Françallemagne. Warum nicht ?

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  • 22 janvier 2013

Il y aurait beaucoup à  dire sur l’amitié franco-allemande. Pour les choses institutionnelles, le mieux est d’aller visite Arte, pour les choses porno, il doit bien y avoir un site bizarre, je me tiendrai aux aspects plus personnels.

Comme de nombreux petits français des années 70 et 80, mon grand-père maternel a eu la malchance de participer à  cette guerre, pas encore fratricide. Durant les multiples conversations où il me racontait sa guerre, mon Pépé Plouguerneau, a réussi à  me convaincre de l’inanité de continuer sur les voies de la haine entre les deux peuples. Lui qui avait tant souffert, dans son corps et dans sa tête, de ses années d’emprisonnement en Allemagne, répondait avec patience à  mes questions et mes incompréhensions :

– Tu détestes les Allemands aujourd’hui ?

– Les boches oui, les Allemands non. Il faut savoir pardonner pour aller de l’avant.

Une parole de bon sens, tapée sous le coin de la table d’un paysan pauvre du Haut-Léon.

Et lors des cérémonies diverses qui émaillaient sa vie de porte-drapeau, il n’était pas le dernier à  brandir l’étendard du pardon pour signifier qu’il était temps d’aller de l’avant, effectivement.

C’est une des raisons, et non la moindre, qui explique pourquoi j’ai choisi l’allemand en seconde langue étrangère quand le choix me fut donné. Connaître l’autre, parler sa langue, c’est déjà  l’apprécier et lui donner de l’importance. J’ai oublié beaucoup de cette langue aujourd’hui, et je ne pourrai pas parler de la poésie qui en émane sans mentir, mais je conserve la liste des chanceliers allemands dans un recoin de ma mémoire.

Mais je dois à  l’Allemagne, mes premiers pleurs devant un match de foot, quelque part du côté de Séville en 1982, mes premières chopes de bière du côté d’Edingen-Neckarhausen, en 1988, la première fois aussi que j’entendais le groupe « Police », pourtant pas allemand pour deux pfennigs, mon premier but, et le seul je crois, sur un territoire étranger, d’autres premières fois aussi.

Il me reste les traces d’une amitié culturelle forte, issue d’une volonté politique qui l’était tout autant, et qui rappelle que les grandes avancées doivent beaucoup aux petites. Un jour, peut-être proche, j’irai avec mes filles à  Berlin, voir le fantôme du mur, me rappeler l’histoire, la grande, et continuer à  construire la mienne, la petite.

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