La jeunesse française désespérée ? Le contre-exemple de MaCréa

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  • 9 avril 2008

Qui a dit que la jeunesse française était désespérée ? Anna Stellinger, de la Fondation pour l'innovation politique, dans son rapport téléchargeable « Les jeunesses face à leur avenir ». Un excellent état des lieux de la jeunesse mondiale qui montre que les jeunes français sont particulièrement enclins au pessimisme et surtout à trouver dans l’action étatique la solution aux maux de notre pays, contrairement à celle d’autres pays qui considèrent que leur avenir personnel est, si ce n’est radieux, au moins à portée de mains, jeux de vilains.

Et pourtant, il subsiste ici et des exemples qui montrent et démontrent que tous les étudiants ne se contentent pas de la semaine des quatre jeudis comme seule action sociale. A l’Iut Gea de Brest, ils sont une petite vingtaine à sélectionner, puis accompagner des créateurs d’entreprise dans leur longue marche vers l’entrepreneuriat. Une solution originale qui permet aux étudiants de se confronter à la réalité et d’apporter un regard neuf sur les projets, et aux créateurs de bénéficier de conseils et d’une aide matérielle et intellectuelle précieuse pour monter leur boîte. On considère souvent l’université comme hermétique à la création d’entreprise. A raison souvent, je me souviens de cours de gestion où pas un seul nom de firmes n’était prononcé, sûrement parce quel le manuel que lisait le prof datait d’avant l’invention du capitalisme. A tort, parfois comme invite à le penser l'exemple de MaCréa, dont la naissance tient à l’envie d’un individu d’agir et de proposer sa solution contre vents et marées.

 Ci-après une interview du fondateur de MaCréa.

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Et voici le texte d’une interview de Marcel Le Floc’h qui paraîtra bientôt dans le quotidien la Tribune.

« En accompagnant les créateurs d’entreprise, mes étudiants touchent au réel »

 

MaCréa fête cette année son dixième anniversaire. Cette association brestoise regroupe des étudiants de l’IUT Gea de Brest, sous la houlette de Marcel Le Floc’h, professeur de gestion. Chaque année, ils sélectionnent, accompagnent et soutiennent des projets de création d’entreprise.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à fonder cette association en 1998 ?

L’idée de départ était d’ouvrir l’université sur le monde de l’entreprise. Ce n’était pas le cas et aujourd’hui encore il reste beaucoup à faire. La création d’entreprise est une matière transversale qui permet aux étudiants de toucher à tout du marketing à la gestion en passant par la dimension psychologique de l’entrepreneuriat… en allant bien plus loin que les simples études de marché des juniors entreprises.

 

Quel bilan peut-on tirer de ces dix années ?

Depuis la création de MaCréa, les étudiants ont accompagné 90 créateurs d’entreprises qui ont généré environ 150 emplois. De plus, le concours que nous organisons chaque année permet de récompenser un créateur de l’année et le mettre sous les feux des projecteurs, notamment médiatiques, pour qu’il débute son activité dans les meilleures conditions possibles. Certains de nos lauréats, à l’instar de Tradition Bretagne qui développe son commerce de crêpes en franchise jusqu’en Roumanie, connaissent des succès dont nous pensons que nous n’y sommes pas totalement étrangers.

 

La participation à MaCréa apporte-t-elle quelque chose aux étudiants ?

Cela leur permet de mettre en œuvre les connaissances acquises en cours. Sur les bancs de la fac, on peut se tromper, raturer, changer d’avis. A l’inverse, dans une création d’entreprise, toute action entraîne des conséquences réelles qu’il faut mesurer et anticiper. Sur le plan de l’insertion professionnelle, la vingtaine d’étudiants qui participe tous les ans à la sélection et au suivi des projets bénéficient d’une expérience forte par leur implication. Cela leur apporte une valeur ajoutée dans le cadre de leur poursuite d’études. Sur chaque promotion de l’IUT, c’est dans leurs rangs que l’on trouve ceux qui réalisent les plus beaux parcours universitaires et professionnels.

 

Propos recueillis par Mikaël Cabon, à Brest

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