Sacrifice : Burning Bush. Une série à propos de Jan Palach

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  • 14 avril 2014

L’été dernier, j’étais avec mes filles place Venceslas à Prague, dans un voyage qui nous mena de Dachau, près de Munich, aux vestiges du mur de Berlin. Et oui, on rigole bien dans la famille. Mais on a aussi assisté au concert de Depeche Mode.

Au détour d’une promenade vers la vieille ville, nos pas nous menaient là où je le désirais, 20 ans après m’y être recueilli une première fois : près du monument commémorant le sacrifice de Jan Palach le 1er janvier 1969. C’est à cet endroit précis que ce jeune étudiant tchèque s’immolait (par le feu, ce qui n’est pas un pléonasme car on peut s’immoler par d’autres choses que le feu) pour protester contre l’invasion de son pays par les forces soviétiques. Son destin rencontrait l’Histoire pour le plus grand drame de sa famille. A même le sol, que le touriste distrait peut aisément confondre avec une rugosité du bitume tchèque, une marque qui rappelle au souvenir du passant le sacrifice de ce jeune homme, et de quelques autres après lui, décidés à résister.

Burning Bush

C’est à partir de cet épisode tragique que la série Sacrifice, Burning Bush, dessine son intrigue en trois épisode de 75 minutes. Diffusée sur Arte récemment, la trilogie, mise en scène par la polonaise Agnieska Holland, est d’une grande beauté. Par sa force évocationnelle universelle. Parce qu’elle sait raconter ses destins entremêlés quand quelques courageux combattent un régime totalitaire au péril de leur vie. Parce qu’elle raconte la quête de justice de la famille de Palach, dans les préparatifs d’un procès Kafkaïen (lui aussi praguois pendant tout ou partie de sa vie). Parce qu’elle confère une profonde humanité à ses acteurs de l’histoire d’un pays, et de notre histoire aussi. Nous qui retrouvions la place Venceslas, pleine de monde en 1989, pour la révolution de velours, mise en marche à un signal fédérateur, le portrait de Palach affiché un peu partout à Prague pour rappeler, comme le disait Thomas Jefferson, à ceux qui sacrifient leur liberté pour leur sécurité relative qu’ils ne méritent ni l’un, ni l’autre.

En savoir plus sur Jan Palach.

Un site tchèque traduit en français raconte l’histoire de Palach et ses conséquences immédiates et plus lointaines.

Par ailleurs, ce site, non loin de là, l’église de Saint Sulpice et Méthode, haut lieu d’un événement tout aussi tragique et raconté avec un grand talent par Laurent Binet dans son livre HHhH, dont je ne peux que conseiller la lecture et sur lequel je reviendrai bientôt.

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