La lente et douloureuse déliquescence du politique qui ne voulait pas remettre son pyjama rayé

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  • 12 juillet 2014

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Pas une semaine ne se passe, que dis-je, pas un jour, une heure, une minute, sans que de nouvelles informations sur l’UMP n’apparaissent et ne viennent prolonger la longue agonie de ce parti qui n’aura jamais eu de populaire que le nom. Des factures téléphoniques démentielles, à l’heure des forfaits tout compris, des billets d’avions payés pour de fallacieux ayants droits, des salaires versés à des collaborateurs politiques qui se trouvent être, ô hasard, les thuriféraires de l’axe politique de leur employeur. Décidément, “même quand il y en a un ça va pas. Déjà que quand quand il y en a beaucoup il y a des problèmes. » Et je ne parle pas ici, Brice Hortefeux, ni des auvergnats, ni des arabes, mais de l’UMP. On l’aura bien compris. Nul besoin de se cacher dans des arguties de bas étage, autant appeler un con, un con.

Politique-pestacle

On tombe dans la “politique-pestacle”, tant les acteurs de cette farce ressemblent à des enfants se disputant un jouet.
A gauche, les députés frondeurs mettent leur fronde de côté dès qu’il s’agit d’affronter Goliath. Pauvres petits David intimidé à l’idée de perdre leur poste de député de sous-préfecture. On a le courage que l’on peut. Et ce n’est pas un bon signe pour notre pays.
Et on se prépare à un choc entre Marine Le Pen et un autre, au second tour de l’élection présidentielle de 2017, chaque camp classique priant pour que l’autre soit éliminé de ce duel. Car, nonobstant le talent de Marine Le Pen pour se positionner comme une challenger crédible, sans programme, sans troupe, sans vision, mais avec son lot de phobies et de sépia, nul ne peut douter que c’est le candidat “républicain” qui remportera la mise.
Après avoir promis n’importe quoi à des gens qui sont disposés à croire n’importe qui, nous aurons à nouveau perdu cinq ans. C’est peut-être là le principal avantage du quinquennat, on ne perd que cinq ans à chaque élection. Du temps de Chirac ou de Mitterrand, c’était sept.
Alors que notre pays s’enfonce dans les déficits, que les prévisions financières pour le financement des retraites (notamment celles des cadres, des chiffres précis ont été annoncés la semaine passée) sont particulièrement inquiétantes, un Premier ministre annonce des réductions d’impôts sur le revenu. L’important n’est plus la rose, c’est l’emphase.

« Aujourd’hui 14 juillet. Rien à signaler »

Si le peuple français s’inquiétait encore un peu de son destin collectif, cela finirait en Révolution, des têtes sur les piques, on brûlerait quelques icônes, et on rentrerait pour les moissons.
Le pire dans l’histoire, c’est que rien ne se passe. Engoncés dans nos égoïsmes et nos conservatismes, nous prions pour que rien ne change. Peut-être qu’en fermant les yeux, le choc de ce poids-lourd qui arrive lancé sur moi sera moins rude. Peut-être oui.
Fin psychologue, Adam Smith indique dans son livre “La richesse des nations”, que chaque individu n’agit qu’en fonction de son propre intérêt.
C’est une phrase qui contient l’âme humaine. Chacun agit en fonction de son propre intérêt.
L’intérêt peut être particulier ou collectif, mais c’est le sien propre qui nous fait agir.
D’aucuns agissent justement, au quotidien, sans se préoccuper de ce qui se passe chez nos “drôles”, ces niaiseux mal nés que la collectivité doit supporter parce que l’on est tous des êtres humains, on pensait les avoir vus disparaître à grand coups d’amniocentèse et de dépistage pré-natal, voilà que non, ils sont soit à l’UMP soit au gouvernement.
La politique, comme l’innovation, devient de plus en plus ascendante. Des groupes se constituent, des sociétés se montent, se reprennent, se développent, des chercheurs trouvent, des enseignants enseignent, des voisins voisinent, des coquins coquinent, des médecins soignent, des événements comme le “Maker faire” s’organisent, des parents enseignent encore à leurs enfants les valeurs de la France, contre vents et marées. Ces millions d’initiatives quotidiennes sont autant d’initiatives citoyennes. J’y vois la réponse à l’inefficacité d’un monde politique de premier niveau, celui des gouvernants de l’Etat, qui prend l’art de gouverner comme un métier, pas comme une fonction, un don de soi, une mise à disposition, ce que l’exercice politique ne devrait jamais cesser d’être.

NB. Edgar Morin parle des paroles de la Marseillaise dans cet article diffusé dans le journal “Le Monde”. Instructif.

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