Frangleterre. Relectures (u)chroniques

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  • 8 mars 2011

En mettant, le point final à  la 470ème page du premier tome de Frangleterre, je me suis souvenu du moment où, saisi par l’idée, j’avais noté ce mot, «  Frangleterre », sur un post-it de couleur jaune, que j’ai conservé sur mon bureau, en compagnie de nombre de ses comparses, pendant plusieurs mois, pour ne pas dire plusieurs dizaines de mois. Puis, un jour, mû par l’idée qu’il fallait exploiter ses idées, j’ai ouvert un fichier et me suis astreint pendant cinq mois à  écrire, presque tous les jours, 5.000 signes. Souvent le matin, la tasse de café chaud à  gauche du clavier. Le soir, je lisais ou relisais une multitude d’ouvrages sur la deuxième guerre mondiale, les mémoires de Churchill et De Gaulle, consultais des encyclopédies pour ne pas raconter trop d’erreurs, même si le livre est avant tout une fiction uchronique avant d’être un livre d’histoire. Je ne sais pas si la formule qui veut qu’écrire aide à  vivre vaut pour moi. Je n’en suis pas certain. Ce qui est sûr c’est qu’après avoir écrit, je me sentais serein. Et en relisant certains passages du livre, j’en oubliais en être l’auteur, ce qui me semble être un bon signe.

Voici une quinzaine, j’ai reçu quatre exemplaires version 1.0 de Frangleterre (Lire ici le premier chapitre) pour les proposer à  la relecture à  des lecteurs amicaux. Plusieurs de ces relectures sont encore en cours. Un premier avis sur la version électronique de l’ouvrage m’a encouragé. Un second, qui me tenait à  coeur, vient de me parvenir par courrier. Il confirme que l’histoire se tient : « ça coule de source ». Ce mercredi, un troisième m’attendra. Puis, par la force de la logique, un quatrième sous peu. Il est toujours à  craindre que ces avis soient partiaux mais comme le chantait le groupe Tri Yann : « goûte, goûte, goûte, goûte, compagnon, vide-nous ce verre et nous le remplirons ». Ensuite, commencera le lent travail d’une relecture patiente à  traquer les fautes d’orthographes, et il en reste énormément, les mots qui manquent, la syntaxe déficiente, les tournures de style trop lourdes, les phrases trop longues, quoique, comme celle que vous venez de lire. Et puis viendra le temps des premiers envois à  des maisons d’éditions.

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SOS démarchage

Pour le premier livre que j’ai écrit, Le Pendu de Brest, ce démarchage avait été on ne peut plus simple. Au Télégramme, où je travaillais alors avec le co-auteur du livre, Arnaud Morvan, se trouvait René Le Clech. Journaliste infatigable, il était spécialisé dans l’actualité maritime et c’est avec lui que j’ai découvert, professionnellement parlant, tous les ports de Bretagne lorsque je suis arrivé dans ce journal, en les visitant en sa compagnie pendant une quinzaine de jours. René, qui, hélas, est mort d’une longue maladie depuis, venait d’écrire «  Baston chez les voileux », un polar dont l’intrigue, comme son nom l’indique, se déroulait chez les voileux. Il nous présenta son éditeur, Alain Bargain. Après un exposé assez bref de notre projet, une journaliste, Flore Dubois, qui mène l’enquête sur un pendu retrouvé en haut du mât principal du Sedov durant Brest 2000, nous nous tapâmes dans la main à  la cafétéria Oasis, c’est bon la vie, du Leclerc de Kergaradec. Et deux mois après, nous livrâmes notre manuscrit, que je corrigeais ensuite durant mon voyage de noces avant une parution au cœur de l’hiver. Avec 10.000 exemplaires vendus, le livre fût ce que l’on peut appeler un petit succès dans le monde de l’édition régionale. Pas un tsunami, mais pas une vaguelette non plus. Les autres livres auxquels j’ai contribué ou pu commettre ensuite le furent sur commande ou en tant qu’écrivain de substitution. C’est dire que j’ai peu l’habitude du démarchage, une pratique qui m’intéresse théoriquement, mais dont la pratique me semble à  mille lieues de ma personnalité.

Le pendu de Brest

Le pendu de Brest

Il va des livres comme avec les femmes, l’art de la séduction m’est étranger. Par peur du refus sans doute, je l’avoue. De quoi louper pas mal d’occasions, un peu comme au foot d’où mon poste de milieu défensif. Il ne peut en être pareil ici. Jean-Marc Roberts ne viendra pas sonner à  la porte, Bernard Fixot n’appellera pas, et Monsieur Gallimard ne connaît pas l’adresse et comme Jonathan Coe a cassé le GPS dans son dernier bouquin, pas sûr qu’il arrive jusqu’à  la maison.

Donc, voilà  le pied du mur. Et ce pied c’est le mien. Et c’est avec lui, et éventuellement son frère, que je claudiquerai la semaine prochaine pour envoyer quelques exemplaires à  des maisons d’éditions.

Voici celles que j’ai sélectionnées :

  • Liana Levi

  • XO

  • Gallimard

  • Albin Michel

  • Stock

Il y en aura peut-être d’autres.

D’ici là , une brève note de présentation résumera l’histoire et l’auteur. Je ne manquerai pas de vous tenir au courant des lettres de refus 🙂

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