« La BD cet art mineur ». Vous prendrez bien un majeur Monsieur Finkielkraut ? #Finkie

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  • 30 mai 2014

Alain Finkelkraut dispose de fenêtres médiatiques que la fulgurance de sa pensée ne mérite pas. Dans son émission Répliques sur Radio France, nous informe le site Arrêt sur Images, Finkielkraut évoque la bande-dessinée en ces termes :

« « C’est ainsi qu’on peut se targuer d’aimer la bande dessinée. Pourquoi ne pas aimer la bande dessinée? Mais s’en targuer c’est autre chose. C’est dire, en sous main, il n’y a pas d’art mineur. Et quand on dit il n’y a pas d’art mineur, non seulement on réhabilite les arts mineurs mais on vide les autres » conclut Finkielkraut, faisant la comparaison avec la « variété » en musique »‘. 

Et vous n’en êtes pas à votre coup d’essai Finkie.

On vous inviterait bien Finkielkraut à aller faire un tour sur Izneo, le site de vente de BD numériques, mais Finkie n’aime pas Internet non plus. Confondant le média et le contenu, comme tant de personnes qui accordent à l’apparence l’importance qu’elle ne mérite pas, Finkie oublie les évolutions de la société parce qu’il ne souhaite pas s’y adapter s’arc boutant dans son statut de croulant écroulé. Il n’est pas le seul manifestement. Dans l’hebdomadaire Stratégies, les fondateurs de la Revue Dessinée, dont je suis le 1.500e abonné, yeah, reviennent sur l’accueil réservé à leurs demandes de reportages et d’interviews : « Reste que le format n’est pas toujours pris au sérieux par les personnes interrogées dans le cadre d’une enquête. Un manque d’intérêt qui rappelle à Sylvain Lapoix ses débuts de journaliste, lorsqu’il travaillait pour le site Internet du magazine Marianne. «Certains interlocuteurs, notamment un ancien ministre dont je préfère taire le nom, ont refusé de me répondre car c’était une BD. Pour les gens que j’ai interrogés aux Etats-Unis en revanche, ce n’était pas un problème », regrette Sylvain Lapoix ». Même s’il faut se méfier des généralités, notre pays est parfois désespérant. Dernièrement, j’étais à une conférence sur l’économie numérique, dont plus personne ne peut désormais contester l’importance (à défaut de pouvoir en juger de l’utilité ou du caractère révolutionnaire), où le représentent d’une importante collectivité locale, en charge de l’économie !, ne pouvait débuter son intervention qu’en avouant sa méconnaissances et son peu d’intérêt pour la question de l’économie numérique. 

Mais revenons à la BD. Houba, houba, comme dirait le Marsupilami. Il y a bien que la bande-dessinée n’est plus réservée aux jeunes générations, nourries aux illustrés. Dans les mangas, dans les romans graphiques, dans les enquêtes publiées sous forme dessinées, on retrouve de quoi alimenter sa soif de savoirs et de justice, tout en nourrissant son désir d’imagination et d’ailleurs.

Pour commencer vos lectures, Finkie, voici quelques références, il en est d’autres, qui pourraient vous servir à revoir vos préjugés (en ne parlant ici que de BD réalistes, sans évoquer donc Bilal, Hergé, Goscinny, Van Hamme…), qui sont l’ennemi premier de la philosophie et de la sagesse, car moi :

Maus

La petite histoire des colonies françaises

Notre mère la guerre

Joe Sacco, attention Finkie cela parle de la Palestine

Logicomix

La planète des sages, de Pépin et Jul, encyclopédie des philosophes, où étonnamment vous ne figurez pas.

Mikaël Cabon

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