Mères porteuses : le grand débat commence

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  • 18 février 2007

Les lois bioéthiques, votées en 1994 puis en 2004, vont faire l'objet d'un nouveau débat d'ici 2009. Celui-ci a d'ores et déjà débuté. Face au progrès de la science et aux évolutions de la société se pose un certain nombre de questions. Au premier rang desquelles, celle de l'autorisation ou non des mères porteuses. Etre mère porteuse c'est accueillir un enfant, qui n'est pas biologiquement le sien. Fécondée par FIV ou ISCI, ces femmes influent néanmoins sur la santé de l'enfant par le contexte qu'elles apportent. Entre 15 et 20.000 euros le portage Combien cela coûte ? Entre 15 et 20.000 euros selon un reportage de l'Express. Selon l'émission Les Maternelles sur France 5, entre 200 et 400 couples auraient recours aux services d'une tierce personne pour devenir parents malgré l'interdiction qui frappe cette pratique dans notre pays. Derrière cette envie de parentalité, se pose la question des délais d'adoption, de savoir également si le désir d'enfant est supérieur aux droits des enfants à connaître leurs origines, de savoir aussi si, parce qu'une technique est disponible il faut en favoriser la dispersion. Cette question fondamentale rebondir sur de nombreux sujets éthiques. A commencer par la procréation médicalement assistée (PMA) ou encore l'indemnisation des donneurs de sang ou de gamètes, la sélection des embryons Ce débat, dont les enjeux sont cruciaux, manque à cette campagne électorale présidentielle. A défaut de législation à la fois précise dans ses modalités et large dans ses principes, ce seront des initiatives qui y répondront. Banque de cordons ombilicaux Ainsi, le milliardaire britannique, Richard Branson vient de créer une banque de cordons ombilicaux. Le principe est simple. A la naissance d'un enfant, ses parents achètent une place pour le cordon ombilical pour 2.250 euros environ. Ce cordon ombilical a la particularité d'être riche en cellules souches. Ces cellules ne sont pas encore différenciées et peuvent devenir qui des cellules cardiaques, hépatiques… Le potentiel, car ce n'est encore qu'un potentiel, est énorme en matière thérapeutique. 20% de ces cellules serviraient de "réserve" à leur propriétaire, 80% pour la recherche scientifique. Car celle-ci manque de ressources pour poursuivre ses investigations. Cellules_souches.jpg

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Commentaires

  1. Christophe dit :

    Je suis assez en phase avec vos propos. Excusez ma sensibilité avec le vocable « mère porteuse », mais j’ai tellement entendu de propos stigmatisants sur le sujet…
    Concernant le retour d’expérience sur les cas Français, la période de 1987-1991 est malheureusement difficile à  étudier car les décisions de justice ont eu pour conséquence de séparer les familles. Depuis cette date, il y a bien eu plusieurs milliers de personne qui ont bénéficié d’une gestation pour autrui à  l’étranger, mais la politique actuelle du Ministère Public Françaisde ne pas reconnaître l’état civil de ces enfants (ce qui est contraire aux conventions internationales) fait que les parents vivent dans une sorte de clandestinité. Donc, pour avoir une vision scientifique, il faut se tourner vers les pays qui ont encadré la pratique de la gestation pour autrui (Angleterre, Californie, Nouvelle Zélande). Il y a un article qui synthètise plus de deux cent études : navigating rough waters : an overview of psychological aspects of surrogacy. Il est disponible sur le site http://claradoc.gpa.free.fr/ . Malheureusement, je n’en ai pas encore trouvé de traduction française.

  2. mcabon dit :

    Bonjour. Gestation pour autrui, mère porteuse. Je ne crois pas que le deuxième soit plus péjoratif que le premier. Il vulgarise mieux les choses pour la majeure partie des citoyens.
    Je comprends une partie de vos arguments, et conseille à  la lecture votre texte sur les dix idées reçues sur « la gestation pour autrui ». Vous savez aussi qu’un cas particulier ne fait pas la généralité, dans un sens comme dans l’autre. En France, cette possibilité a été faite entre 1987 et 1991. 66 enfants sont nés ainsi. Peut-être, sans en faire des cobayes, serait-il possible de voir comment ces enfants âgés aujourd’hui ente 16 et 20 ans se comportent, réagissent… Cela peut être une possibilité pour un débat plus serein.
    MC

  3. Christophe dit :

    Si le sujet de la gestation pour autrui (je préfère ce vocable à  l’expression mère porteuse qui me semble du même tonneau que bébé éprouvette à  la place de fécondation in vitro) vous intéresse, je vous conseille d’aller faire un tour sur ce site très complet :

    http://claradoc.gpa.free.fr/

    Car il me semble utile de se renseigner avant de débattre.