Un pays a-t-il besoin d’un gouvernement ?

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  • 27 janvier 2011

La Belgique est sans gouvernement élu depuis plus de 220 jours. Cela n’est pas sans poser de problème aux Belges qui s’inquiètent des conséquences négatives pour leur pays notamment les risques de scission entre les régions de Wallonie et de Flandres et Bruxelles, la ville-capitale.

Des ministres expédient les affaires courantes mais l’absence de gouvernement ne semble pas poser de problème majeur au quotidien. Les services publics fonctionnent, aucune invasion de ce territoire ne semble à  l’ordre du jour, la police police, les hôpitaux soigent. La Belgique a même présidé l’Union européenne au dernier semestre 2010 sans trop de difficultés. La raison en tient au fait que les régions possèdent un pouvoir important dans ce pays fédéraliste. Cette situation pose également la question de la nécessité d’un gouvernement. L’interrogation pourrait faire sourire mais poussons-là  un peu plus loin en résumant ses avantages que cela aurait pour notre pays. scission-belgique

  1. Aucune dépense supplémentaire. En France, cela permettrait de sérieuses économies budgétaires et plus d’efficacité puisqu’il semble qu’aucune décision politique récente n’ait eu d’impact notable sur la situation socio-économique de notre pays. Pire, l’Etat français a dépensé l’an passé 150 milliards d’euros de plus que ce qu’il n’a engendré comme recettes se condamnant ainsi à  rembourser ses nouvelles dettes dans le futur sans justification de résultats probants.

  2. Fin des conflits d’intérêts. Puisqu’aucune décision jugée importante ne peut avoir lieu cela signifie qu’un grand train de nominations sont gelés. Dans notre pays, cela éviterait de voir nommés à  des postes intermédiaires des personnes qui reçoivent par ces postes un retour d’ascenseurs pour services rendus non pas au pays mais au pouvoir ou à  leur corporation.

  3. Une mobilisation de masse pour une conscience nationale. Dans les rues de Bruxelles, on manifeste contre l’inertie politique, conjurant les responsables de ce pays de trouver une solution. Les Belges manifestent, une partie d’entre eux du moins, pour leur pays, par ce qu’ils se rendent compte que l’absence est pire que l’absence. Peut-être manifestent-ils par patriotisme, par habitude, par réflexe, un pays doit disposer d’une autorité clairement affichée. En tout cas, ils ne restent pas indifférents. A l’instar de la révolution tunisienne, le bon sens semble venir de la rue alors que les élites défaillantes, mais peut-on encore leur attribuer cette posture, s’enferment dans un autisme politique troublant.

L’antagonisme belge n’a pas son équivalent en France. Il n’empêche que la crise qui secoue nos voisins pose question sur l’influence des décisions politiques dans nos vie quotidiennes. A force de trop promettre, de jouer les arguments du verbe contre ceux de la raison, les politiciens jouent un poker-menteur préjudiciable à  terme à  l’avenir d’une société, si celle-ci mérite encore ce nom. Si les êtres humains se sont rassemblés en sociétés c’est essentiellement pour être protégés, entretenir un Etat de Droit par des règles explicites de fonctionnement et de justice, envisager l’avenir avec sérénité, asseoir leurs libertés nouvelles, construire un avenir meilleur pour leur progéniture, démocratiser les progrès sociaux. Bref, pour que l’Etat soit un moyen et non pas une fin, au service de ses citoyens et non le contraire.

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Commentaires

  1. […] 2010-2011, la Belgique s’est retrouvée sans gouvernement plus de 200 jours. Ce fut le cas également pour l’Irlande en début d’année. Actuellement, l’Espagne […]

  2. […] publiques. Le mieux pour le gouvernement, l’actuel et les futurs, serait de se mettre en congé. On a vu en Belgique récemment que la vacance de pouvoir n’avait pas nuit au […]