Londres avec les enfants et sans Amy

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  • 28 juillet 2011

Voyager avec des enfants, cela peut être la galère… ou pas. L’équilibre est parfois difficile à  trouver quand on se retrouve 24h/24 à  quelques mètres les uns des autres, ou bien cela peut être une expérience agréable comme ce fut le cas à  Venise par exemple. Dans une ville comme Londres, il est peut-être plus facile à  trouver tant les activités sont nombreuses. En voici un bref aperçu en quelques textes et illustrations. Cela donnerait presque envie de devenir franglais, mais c’est une autre histoire.

Eurostar. Et oui, pour cette année on a fait l’impasse sur les vols, de temps en temps le train c’est reposant, et partir de la Gare du Nord c’est quand même plus pratique. En ce moment, ce train est bien le seul endroit où l’euro soit une star. Alors qu’il s’apprête à  entrer dans le tunnel, Venise me demande si on va voir les poissons. Hélas, non, mais cela fait penser à  une publicité de Voyages SNCF il y a quelques années sur l’arrivée d’une liaison ferroviaire transatlantique.

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Busum imperius. Dans les bus à  l’impérial, la Britanie se conjugue avec ses images d’épinal. Avec de la hauteur, la vie prend un peu de relief. Pour visiter une ville, prendre un bus sans choisir la direction, le premier qui passe, laisse entrevoir certains tréfonds de la cité. A Londres, impossible de se déplacer utilement sans l’oyster card, une sorte de pass navigo, rechargeable et plafonné quotidiennement. A noter que les enfants de moins de onze ans ne paient pas les transports en commun.

Sa majesté la mouche. Buckingham cela a tout de même de la tronche. D’une part, c’est grand, et plutôt bien meublé. Après l’échec d’une première tentative de visite pour cause de royale réception, nous avons réussi à  y pénétrer après trois files d’attente, la première pour prendre son billet, la seconde pour attendre l’ouverture des portes, la troisième pour les vérifications de sécurité. L’anecdocte résume l’histoire du productivisme à  l’anglaise. La faiblesse du salaire minium conduit les magasins à  employer beaucoup de personnes, dans un supermarché, on trouvera moitié plus d’employés qu’en France. Mais cette même faiblesse du salaire pousse le salarié à  en faire le moins possible, ou au moins autant que ce qu’il reçoit en échange.

A l’intérieur du palais, on sent la nécessité pour la monarchie anglaise de se faire plus accueillante et sympathique. Pour qui ne serait pas au courant, tout est fait pour rappeler le récent mariage de Kate et William, une réplique du gâteau est exposée sous verre, ainsi que différentes photos à  tous les endroits du princier mariage, la robe de mariée présentée elle aussi sous verre est l’occasion de rappeler au visiteur l’excellence de l’industrie textile britanique. A part cela, c’est joli et au café du palais, les lichouseries sont bonnes. En bon républicain, quand je suis allé aux toilettes, j’ai fait exprès d’en mettre à  côté.

Vive la République !

Vive la République !

In Churchill, we trust. Clou de cette quatrième visite londienne de mon côté, les War Rooms, c’est-à -dire le quartier général anglais durant la Deuxième guerre mondiale, là  où l’état major de l’armée britannique préparait la défense du Royaume-Uni puis la libération de l’Europe. On entre dans ces pièces comme on fait un pèlerinage, avec déférence et silence. Pour les enfants, cela peut être une autre affaire. Difficile de faire comprendre, 70 ans plus tard, l’importance de ces hommes et femmes dans leur combat pour la liberté. Fort heureusement, ce musée est très didactique, alternant les éléments sur la vie quotidienne entre ces murs et les éléments de contexte. De plus, les écouteurs pour francophones et l’utilisation des numéros de sessions pour l’écoute permettent d’ajouter une touche de fun qui rompt la monotonie habituelle des visites muséographiques.

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Tate. Dans un ancien truc moche, le Tate Modern propose des expositions d’art contemporain et moderne plutôt sympas. Par exemple, celle consacrée à  Miro.

Par exemple, une grande oeuvre exposée au Tate Modern, les tasses à  café en carton

Par exemple, une grande oeuvre exposée au Tate Modern, les tasses à  café en carton

Ou bien celle de l’artiste ukrainien Boris Mikhailov et notamment sa série sur la fabrication du saucisson (ce qui est une private-joke).IMGP1365

Sinon, il y a aussi une œuvre de Ai Wei Wei, l’artiste chinois récemment incarcéré puis libéré, avec cet amas de graines de tournesol, qui sont autant de porcelaines polies à  la main.

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Et aussi une série très intéressante de Taryn Simon,A Living Man Declared Dead and Other Chapters où la photographe dresse le portrait de familles entières reliées par un fait divers, une maladie, un fait historique, une croyance, et leur donne une nouvelle perspective.

 

 

 

Inspirées peut-être par les lieux, Venise et Poème ont inventé cette chanson intitulée Sur la Tamise, avec de vrais morceaux d’humour dedans. Et je me vois déjà , les cheveux balayés de blanc, les pieds dans les charentaises réécouter cette douce musique qui si elle n’est pas la plus belle mais au demeurant sympathique. Listen et let your kid be a kid.

A écouter ici : Sur la Tamise.mp3

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London eye. Elle devait être provisoire, elle est partie pour rester. Elle c’est la London Eye (ci-dessous le dessin de Venise). Inaugurée, l’année du Jubilee, la grande roue tourne toujours à  plein régime. Londres est une ville assez plate. Ce qui est bien pour y pédaler, moins pour la regarder en hauteur. Le spectacle vaut tout de même le coup d’oeil. A une centaine de mètres de hauteur, encapsulé, le vertige est condamné à  la défaite. Dans cette aventure, des amis en goguette également sur Londres avec leur petite famille.numérisation0050 (2)

Ma passion dans la vie? Apprendre. Pouf, pouf. Le British Museum accueille une importante collection d’œuvres diverses, on ne loupera pas par exemple les porcelaines chinoises et les estampes japonaises (ni les maisons de thé coréenne et indonésienne), qui va du fronton du Parthénon à  une série de momies égyptiennes. Il est aussi célèbre pour héberger la pierre de rosette qui permit à  Champollion, bien que la notice suggère la participation britannique à  la traduction, de déchiffrer l’écriture égyptienne. L’emplacement de la pierre est facilement repérable: c’est l’endroit où il y a le plus de monde devant, un peu comme devant Mona Lisa au Louvre.

En admiration devant un sarangbang coréen, sorte de bureau super classe

En admiration devant un sarangbang coréen, sorte de bureau super classe

Trafalgar square. Impossible d’échapper à  cette place historique en se rendant sur Londres. Elle accueille la statue de l’amiral Nelson, grand marin responsable des défaites navales françaises d’Aboukir et Trafalgar, ce qui je pense à  un lien avec le nom de la place. Elle donne également sur l’entrée principale de la National Gallery. Ce musée dispose d’un important fonds de portraits classiques, de toiles impressionnistes, quelques unes de Léonard de Vinci. En bas, dans une salle dédiée, il expose également les sympathique travaux d’une classe de primaire dont les pétillantes couleurs illuminent un ordinaire habituellement gris.

Fish and chips. En Angleterre, les frites se disent chips et les chips se disent crisps. On a beau se moquer de la cuisine anglaise depuis des lustres, en matière de bouffe bien grasse, le fish and chips c’est vachement bon. Tout comme les sandwiches auxquels les Anglais apportent leur absence de conformisme culinaire. Comme il est de bon ton un peu partout dans le monde, dès qu’il est question de bouffe, l’usage du français semble s’imposer: Au pain quotidien, Pâtisserie Valérie, Prêt à  manger…

A Londres, fais comme les londoniens. When in Roma, do as the Romans do. Ainsi, avec les filles, on s’est escrimé à  ne pas passer sans que le piéton ne soit au vert. On s’y fait vite, d’autant que même en l’absence de voitures, beaucoup de personnes en font de même. Cela suppose aussi de parler anglais. C’est là  que cela se corse, mi fratellu. Au final, je dirais que devant la grandeur de mes capacités, j’ai compris 50% de ce que j’ai entendu. Suffisamment en tout cas, pour réserver l’hôtel, le Victoria Inn, sur Belgrave Road, bien situé et propre, ce qui est toujours une source d’inquiétude pour qui se rend sur Londres, acheter la carte de transport, commander à  manger. Je crois même qu’une sémillante indo-pakistanaise m’a demandé en mariage. Mais je ne suis pas certain là  d’avoir bien compris.IMGP1252

Harry Potter power. Poème adore Harry Potter, c’est peu de le dire. Chez Warehouse, une chaîne de librairie, on a pu complèter sa série de livres en anglais de la série éponyme. Comme il n’existe pas de loi sur le prix du livre en Angleterre, les promotions sont fréquentes, genre trois livres pour le prix de deux. J’ai pu aussi m’apercevoir que Bill Bryson, un auteur américain mais qui est très connu dans les pays anglo-saxons, a écrit deux fois plus de livres que ceux qui sont disponibles en français. Une partie des histoires de Harry Potter se déroule sur Londres. Il existe même un tour de Londres pédestre qui fait passer par les principaux lieux vus dans les films comme le pont du Millénium, la gare King Cross, avec le quai 9 3/4, par contre, nous n’avons pas retrouvé avec exactitude, le quartier général de l’ordre du Phoenix, près de Tottenham Court Road.

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Des idées et du pétrole. Quand on est un bon touriste, avec son bob Ricard ® vissé sur la tête, la banane sur le ventre, les chaussettes au pied de ses tongs, on passe chez Harrods. Au niveau moins un, on jette une pièce dans la fontaine qui orne les portraits de Dodi Al Fayed et Lady Di, et on admire la boutique dédiée aux hommes avant d’aller admirer le sur-trop-plein de marchandises proposés sur les cinq étages du magasin. Des robes pour petites filles désignées par de grands stylistes, à  d’improbables scooters des mers. Dans les couloirs d’Harrods, on comprend très vite aussi que le prix élevé du baril du pétrole n’est pas un problème pour tout le monde.

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Time is money. Dans l’Est de Londres, qui fait l’objet d’importants travaux pour accueillir les jeux olympiques de l’an prochain, se trouve l’académie de la Marine royale, grand M mais petit r, qui accueille également l’observatoire royal et la ligne du temps. C’est du nom de cette ville, Greenwich, que vient le nom du premier méridien, Greenwich Mean Time (GMT). Pour y parvenir, on peut prendre le métro, mais la vue est plus belle sur la Tamise en embarquant à  bord des bus fluviaux, en vrai des bateaux rapides qui font escale tout au long du fleuve. Après le débarquement, une marche d’une vingtaine de minutes mène jusqu’à  l’observatoire qui accueille outre la ligne du temps donc, un imposant dispositif astronomique, des expositions sur le temps et un planétarium, plutôt petit mais qui diffuse de jolies images. Le tout est payant, time is money. C’est un peu la réflexion qui vient aussi à  tous les comptoirs de change qui pullulent dans chaque grand centre commercial de Londres. Dès que l’on voit apparaître le mot free ou l’expression «  zero commission », on est sûr de se retrouver emplafonner de frais bancaires. C’est une grande leçon de vie que de se rendre compte que les mots et les concepts qu’ils désignent ne vont pas toujours bien ensemble.

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Sunny Sunday. Jour du départ. Vu Amy hier soir. Pas l’air en très grande forme. Laissé une bouteille de chouchen sur la table en partant pour lui remonter le moral. Remords.

Dans les jardins de la cathédrale Saint Paul, pause sieste pour la famille Bidochon

Dans les jardins de la cathédrale Saint Paul, pause sieste pour la famille Têtenbas

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