«  Je me révolte donc nous sommes »

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  • 16 juin 2011

Le monde connaît des secousses qui ne sont pas que sismiques. Le pourtour méditerranéen manifeste ici contre les plans d’austérité financière et leurs conséquences, là  pour chasser leurs tyrans, ici encore pour contraindre leur phallocrate. Tutti va bene. Ailleurs dans le monde se dessinent des mouvements parfois sans lien avec les précédents qui témoignent de cette capacité de rébellion contre l’ordre établi, d’indignation dira-t-on maintenant. En Chine, par exemple (1) les mindong (prononcer mine tong), ces ouvriers peu payés qui ont quitté leur campagne de Fujian (prononcer Fou Tian) pour aller travailler à  la ville exigent des hausses de salaires près de Canton. Faute de les obtenir, ils manifestent plus durement et se font violemment chasser par le pouvoir en place qui aimerait qu’on le considère uniquement comme un totalitarisme ordinaire (prononcer dictature).

Ils voulaient du pain, ils ont trouvé la liberté. Ils espéraient du pain, ils ont trouvé des policiers. Le sort de ces hommes et de ces femmes de l’ère moderne n’est pas le même partout. Tous n’obtiendront pas ce à  quoi ils aspirent. Et parmi ceux qui parviendront à  leurs fins, souhaitons-leur qu’à  l’indignation succède l’émerveillement de se voir ouvrir le champ des possibles de nouvelles républiques.

Mikaà«l Cabon

Le titre de cette note, «  Je me révolte donc nous sommes », est une phrase d’Albert Camus, que l’on retrouve dans son livre «  L’homme révolté ».

  1. Lire Ouest-France du jeudi 16 juin 2011

    Affiche de lartiste Mordillo pour Amnesty International

    Affiche de l'artiste Mordillo pour Amnesty International


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