Zététique, kesaco ?

  • 0
  • 3 octobre 2018

La quantité d’informations à laquelle nous sommes exposés chaque jour est dantesque. Une partie d’entre elles nous provient de sources lues rapidement, effleurées parfois. Ainsi en survolant l’information et la connaissance, en privilégiant le buzz et le superficiel à la complexité et à la profondeur, nous subissons par à coups une baisse de nos capacités de compréhension. Les conséquences pour les citoyens que nous sommes sont importantes. Elles rendent nécessaires  la mise en place d’outils pour éviter de tomber dans cette facilité crasse qui profite de notre naïveté pour laisser place à des fausses informations ayant toute l’apparence de la vérité. Toute l’apparence ? Quoique. C’est l’intérêt de la zététique. On peut définir le mot par l’art du doute. Pour remettre en cause la pensée prémâchée, prendre le temps de comprendre, sélectionner ses propres sources, construire ainsi sa propre pensée sur des bases solides, quasi scientifiques.

Au fil de l’exercice de mon métier d’enseignant, et reprenant les vieux réflexes du journaliste que j’étais, je me rends compte de l’importance de cet apport. En ce qui me concerne, il s’agira de le proposer aux jeunes générations mais je crois que tout le monde gagnerait à disposer de ces outils d’auto-défense intellectuelle pour ne plus croire l’incroyable. Car il ne se passe pas une journée sans qu’une personnalité politique reprenne une information d’un site parodique comme le Gorafi, qu’un étudiant ne s’inspire d’un site comme Nordpresse pour un exposé ou qu’une personnalité confonde l’imitation de Valls par Canteloup et Valls lui-même. Nous en sommes les premiers coupables et les premières victimes par la même occasion.

Pressés par le temps, désireux de voir se confirmer nos hypothèses ou nos certitudes, nous sombrons progressivement dans une idéologie où la pensée n’est que certitudes, à croire qu’un mensonge répété plusieurs fois devient progressivement une vérité (ce qui n’est pas loin d’être vrai. N’aime-t-on pas plus une musique plus on l’entend ?)

Il s’agit donc d’être sceptique sans sombrer dans un cynisme d’époque. L’équilibre est délicat à trouver. L’idée même du zététicien est de douter de la zététique elle-même. « De l’art du doute… » voilà une promesse de beaux travaux à venir.

En attendant de revenir sur la mise en place de ce module, que plusieurs établissements mettent déjà en place sur la base du livre de Sophie Mazet « Manuel d’autodéfense intellectuelle » ou pas, je vous laisse avec cette vidéo découverte grâce à un collègue, tirée de la chaîne YouTube « Hygiène mentale ».

 

Partager