Politique. Ces beaux dimanches de juin à venir

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  • 9 juin 2017

Ce dimanche se tiendra le premier tour des élections législatives. Le taux de participation devrait être bas. Insuffisant en tout cas pour assurer nombre d’élections au premier tour. Les candidats d’En Marche devront attendre le dimanche suivant pour être élu en nombre au palais Bourbon. Exception faite de cas de triangulaires qui pourraient compliquer leurs affaires dans quelques circonscriptions.

Une majorité pour réformer

Emmanuel Macron aura ainsi sa majorité pour gouverner notre pays. Hold-up pour les uns, victoire méritée et vent d’optimisme pour les autres, cette razzia Macron éclaircit nos horizons politiques. Enfin, une majorité libérale, europhile et humaniste au pouvoir. Aux femmes et aux hommes élus d’être dignes de cette fonction et de ne pas oublier qu’ils représentent un peuple souverain. A eux aussi de ne pas être les godillots du président et à jouer pleinement leur rôle de contrôle de l’exécutif et à réduction les dépenses publiques. Le premier test de cette majorité sera la rénovation démocratique où les députés décideront de la propre suppression d’un certain nombre de leurs postes en passant de 577 à 400 députés. On verra alors le véritable courage de ces élus. De mon côté, je n’ai aucune honte à dire que je voterai Didier Le Bac dimanche prochain comme je souhaite la victoire de Jean-Charles Larsonneur de l’autre côté du pont de Recouvrance. Je crois que nous serons très nombreux à encourager cette recomposition politique centriste et centrale. 

Je veux dire aussi ma vigilance devant la tentation des élus d’oublier parfois que le poste ne leur appartient ou d’expliquer que la moralisation nécessaire de notre vie politique  ne vaudrait que pour les uns et pas pour les autres. Cette majorité obligera Macron à réussir. Avec les coudées franches pendant cinq ans, difficile d’expliquer aux Français que la voie des réformes n’aurait pas pu être suivie en 2022. Déjà, on voit que notre président de la République tient la route, remet la France sous les feux des projecteurs et apporte un vent d’optimisme qui balaie en partie les frustrations d’une France repliée sur elle-même et son supposé passé glorieux. Même si c’est la saison, gageons que Macron ne prenne pas le melon devant tant de réussite et d’attentes.

Adieu PS

Le premier aspect positif des législatives sera la quasi disparition du parti socialiste de l’assemblée nationale. Non pas que ce parti mérite de disparaître en tant que tel mais devenu un parti sans ligne directrice ferme sur des questions essentielles comme l’Europe, le libéralisme économique ou encore la moralisation de la vie politique, il erre en peine comme une âme solitaire. Il est à voir comment nombre de ses élus ont abandonné, parfois lâchement, leur candidat Benoît Hamon pendant la campagne. A force de ne plus avoir d’autres ambitions que de garder ou reprendre le pouvoir, le parti socialiste s’est vidé de sa subsistance. A titre personnel, je ne regretterai pas la disparition d’un non-sens politique contemporain. Recyclés ici ou ailleurs, les europhiles du PS sont en instance de départ. Restent alors les derniers Mohicans à qui il faudra beaucoup de résilience pour remonter la pente. Ce retour est théoriquement possible, il n’est pas politiquement souhaitable si la France veut remettre les pieds dans la réalité politique contemporaine où il n’est enfin plus possible de dire tout et son contraire sans risquer le torticolis idéologique.

Pour la droite dont ces élections devaient le triomphe électoral, elle aura elle aussi à se reconstruire. Peut-être que décider d’être moins bête et xénophobe pourrait l’y aider. Pas sûr que cela soit son choix.

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