La France, championne des médailles d’argent

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  • 12 août 2008
 
Pékin, cité interdite pour les athlètes français ?
 
Les récentes déconvenues du sport français aux Jeux Olympiques de Pékin vont faire gloser. Avec à l'issue de cette journée de mardi, 9 médailles dont pas mal en chocolat et quelques unes en argent, la France se met à douter de la capacité de ses sportifs à remporter des titres mondiaux. Qu'on en juge, en natation l'équipe des relayeurs échouent de 8 centièmes face à l'équipe américaine, en judo, la moisson n'est pas en adéquation avec les espérances, en escrime, les espoirs semblent douchés. A oublier que dans Jeux Olympiques, il y a aussi le mot jeux on en oublie le caractère symbolique du tableau des médailles en considérant d'abord la première place comme la seule qui vaille et en omettant qu'être deuxième, c'est tout de même être le premier des non-vainqueurs. Diantre. Déjà les raisons de cette contre-performance collective pointent le bout de leur nez : « on n'a pas l'habitude de nager le matin », « la Fédération a changé l'ordre de passage sans nous le dire », « Mon cheval s'est blessé à l'entraînement », « J'ai loupé mon train », « C'est le tofu qui a du mal à passer », "J'y crois pas. Je suis complètement déstabilisé par la diffusion en différé des pas de géant dans le ciel de Pékin durant la cérémonie d'ouverture", « C'est cette année les Jeux Olympiques ? », « C'est à cause de la Portugaise… » et surtout « Je ne comprends pas ce qui s'est passé. J'avais de bonnes sensations ».

Alors quelles solutions pour permettre à la France de retrouver son prestige international ? Passage en revue. Huit raisons, avec de vrais morceaux d'humour noir dedans et plein de mauvaise foi de la part d'un sportif de canapé. So french.

  1. Organiser les Jeux Olympiques chez soi. Cela permet déjà de se préparer dans de meilleurs conditions. Ainsi, on peut changer les parcours et permettre à ses sportifs de s'entraîner sur les terrains officiels au contraire de leurs concurrents. C'est un peu lâche mais la fin ne justifie-t-elle pas les moyens ?

  2. Naturaliser plus de sportifs. C'est un peu contraire aux règlementations sur l'immigration en cours dans notre pays. Mais on peut très bien imaginer un lâcher d'immigrés clandestins sur le tarmac de Roissy. Avec des décomptes aux 100 mètres, aux 200 mètres, aux 400 m, aux 1.500 m, plus quelques obstacles, genre valises égarées pour permettre de renforcer l'équipe d'athlétisme. On peut également demander à la CIA de donner des cours aux services de renseignements français pour leur enseigner la théorie de la baignoire afin de recruter quelques clandestins pour appuyer l'équipe de natation. De plus cela fonctionne assez bien, avec la médaille de Venceslas Dabaya en Haltérophilie, ex-Cameroun, et en Badminton, avec le beau parcours de Hongyan Pi, athlète née en Chine mais trop petite pour son équipe nationale et qui a trouvé en France un refuge de choix.

  3. Inscrire de nouveaux jeux. A en croire la liste des fédérations sportives agrées par le ministère de la jeunesse et des sports, il y a là un potentiel sous-estimé de gains de médailles. Ainsi, la pétanque et la pelote basque représentent des chances de médailles pour lesquelles il nous faudrait engager un intense travail de lobbying auprès des instances internationales des sports olympiques. Un travail qui porterait également sur l'inscription de l'imitation de cri du cochon, du lancer de bigorneau ou de charentaise, voire de combiner ces deux derniers.

  4. Changer de ministre des sports. Avec Bernard Laporte, la France dispose d'un ministre champion du sponsoring et des contrats publicitaires mais au niveau palmarès, c'est plutôt la Bérézina qu'Austerlitz avec un seul championnat de France de rugby à son actif. Didier Deschamps semblerait plus approprié. Lui reste à dire du bien du dernier album de Carla Bruni-Sarkozy pour espérer un maroquin gouvernemental.(Allez on rajoute nue à côté de Carla Bruni, il paraît que cela fait venir plein de visiteurs)

  5. Arrêter de mettre la pression sur nos meilleures chances de médaille. C'est amusant la publicité. Edf diffuse actuellement une campagne de promotion avec Laure Manaudou qui traverse le monde entier pour se retrouver dans la ville de Suzhou, sorte de Venise chinoise et chercher la direction de la piscine. Un spot confondant de prémonition. « Et puis c'est tout ». http://fr.youtube.com/watch?v=_YAZKkS24Mk

  6. Enfermer les athlètes pendant plusieurs années dans un goulag de la compétition. C'est ce que s'évertuent à réaliser les Chinois depuis l'obtention par leur pays de l'organisation de ces Jeux. Avec une certaine réussite à en croire les premiers résultats.

  7. Affirmer notre identité européenne. A Athènes, la France avait terminé septième du classement. En recul d'une place. Pourtant si on agglomère l'ensemble des médailles obtenues par les pays européens, et le tableau final devrait le confirmer, l'Union européenne remporte haut la main ce classement. Aucun journal pourtant ne semble mettre en avant cette spécificité. De quoi redonner du cœur à l'ouvrage des europhiles et un premier symbole facile pour la présidence française de l'Union.

  8. Se rappeler la phrase du Baron de Coubertin : « l'important c'est de participer ». On sait dorénavant pourquoi il était français. Une idée pour les leçons de morale instituées en école primaire à la rentrée. Le monsieur a aussi dit : "Si les Français savaient le rôle de l'intelligence et de volonté, la part de l'esprit et de caractère dans la plupart des sports, avec quel entrain ils y pousseraient leurs enfants". Bon allez les filles, maintenant c'est l'heure de la compétition de "Ranger de chambre", ensuite on part sur l'entraînement du "Relais de vaisselle, deux fois quatre nages", et on finit par le  Quatre heures de "On laisse son père tranquille".

Si vous avez d'autres suggestions de solutions pour sauver le sport français, je suis preneur. La France aussi et elle nous regarde.

Photos : MC. Merci de demander l'autorisation avant toute reproduction.

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Commentaires

  1. Bonjour,
    en fait, si le baron de Coubertin était bien Français, il n’a pas exactement dit ou écrit que « l’essentiel (soit) de participer ». Comme en témoigne la devise qu’il a laissée aux JO (« Citius, altius, fortius », plus vite, plus haut, plus fort), sa vision du sport était plutôt le dépassement de soi, par la recherche de l’exploit – je l’imagine friand de records du monde, mais j’ignore s’ils existaient à  son époque.

    Il a bien vu comment le rassemblement des sportifs, la célébration du sport, pouvaient contribuer à  ce dépassement, au progrès du genre humain. Il a donné de plus en plus d’importance, avec les années, à  l’organisation des JO, quitte à  accepter des compromis sur son autre grande oeuvre qu’avait été le développement du sport amateur (distinct du sport professionnel).

    Donc l’important, pour Pierre de Courbertin, est bien de participer… à  une compétition dans laquelle on « s’arrache » jusqu’à  la ligne !