Obama à  la Maison noire et blanche

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  • 5 juin 2008
Ce matin, mon journal local titrait à la une « Un noir candidat à la Maison Blanche ». Il évoquait bien entendu Barack Obama et la Maison Blanche de Washington pas celle de Moscou où la surprise serait d'élire un président démocrate tout simplement. C'est un titre qui a scotché à la fois mes yeux et mon esprit. Pour deux raisons. La première c'est qu'il est incorrect. Barack Obama n'est pas noir au sens strict du terme. Sa mère est blanche, son père est noir, cela fait de lui un métis, un mulâtre si on préfère, mais en aucun cas un noir au sens afro-américain. Ce n'est ni bien ni mal, c'est comme cela.

Avantage marketing ?

La deuxième pour ce que cela suppose. Comme si la qualité essentielle de Barak Obama était sa couleur de peau. On peut souhaiter que les Américains choisiront leur président sur d'autres critères que celui-là parce qu'à ce jeu-là le fripé McCain n'a plus qu'à aller négocier un contrat publicitaire avec Dove. Des critères comme la relance économique par exemple ou encore la politique étrangère, la place des Etats-Unis dans le monde, la réorganisation du système de santé… Courrier International consacre son dernier hors-série, actuellement en kiosques, au candidat démocrate pour montrer que son seul avantage marketing n'est pas que le noir, mais aussi sa jeunesse, au sens politique du terme, l'équipe qui l'entoure…

Discrimination positive

Certes, on sait que les Etats-Unis ont un passé discriminatoire récent à l'encontre des personnes de couleur, les noirs n'ont pas le droit d'emprunter les mêmes toilettes que les blancs et Rosa Parks le 1er décembre 1955 à Montgomery refuse de laisser sa place à un blanc et lance la révolution des droits civiques, qu'ils compensent désormais par une politique de discrimination positive à l'égard des minorités. Certes disposer de points de ressemblance permet de mieux s'identifier à quelqu'un, à Zidane dans certains quartiers de Marseille par exemple, mais rien n'empêche d'admirer Luther King ou d'aimer Gandhi sans être ni noir ni hindou.

 

 

Image tirée de la très caustique série BD The Boondocks

Votez bien, votez blond

Dans les universités, les séries télé, les entreprises, on retrouve des quotas de « colored ». Derrière le cas Obama se cache une dérive funeste de notre société à vouloir classer les individus selon des critères supposés objectifs. Hier on nous interrogeait sur notre sentiment à l'idée d'avoir une femme présidente. Demain, ce sera sur l'homosexualité de Bertrand Delanoë est-elle un obstacle à sa candidature à la présidence de la République en 2012 ? Ensuite si nous serions prêts à élire un noir, un handicapé, un petit, un blond ? Il n'y a jamais eu de blond élu président de la Vème République. Citoyens, réparons cette injustice. Comme si ces paramètres, sur lesquels nul ne peut agir, regardez Michaël Jackson, devenaient des critères électifs plus pertinents que les idées, la force de caractère et l'abnégation.

Ci-après la vidéo la plus rebondissante de cette campagne politique américaine.

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Commentaires

  1. […] clair, l’élection de Barack Obama est un moment historique. Parce qu’il est le président des Etats-Unis, première puissance […]