La vie très privée de Mr Sim, de Jonathan Coe

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  • 12 février 2011

On connaissait Jonathan Coe pour ses intenses intrigues intelligentes dans la Maison du sommeil, Testament à  l’anglaise, et la duologie Bienvenue au club et le Cercle fermé par exemple. Avec La vie très privée de Mr Sim, l’auteur reste dans la verve de La pluie avant qu’elle tombe. Cela commence par un séjour de Max Sim en Australie où il est venu rendre visite à  son père. A une table du restaurant où il se trouve, deux asiatiques, une mère et sa fille, jouent et paraissent heureuses. Pour Max, que sa femme vient de quitter, un tel bonheur, une telle jouissance paisible intrigue lui le solitaire. Débute alors son histoire qui le mènera aux confins de l’Angleterre pour tenter de vendre des brosses à  dents écologiques, et finalement sur les traces de son passé et de sa vie qui s’échappe. Il tombera amoureux de la voix émise par le GPS de sa voiture de fonction. Et le reste, vous l’apprendrez en lisant ce livre.

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Depuis quelques temps déjà , je consigne sur un carnet, posé sur la table de chevets, tous les mots dont je ne serai pas capable d’expliquer clairement la définition, les noms de personnages connus qui méritent intérêt ou les thèmes qui m’interrogent. Ensuite, une fois le livre refermé, je pars à  la recherche de leurs significations, et pourfend ainsi, un peu, l’hégémonie de l’ignorance.

  1. Pourquoi l’herbe est verte ? L’ex-épouse de Max est une intellectuelle. Dans l’une de ses nouvelles, elle humilie, par l’écrit, son mari parce qu’il ne sait pas répondre à  cette question lors d’une promenade avec des amis. J’avais la vague réminiscence que la fautive se nommée la coquine clorophylle. Bingo. Mais ce n’est pas tout. Comme l’explique Pascal, sur le site Explic, « Comme la chlorophylle absorbe les parties rouges du spectre de la lumière, la couleur complémentaire, le vert, est rejetée et c’est elle que nous percevons. L’herbe et les plantes contiennent notamment deux types de pigments qui sont la chlorophylle (qui est verte) et la carotène (qui est jaune). C’est pour ça que les feuilles ont souvent une couleur entre vert jaune et vert vif, selon la quantité de carotène présente ». Et si on va par là , c’est aussi la raison qui fait que la mer est bleue. Enfin, le noir et le blanc ne sont pas des couleurs au sens scientifique du terme, le noir étant l’absence de lumière, et le blanc, la somme de toutes les couleurs. Mais l’acception populaire est de considérer le noir et le blanc comme des couleurs. Et finalement, cela a l’avantage du romantisme.

  2. Pourquoi les feuilles d’oseille poussent toujours à  côté des orties ? Quand on tombe dans les orties, c’est le cas de l’un des personnages du roman, il est toujours bon d’avoir un peu d’oseille à  côté de soi. Pas l’argent, la plante. On prend l’oseille, et on ne se tire pas parce que cela gratte trop, et on se frotte le corps endolori, et la douleur s’évanouir. Mais pourquoi donc que c’est comme cela ? L’ortie est une plante urticante. A sa surface, elle dispose de poils qui contiennent de l’acide formique et de l’histamique. Quand on les touche, et on les touche quand on tombe dans les orties, les poils se cassent et libèrent ainsi leurs substances urticantes. Pour se débarrasser des démangeaisons, on peut se cracher dessus, on se faire cracher dessus aussi, car la salive permet de calmer cette sensation désagréable ou encore on peut utiliser des feuilles d’oseille. Il semble que l’ortie favorise la pousse à  ses côtés d’autres plantes comme la menthe ou l’oseille mais je n’arrive pour l’instant pas à  comprendre pourquoi.

  3. Qui était donc Donald Crowhurst ? Sacré personnage que celui-là , un peu à  l’image de Max, influence dans sa jeunesse par ce navigateur amateur. Ce passionné de navigation s’inscrit à  une course à  la voile en 1968 : le tour du monde à  la voile, sans escale, sans instrument de navigation, par les trois caps. Autant dire un suicide. Nombre des concurrents abandonnent en chemin. Pas Donald Crowhurst. Pourquoi ? Parce qu’il se rend compte qu’il ne parviendra jamais à  boucler le tour du monde. Au lieu de descendre dans les mers du sud, dont on connaît l’agitation, il se décide à  faire des tours dans l’eau dans l’Atlantique, en attendant de rentrer le plus tard possible, afin de perdre la course et revenir à  son relatif anonymat tout en ayant succombé à  sa trouille des tempêtes dantesques des quarantièmes rugissants. Pour tromper l’ennui, il s’invente un journal de bord, devient à  moitié fou en pensant à  la théorie de la relativité d’Einstein et tente de calculer la racine carrée de -1. Pas de chance, tous les autres concurrents ont abandonné et son navire est retrouvé par un cargo. Parti fou dans sa tête, Crowhurst se suicide, vraisemblablement en se jetant à  l’eau. http://www.youtube.com/watch?v=ePAfjxI4rws

  4. La poésie c’est joli. Et puis ces vers de Thomas Eliot, un poète Us naturalisé britannique, prix Nobel de Littérature en 1948 : « Le temps présent comme le passé / Sont peut-être présents au futur / Et le futur présent dans le passé / Si tout temps n’est qu’un éternel présent / Il s’ensuit que le temps n’admet pas la rédemption ».

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