Anthropopotinpsychologie. De l’égalité dans les rêves

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  • 14 avril 2012

Cette nuit je me suis réveillé vers 4 h 30 du matin. Ce qui ne vous en fera pas bouger l’une sans faire ciller l’autre. D’ordinaire je ne me souviens pas de mes rêves, ou alors d’une infime minorité. C’est ainsi pour beaucoup de monde je crois. Au réveil, un nom me vient à  l’esprit. Le nom d’une personne rencontrée il y a longtemps de cela, presque dans une autre vie. Rien d’inconvenant, juste un rappel comme une douceur sucrée sous la bouche.

Mû par je ne sais quelle bizarrerie, je lui ai écrit une lettre que j’enverrai à  l’adresse que je crois être la sienne. Si c’est une autre personne qui la reçoit, j’espère qu’elle appréciera la suite de mots, si c’est elle, qu’elle me répondra. J’écris à  tout ce que j’aime même s’ils ne me répondent pas :).

J’en discutais avec Erwan, du prochainement célèbre magasin de Pompes Funèbres biologiques de la rue Pasteur, œLa mort obscure . Et Erwan me fait la remarque suivante, d’une grande acuité : œDevant les rêves, on est tous à  égalité. On a beau être intelligent ou couillon comme un âne (NDLA : ce ne sont pas ses mots, je réécris la réalité, c’est souvent mieux ainsi), on rêve tous avec la même beauté . Purée, dire qu’il y a des gens qui s’arsouillent dans les bars toute la journée, devant un litron de jaune, qui n’arrive même pas au quart de la moitié du centre, on a parlé politique aussi, de la hauteur de cette Maxime d’Erwan.

C’est vrai que devant la créativité de l’imaginaire nocturne, on est tous à  égalité. Pas devant les cauchemars par contre. Certains n’en font jamais. De mon côté, c’est rare, je me souviens de l’un des plus affreux de mon existence. Je dois avoir 8 ans et je me réveille en sueur avec l’impression que le truc que l’on met parfois sous son oreiller et qui ressemble à  un boudin (j’ai oublié le nom) est un loup. Ce qui me permet ici de faire officiellement l’annonce de mon prochain livre, édité celui-ci par mes soins, œLe loup de Kervallon . Mais d’habitude, les images qui bercent mon sommeil sont douces, merveilleuses et rebondissantes comme une paire de seins.

http://www.youtube.com/watch?v=AhlzJuhm2uQ

Tout ça pour dire qu’Erwan a mille fois raison. Devant nos rêves on est tous à  égalité. Pas ceux que l’on réalise les yeux ouverts, comme d’aucuns le feront dimanche prochain dans l’isoloir. Non, les yeux clos, la conscience en vacances, l’inconscient en son royaume nous envoie dans des contrées improbables.

Est-ce que l’on peut mériter ses rêves ? Je ne sais pas. Peut-on taxer les rêves ? Cela arrive souvent quand les angoisses parentales tuent dans l’oeuf le génie de leurs enfants mais cela doit être difficile. Alors oui, définitivement, l’égalité est le maître mot des rêves. Je rêve, tu rêves, nous rêvons, vous rêvez, ils sont libres.

Et pour nous les malheureux qui de leurs rêves ne se souviennent que rarement, il reste le royaume des nuages et sa majesté imaginactive.

Photograph taken byMichael Jastremski.

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