Finances européennes. De quoi la Slovaquie est-elle le non, le oui, le nom ?

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  • 13 octobre 2011

De quoi la Slovaquie est-elle le non, le oui, le nom ? La question n’est pas que rhétorique. En l’espace de 24 heures, le nom de ce petit pays européen a été sur les lèvres, je vous en prie, de tous les dirigeants européens, et a bercé quantité de bébés grecs pris d’insomnies juvéniles devant le monde qui s’annonce. En disant le contraire le jour d’après de ce qu’ils venaient de dire le jour d’avant, les parlementaires slovaques ont réussi ce que les agences de communication touristique n’avaient pas réussi en l’espace de deux décennies : faire connaître leur pays. Les amateurs de football, les véritables, aiment la géographie, comme une poule les omelettes. On peut aimer le foot sans distinguer les trois pays baltes, mais avouons que cela serait dommage de laisser pareille occasion de s’ouvrir à  de nouvelles cultures.

http://www.youtube.com/watch?v=aXRwPntZNKQ

La Slovaquie est un joli pays niché entre la Slovénie et la République Tchèque, et quelques autres pays très pauvres mais très accueillants. Après leur divorce par consentement mutuel avec les Tchèques, les Slovaques ont trouvé dans l’Europe une nouvelle maîtresse qu’ils ont embrassé comme on embrasse pour la première fois en faisant des poutous mouillés mais avec enthousiasme et abnégation : près de 93% des Slovaques avait ainsi approuvé l’entrée de leur pays dans l’Union Européenne. Et dire qu’on le savait même pas. Grâce à  cela, Adriana Karembeu est un peu notre compatriote.

Même si la versatilité des députés slovaques s’expliquent en partie pour des raisons de politique intérieure, et on imagine les pressions que ce gouvernement a pu subir, la Slovaquie remet sur le devant de la scène la complexité du fonctionnement de l’Union européenne où une grande partie des décisions peuvent être bloquées par un seul pays. Et que dire de ceux qui, comme la Finlande, monnaie en loucedé leur soutien à  la Grèce contre des garanties hypothécaires. La question de la crise grecque et par là -même de la crise financière européenne sera abordée ici en son temps.

Il ne fallait pas être grand clerc pour comprendre dès le départ que ce fonctionnement voire même l’UE à  27 pays relève de la fantaisie politique. Jamais dans l’histoire du monde, tant de pays libres n’ont pu coordonner leurs politiques à  ce point. Cela donne l’ampleur de la tâche de l’Europe, cela témoigne également des difficultés qui subsisteront à  l’avenir.

On pardonnera alors aux Slovaques de n’être des révélateurs de dysfonctionnements de l’Union qui désespère parfois ses plus zélés défenseurs, dont je suis. On leur pardonnera aussi, et surtout, parce qu’en Slovaquie, la Saint Etienne, le 26 décembre, est un jour férié. Voilà  un pays qui sait respecter les belles équipes de football.

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Commentaires

  1. Transat bébé dit :

    Merci pour cet article intéressant. Votre réflexion est assez juste.