L’histoire du petit carton de papier qui n’avait pas d’ailes pour s’envoler

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  • 17 août 2015

Le lundi au soleil est une chose que l’on n’aura jamais. Sauf le jour de la reprise du travail. Comme un fait exprès, le ciel bien gris jusqu’à lors donne ses plus belles couleurs. La radio joue With or without you de U2.

On s’est levé plus tôt que d’habitude, pardon, BEAUCOUP plus tôt que d’ordinaire en faisant traîner un peu, histoire de ne pas arriver trop à l’heure non plus. Sur le siège passager, un petit carton m’accompagne. Du genre à contenir cinq ramettes de papier. 2.500 feuilles blanches. A l’intérieur, des livres, des documents, des journaux. Je l’ai ramené à la maison le jour de mon départ en vacances. Plein de bonnes intentions. Je l’ai posé dans un coin de la salle… d’où je viens de le reprendre pour le ramener à son lieu de départ.

D’où vient ce syndrome ? Pourquoi ramener des bouquins (Un livre sur les inventions ; La déconnexion des élites ; Biologie du couple ; Le monde des passions ; Nudge…) que je peux lire au bureau sachant que j’en ai déjà 203.781 chez moi ? Est-ce une assurance contre le risque de manquer d’occupations ? Peut-être, on en connaît qui s’agitent pour ne pas tomber. Est-ce le symbole du monde du travail, présent mais laissé de côté, dans un coin, pendant un temps ? Il faudra que je pose la question à un psychanalyste en carton, et il en existe beaucoup plus qu’on ne le croit.

Ce n’est pas la première fois que cela m’arrive. J’ai toujours eu du mal à quitter les choses, les gens. Alors j’emporte un peu de ces temps révolus que je transporte dans la besace de la mémoire. Ou bien dans un carton. Le moyen de transport fait parfois le voyage.

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