Astronomie. Des étoiles plein les Å“ufs

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  • 23 août 2011

C’est une brève en bas à  droite de la page de gauche, mémoire photographique. Son titre annonce la sentence « Astronomie: baisse de la natalité chez les étoiles ». Alors quoi les étoiles de petits problèmes de couple? Trop de stress devant vos milliards d’années d’espérance de vie? Maman étoile a mal à  la tête? Papa étoile a rencontré Sexy Galaxy au Macumba saturday night (ben oui, les étoiles cela parle anglais, comme toutes les stars non ?)? La réponse est à  des années lumières de cela. Les centaines de milliards d’étoiles de notre galaxie (et il existe des milliards de galaxie, je vous laisse sortir votre calculatrice TI-72 Fx Collège fonction graphique) n’est pas menacée de disparition. Du moins pas tout de suite. Mais suffisamment pour que les adolescents adossés ce soir à  la dune de la plage en cet été finissant comprennent que le cadeau d’une étoile qui conclut cette soirée, vraiment, ce n’est pas rien.

http://www.youtube.com/watch?v=AjJdM8L7F6U

Pourquoi? Pourquoi? Pourquoi?

Il s’agit, nous apprend Ouest-France, «  de la raréfaction d’un gaz nécessaire à  la naissance des étoiles ». J’ai cherché un peu le nom de ce gaz mais je n’ai pas réussi à  le trouver. Pour deux raisons. La première c’est que j’ai prêté le bouquin de Bill Bryson «  Une histoire de tout ou presque » à  Joseph Macé-Scaron, pouf, pouf, et il ne me l’a toujours pas rendu (1). La seconde c’est que le référencement googlisant montre, aux termes de la recherche «  gaz nécessaire à  la naissance des étoiles », toutes les références des journaux qui, abonnés au fil de dépêches AFP, en ont repris les termes mais sans donner le nom du gazier. C’est ce que l’on peut appeler le mouvement de la standardisation de l’ignorance, nous y reviendrons un jour « nous ne savons rien, mais nous savons tous le même rien ». Peu importe, ce gaz appelons PRUT. Si vous venez de lire Prout, respirez un bon coup. Cela sent bon? Oui, alors vous voyez que ce n’est pas un Prout. Prut donc, pour PRotéines Universelles de Transformation d’étoiles. Ben ouais. On manque de Prut pour les étoiles alors qu’ici bas, il y a plein de gens qui en ont trop. Non, ne recommencez pas, je vous ai dit que ce n’était pas du Prout.

C’est sérieux cette histoire, imaginez un ciel sans étoiles. Ce serait un peu comme une forêt sans arbres. Au début on continuerait à  appeler comme avant, «  un ciel ». Et puis au fil du temps, le mot se déconnecterait du concept, et on commencerait à  dire n’importe quoi (je dis pas nous, parce que nous on est intelligents, mais disons, les enfants des enfants des enfants de nos voisins, déjà  qu’ils sont pas fins maintenant, alors imaginez après trois générations de consanguinité). On commencerait à  dire «  Truc ».

La scène se déroule dans un lit conjugal. Contre-extérieur jour. Moteur.

  • La femme redescendant du septième truc. Mais tu as la tête dans les trucs ou bien?

  • L’homme. Je ne sais pas. J’ai peur.

  • La femme. De quoi tu as peur?

  • L’homme. Que le truc me tombe sur la tête?

  • La femme. Mais quel truc?

  • L’homme. Celui-là . Il lève les yeux au truc et soupire.

Soudain, tout d’un coup, brusquement, la porte s’ouvre.

  • La femme. Truc, mon mari!

En fait, «  truc » remplacerait le mot schtroumpf. Il y aurait Truc Grincheux, Truc Costaud, à  ne pas confondre avec fort comme un Turc au risque de conflits géopolitiques. Trucette, à  l’anis. Et au ciné, on pourrait aller voir «  La guerre des Trucs ». On ne saurait pas si c’est la «  Guerre des Etoiles » ou «  La guerre des boutons ». Quand on s’apercevrait qu’il y en a deux à  quelques semaines d’intervalle et que c’est nul, alors on comprendrait que c’est un film français.

On sortirait dans la rue, le cœur léger et l’âme en peine. Mais l’assourdissant silence de la ville et l’intensité de ses lumières ont gâché nos ciels. C’est dans la fraîcheur d’une nuit campagnarde que l’on peut se planter le nez au ciel ou en allant au Chili ou encore dans un planétarium, ce qui fait tout de même quelques endroits, pour admirer la grandeur.

Image tirée de l'outil Google "Truc"

C’est beau, hein? C’est normal, dès que quelque chose est beau, les humains savent le reconnaître. Je me plais à  penser que c’est parce que nous sommes issus des mêmes poussières d’étoiles.

1. J’estime à  une bonne cinquantaine le nombre d’ouvrages qui ont ainsi disparu de mes rayonnages. Cet excellent livre raconte l’histoire de l’univers de la première seconde, et même avant, à  nos jours avec le sens de la précision et l’humour de Bill Bryson. Je conseille de lire tous ses livres et c’est peut-être le seul auteur pour lequel je peux tenir ces propos).

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