Les Nations Unies s’engagent pour des initiatives locales à  effet global

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  • 29 novembre 2008
L'absence de projets collectifs dans une société où monte chaque jour un peu plus haut l'individualisme et le matérialisme, déséquilibre nos sociétés. Le PNUD organisme qui dépend de l'ONU, vise à promouvoir des initiatives locales à but global. 
 
 
 
Comme par exemple l'initiative ClimSat à Brest, dont le contenu paraîtra dans la prochaine lettre du technopôle Brest Iroise.Les 29 et 30 octobre, Saint-Malo a été le centre du monde. La raison en tient à l’importance du sujet abordé par les 500 participants à cette manifestation : la lutte contre le réchauffement climatique, global warming comme disent les anglo-saxons. Le premier Sommet mondial des Régions, organisé par la région Bretagne et le réseau nrg4SD (Réseau mondial des gouvernements régionaux pour le développement durable), s’y est tenu sous l’égide du PNUD, Programme des Nations Unies pour le Développement, l’une des entités majeures de la galaxie des organisations onusiennes. C’est le plus grand rassemblement des régions du monde jamais organisé, avec près de 300 régions mondiales représentées.

Les enjeux sont majeurs. Le changement climatique en cours sur la planète est étroitement lié au développement démographique et économique de l’humanité. Les conséquences sont bien souvent fâcheuses voire dramatiques. Les épisodes climatiques violents se succèdent, des cours d’eau sont asséchés, d’autres provoquent des inondations. Cela n’est pas sans conséquence pour l’être humain et en particulier, ceux qui, dans les pays du sud en particulier, se trouvent les moins bien armés pour en combattre les conséquences. On parle ainsi à terme à l’échelle de la planète de 200 millions de réfugiés climatiques à l’horizon de 2050.

Diplomatie locale et environnementale

Cela suppose d’agir. Mais l’action suppose l’information. C’est le sens du projet Climsat, dont l’implantation à Brest a été officialisée lors du Sommet de Saint-Malo. Alain Retière en a la charge. « Notre postulat de départ est que face aux intérêts contradictoires entre la protection des ressources et la maximisation des profits par l’occupation doit émerger une alternative liée à la consultation. Si les personnes concernées se retrouvent autour d’une table, sans exclusive, ils trouveront des alternatives acceptables entre eux. Pour cela ils ont besoin d’outils, et nous pensons que la visualisation via des cartes permet de comprendre les enjeux, de mobiliser leurs pouvoirs, de participer aux politiques d’aménagement nécessaires ».

De l’art de la diplomatie locale et environnementale. Que l’on parle de lutte contre le réchauffement climatique, par la limitation des gaz à effet de serre par exemple, ou d’adaptation à celui-ci, les projets éprouvent des difficultés à voir le jour « moins par manque de volonté que par manque de moyens », indique Alain Retière, qui se réjouit de l’accueil que lui a réservé Brest, lui qui a joint le noir et blanc du drapeau breton avec le bleu ciel de l’étendard de l’Onu sur son bureau du technopôle de Brest. La population de la planète va passer de 6,5 milliards à 9 milliards dans les trente prochaines années. Autant de bouches à nourrir, autant de personnes à se loger, se déplacer… Or l’expansion des zones arides et l’urbanisation diminuent les surfaces arables, disponibles pour l’agriculture, et la culture de l’engrais à tout crin, n’est pas sans conséquences sur la qualité de l’environnement et la santé humaine. Dans le delta du Bengale, 130 millions d’habitants sont menacés directement par les modifications climatiques liées à la fonte des neiges de l’Himalaya.

Informer, négocier, décider

Concrètement, Climsat va proposer aux régions adhérentes au projet des informations sur la réalité territoriale par une technologie mature, banalisée et financièrement accessible. « A partir d’images satellites, on est capable d’extraire des données sur un territoire, de catégoriser les sols par exemple selon le type de cultures agricoles qu’on y trouve… ». Ces informations seront ensuite fournies aux régions adhérentes du programme afin de mettre en place les solutions adéquates dans le cadre des plans Climat Territoire, qui visent à leur donner les moyens qui leur font défaut. Climsat, comme son programme-mère, fonctionne par péréquation. En participant, les plus riches, permettent aux plus pauvres d’accéder à des données dans un premier temps, à des financements dans un deuxième.

« Le business-model de Climsat est de grandir en rythme avec son activité. D’ici la fin de l’année, nous pensons mettre en chantier trois projets, puis sept autres en 2009, et à la fin de l’année prochaine d’avoir sélectionné 50 projets au total parmi les 500 régions que nous espérons voir participer ». Chaque projet représente un million de dollars et l’équivalent de 5 personnes pendant deux mois. « ClimSat sera une structure d’accueil pour les gens du terrain, les spécialistes, les techniciens se rencontrent pour devenir un pôle d’excellence, une maison internationale de la solidarité climatique ».

Pour Brest, au-delà la reconnaissance internationale que représente l’implantation de cette agence de l’ONU, cela constitue un argument de plus pour le développement économique du territoire. Président du pôle mer, Hervé Moulinier remarque que « l'implantation de cette Direction de programme à Brest est tout à fait cohérente des compétences existantes en matière d'observation de la terre en particulier des zones côtières, et des effets du changement global du climat. Ce programme pourra trouver parmi les membres du Pôle Mer Bretagne, les soutiens nécessaires à son activité sur le plan scientifique, technique et juridique, sur le plan industriel avec en particulier les services à l'océanographie opérationnelle côtière et les outils de GIZC. Ces activités bénéficieront également de la station VIGISAT, plate forme mutualisée développée dans le cadre du Contrat de Projet Etat Région. En retour de nouveaux débouchés s'offriront aux acteurs du Pôle Mer et l'accueil de nombreux coopérants des régions participant à ce programme sera une occasion de valoriser et exploiter leurs savoir faire ». Le « centre de profit commun » qu’est ClimSat trouve toute sa pertinence dans une région réputée pour sa recherche dans le domaine maritime. La station de météo spatiale à Lannion, l’Ifremer, l’Institut Universitaire Européen de la Mer (IUEM), les spécialistes de l’imagerie radar, tel CLS Brest, ex-Boost Technologies, le groupement Littoralis…

Chacun des territoires qui vont recourir à ClimSat, fort de 250.000 à deux millions d’habitants, sont autant de marchés potentiels à explorer. « En apportant le soutien à Climsat, en y participant, les entreprises, locales ou non, ne doivent pas s’attendre à des profits exceptionnels, j’y veillerai, mais elles ne perdront pas d’argent non plus. Par contre, elles s’ouvriront à de nouveaux horizons puisque nos outils vont faire émerger de nouveaux besoins », affirme Alain Retière. Climsat va également s’ouvrir à des partenariats autres que technologiques, en acceptant le soutien financier de « sponsors ». Au premier rang desquels, on trouve l’entreprise Armor Lux, dirigée par Jean-Guy Le Floc’h, à Quimper. L’intérêt de participer à Climsat pour Armor Lux, comme pour tous ceux qui participeront à cette aventure ? L’accès à des réseaux et des opportunités d’affaires dans les pays demandeurs. Un enjeu tout autant symbolique que financier de solidarité internationale basée non plus sur la charité mais sur l’éthique des affaires.

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Commentaires

  1. Alain dit :

    Là , je rigole doucement …  
     
    Merci dit l’ours polaire qui regarde tous les ans au printemps la banquise se faire découper comme d’immenses apéricubes géants …

    Mais c’est vrai qu’il y a toujours des gogos qui croient à  cette histoire de réchauffement climatique , et qui n’ont toujours pas compris pourquoi et comment la banquise ne fond que là  o๠il y a des installations américaines et du pétrole o๠des ressources minières…
     ( Mer de Beaufort, Mer de Barentz  en Arctique, o๠Mer de Ross en Antarctique) 

    Et qui sont tout aussi persuadé que tout ces radio-télescope géants ( ALMA , Eiscat, Observatoire de médecine de Bologne, Lowell télescope, etc.. ) ne servent qu’à  observer les étoiles..

    Et qui n’ont toujours pas pigé pourquoi en mars il n’y a pas de giboulées, mais des masses d’air humide qui remontent bizarrement en trace directe des Açores jusqu’en Islande……
    Et qu’en Mai elles remontent de la Méditerranée, parce que pour alors l’eau y est plus chaude…

    Alors, que les Nations Unies s’engagent, on veut bien, mais s’il fallait compter sur les amerloques pour nous aider, autant croire au Père Noà«l.
    Tout ça ressemble quand même à  du grand foutage de gueule pour lapins crétins !