Ma belle-mère et moi

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  • 30 janvier 2013

Il est de bon ton de critiquer les belles-mères. Forcément acariâtres, nécessairement méchantes, trop axées sur les intérêts de leurs propres enfants pour reconnaître les qualités des pièces rapportées, exigeantes au possible. Le trait est sévère et il est commun. On le retrouve dans les contes pour enfants, entre Cendrillon et Blanche neige qui véhiculent avec la force de l’image quantité de stéréotypes.

Sur les trottoirs d’un bourg de Brest, je retourne à  ma voiture quand j’entends mon prénom derrière moi. Je me retourne, elle est là . Ma belle-mère. Mon ex belle-mère pour être plus exact. Mais elle restera la seule tant je doute de me remarier un jour. S’il est un conseil à  donner avant d’épouser une fille, c’est de regarder la mère.
Cela fait plus de trois ans que nous ne nous sommes vus. Le nuage du temps s’estompe. Et il me revient des souvenirs poivre et sel.
Quand on divorce, on quitte aussi sa famille par alliance. Certains avec plaisir, d’autres avec regrets.
Il pleut sur la ville et sur nos sacs de fruits.
Cette belle-mère vietnamienne par origine, chinoise par culture et française par amour a toujours été d’une douceur incomparable et d’une gentillesse inextinguible. Il est des mots qui sont inventés uniquement pour des personnes.
Je crois que nous nous sommes aimés malgré nos différences. Et qu’il en reste des traces.
On demande des nouvelles mais on sait l’essentiel par procuration. Une dernière accolade et il temps de laisser le passé s’évanouir. Tout aurait été différent si rien n’avait été pareil. Mais le temps des regrets n’est pas celui du bonheur, bien que je n’en connaisse pas la conjugaison exacte.
On s’étreint et l’émotion avec.
Les yeux s’embuent mais c’est la pluie.
Les yeux s’embuent mais c’est la vie.
Comment dit-on adieu en chinois ?

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