Les couleurs de nos murs repeignent-elles nos âmes ?

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  • 24 août 2015

Les couleurs de nos murs disent-elles des choses sur nous ? Peut-être.

En ce qui me concerne, elles disent que j’ai du mal à les enlever. Mes talents de peintre manquant leur rendez-vous avec la postérité.

Pendant que je m’escrime (vous avais-je dit que j’étais champion de Bretagne en sabre vétéran 1 ?) sur les pinceaux, la pensée vagabonde. Comme si le trop plein des mains laissait libre cours à la réflexion comme pour compenser.IMG_1791 IMG_1793

Refaire sa peinture est pareil à remettre de l’ordre dans sa vie. Toutes les petites traces des chocs, ces petites cicatrices, disparaissent au fil des couches de peinture qui s’étalent sur ces murs bientôt à nouveau immaculés. Une remise à zéro symbolique. Dans les chambres de deux adolescentes, cela vaut son pesant. Adieu l’enfance, bonjour jeunesse, crient ces murs imparfaitement blancs. Oubliées les tentures mauve argent (eh, oui ça existe), envolées les traces de patafix pour les affiches de films Harry Potter, disparues les dessins témoins des affres de son auteur, cachées les marques à la cire en forme de fleurs se voulant esthétiques, terminées les commodes rouge et verte aux poignées en bois, bonjour, ben, rien du tout parce que je n’ai pas encore acheté leurs remplaçantes.

Il faut laisser à ses enfants le soin de remplir ces blancs. Par eux-mêmes. Ce n’est pas facile. On aimerait leur transmettre quelques leçons difficilement apprises sur la peinture mais surtout sur la vie. Le noir est une couleur par exemple. Elle donne du contraste aux autres. Ce qui brille n’est pas or. Confère les tentures mauves argent (puisque je vous dis que cela existe). Ne touchez pas à la glycéro, même (surtout ?) si c’est un(e) ami(e) qui vous en propose. Ce qui est fait avec amour ne peut pas être tout à fait mauvais. Regardez vos chambres.

Et pourtant, il faut s’y résoudre. C’est vraisemblablement la dernière fois que je mets un coup de peinture dans ces chambres avant le départ, temporaire et asynchrone dans un premier temps, de leurs occupantes. Un jour, elles seront transformées en une autre destination, comme ma chambre le fut en salle de jeux. Avant de redevenir à nouveau une chambre, d’un autre enfant, d’un nouveau propriétaire. Un jour. Mais pas tout de suite.

En attendant, tout n’est pas effaçable. Surtout pas ces encoches laissées ici ou là par des demoiselles soucieuses de vérifier qu’elles grandissaient. On peut les reconnaître car elles écrivaient leur prénom à côté. Je n’ai jamais pu les gronder pour cela.

Aujourd’hui, nul besoin d’encoches. Oui, elles grandissent, et s’envolent. Un peu vite, un peu trop vite. Hélas… et tant mieux.
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