l’euthanasie, l’homosexualité, la place des femmes. En accordant une grande place aux cartes et aux infographies, l’atlas des religions joint l’utile à l’agréable en permettant de mieux assimiler les enjeux des religions aujourd’hui confrontées, dans certains pays, à une paupérisation, à des menaces ou bien encore à une gigantesque course aux parts de marché. Exception dans ce tableau, l’Etat américain de l’Oregon, qui rassemble le plus fort taux d’athées des Etats-Unis. On regardera également avec intérêt cette animation flash présentées sur ce site il y a quelques mois sur l’histoire des religions.
En savoir plus :
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"Zy va, c'est le sbeul t tro relou comme keum. Lâche moi le slip espèce de nuggets sinon j'appelle mon baveux (1)". Si le sens de cette phrase vous échappe, nul besoin de vous demander si ce blog est écrit dans une novlangue pétrie d'innovations sémantiques ou bien de changer de sonotone. Un parce qu'une novlangue est forcément pétrie d'innovations sémantiques et parce que le sonotone ne sert pas à lire. Non, si cette phrase vous est étrangère c'est que vous ne parlez pas l'argot des banlieues. Un site, repris dans cet article du journal Le Monde, revient sur ce langage en proposant un dictionnaire de ses mots et de expressions idiomatiques. On peut télécharger ce dictionnaire au format PDF ici.
1. Ce qui signifie littéralement, "Vas-y, c'est le bordel ici. Tu es trop lourd monsieur le brigadier-chef. Laisse moi tranquille où j'appelle mon avocat". Ce qui en langage châtié, car qui aime bien châtie bien, donne. "Vous n'y êtes pas du tout très cher, et ne faites pas attention au désordre, l'aide-ménagère n'est pas encore arrivée. Prière de ne pas engager un seul pas en ma direction car mon beau-père est bâtonnier. Il pourrait vous en cuire, j'ai des relations dans la police montée".
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Sophie Calle n’en finit pas d’avancer sur le chemin de l’étourdissement artistique. L’artiste, par définition éclectique, touche à tout, touche-à-tout fait doublement sensation à la biennale 2007 de Venise (Italie du Nord). Lire ici sur Rue89 un reportage sur l'expo.
Dans la ville historique à souhaite, le parc dédié à l’exposition sonne à la manière d’une récréation contemporaine.
Première sensation, morbide. Le jour où on lui annonce son invitation pour représenter la France à la biennale de Venise, Sophie Calle apprend que sa mère entre dans la phase terminale de sa maladie. « Et dire que je ne pourrai même pas aller là-bas ». Qu’à cela ne tienne. Sophie Calle filme les derniers instants de sa mère. L’image est brute. La femme est entre la vie et la mort pendant une quinzaine de minutes. C’en est presque doux, serein. A côté, un texte saisissant. Un texte d’amour relatant les derniers mois de la vie de Calle mère. Souvent taboue, l’idée de représenter par l’art l’acte de mourir gêne. La controverse s’est amplifiée. Elle se tait quand on voit que l’acte d’amour est ici supérieur, et de loin, à cette querelle.
Deuxième sensation, éclairante. Dans le pavillon français, situé dans l’un des rares parcs de Venise, trône un OVNI artistique. Sophie Calle a été quittée par X. X qui s’appelle en fait G. Pour de vrai ? Pour de faux ? Dans sa lettre, l’homme sur le départ l’informe qu’il préfère la quitter plutôt que la trahir. De cette lettre, Sophie fabrique un prétexte à aller demander à 107 femmes de donner leurs impressions sur le texte. Une enseignante en français propose un commentaire composé sur le texte, une voyante tire les cartes à cet homme, une actrice joue la lettre assise dans un lit, une autre qui aurait qu’ils ne se perdent jamais dans le tourbillon de la vie, une comptable en fait l’analyse financière, une écrivaine en tire une nouvelle, une scénariste propose un script de la scène, une animatrice radio enregistre ses impressions… Sur papier, via les photos, les films (à regarder ici) et les audiogrammes, les témoignages s’affolent et s’offrent leur véritable terrain d’expression : la grandeur. Il a été tiré de ce travail un superbe livre d’art, dont |