Les pandas, une énigme et un symbole

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  • 12 septembre 2008
Les pandas géants constituent à la fois une énigme et un symbole. Le WWF s'est appropriée 'animal pour illustrer sa lutte pour la préservation de l'environnement et la protection de la biodiversité. Il l'utilise même en tant que logo tant les propriétés et les attributs du panda semblent positives du point de vue de la communication. Ainsi pour témoigner du danger de disparition qu'encourt l'espèce, l'organisation écologiste a parsemé 1.600 pandas en papier mâché sur la superbe place de la mairie de Bordeaux. 1.600 statues pour autant de pandas vivant en liberté, ce à quoi il faut ajouter 200 congénères qui coulent des jours paisibles dans les zoos internationaux. 1.600 (un grand nombre dans la province du Sichuan qui a été touchée par un tremblement de terre cette année) pour montrer la faiblesse des effectifs de cet animal. Une superbe idée et un coup de pub mérité comme savent souvent le faire les militants écologistes. Voilà pour le symbole.

L'énigme réside dans cette stature d'un animal lascif, pondéré, bonhomme qui colle au panda. L'animal n'est pas le plus violent qui existe dans la planète, mieux vaut tomber sur lui que sur une horde d'hyènes affamées par exemple, mais à choisir le suricate correspondra mieux à celui qui voudra survivre à sa mésaventure animalière. Car le panda appartient à la famille des ursidés, des ours donc, et réagit de manière quasi-semblable à ses cousins quand on a tendance à le titiller de près. Sa mâchoire, féroce, son poids, un quintal en moyenne, fait de lui un compagnon plus imaginaire que réel.

Panda diplomatique

C'est un missionnaire français, Arnaud David, lazariste mais aussi zoologiste, qui en parle pour la première fois en Europe en 1869. L'animal est connu par les Chinois mais ne fait pas l'objet d'un culte particulier malgré quelques apparitions dans la vie artistique. Il faut attendre le Xxème siècle pour voir s'accélérer cet engouement. La Chine usera d'ailleurs du panda comme outil diplomatique donnant des pandas aux zoos américains après la visite de Nixon à Pékin. Elle en fait un symbole de l'orgueil local et la pandamania au sein de l'empire du Milieu va bon train. Ce que le succès du film d'animations Kung Fu Panda démontre.

C'est dans sa vulnérabilité face à la destruction de son habitat, du fait de la déforestation d'origine humaine, ses difficultés de reproduction que tient une partie de la résolution de cette énigme. Et on peut affirmer alors que si le panda géant disparaît, les jours de l'homme seront alors comptés car il n'aura su sauvegarder l'espèce la plus emblématique de la planète animale. Positionné comme affaibli, ce qu'il est, il devient alors plus précieux et mieux considéré. Car il est des espèces, dont le soutien médiatique est moins important, alors même que leur disparition semble plus probable que celle du panda. Sans parler des insectes et autres bactéries, qui souffrent de leur laideur, le cheval de Prjevalsk, le lamantin et mieux encore le Wombat à nez poilu, avec un centaine d'individus, ne peuvent rivaliser avec l'aura médiatique de Monseigneur Panda, star incontestée des espèces en voie de disparition.

On peut voir ici des pandas via webcam au zoo de San Diego, en cas d'insomnie uniquement car on ne peut pas dire que la vie d'un panda soit particulièrement excitante.


Et j'ajoute deux photos, prises à Hong-Kong cet été, à cette collection de pandas.

 

Ces photos ne sont pas libres de droits

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