La solidarité s’organise autour d’un marin abandonné

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  • 1 décembre 2010

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Article paru dans la Croix en octobre.

Depuis Claude Foko a récupéré une partie de son argent. Son départ pour le Cameroun est imminent. MAJ. Claude Foko, le mécanicien naval qui vivait dans des conditions précaires sur un bateau dans le port de Brest depuis 18 mois, devrait retrouver sa famille au Cameroun d’ici dix jours. Son employeur vient de lui verser 4.000 euros sur les 9.900 euros d’arriérés de salaire qu’il lui devait. Le fonds de solidarité de l’Association pour la Gestion des Institutions Sociales Maritimes (AGISM) débloque de son côté 1.500 euros et Claude Foko touchera 300 euros de plus dans le cadre de l’aide au retour. Grâce à  des dons de particuliers (notamment l’achat d’un tableau réalisé par le peintre Ramine), l’association Mor Glaz qui soutenait le marin dans son combat, devrait réaliser l’appoint.

A Brest, Claude Foko, un mécanicien naval camerounais, vit depuis 17 mois dans des conditions pénibles à  bord d’un navire de commerce sans être rémunéré. Dans son pays, sa famille subit durement les conséquences de sa situation.

Au port de Brest, la coque de l’Ebba Victor rouille à  quai depuis trois ans et demi en raison d’un problème mécanique qui l’empêche de prendre la mer. A son bord, un seul occupant : Claude Foko, un mécanicien camerounais. Il devait rester trois mois le temps de réparer le moteur, le voilà  présent depuis le 25 mai 2009.

Depuis son arrivée au port de Brest, le marin africain n’a reçu que trois mois de paie et accuse des arriérés de salaire de 9.900 euros. Sans cet argent, il ne peut retourner dans son pays et sa famille en paie le prix. Ainsi, faute de pouvoir s’acheter les médicaments qui lui étaient nécessaires, son épouse a subi une fausse-couche. Ell

e était enceinte de jumeaux. «  Cela me rend triste de penser que je n’ai pas pu soutenir ma famille dans cette épreuve. De plus, mes cinq autres enfants ne vont plus à  l’école car je ne peux pas payer leurs frais de scolarité », regrette Claude Foko, 54 ans, qui vit péniblement sur un navire dangereux et infesté de rats.

Le propriétaire du navire lui octroie 140 euros par mois par mandat postal pour acheter de la nourriture. Insuffisant. Claude Foko survit grâce à  la solidarité des gens du port de Brest. Des retraités qui viennent pêcher à  partir des quais le ravitaillent en nourriture, des chefs d’entreprises portuaires l’alimentent en fioul afin qu’il puisse se chauffer pendant l’hiver. Au Cameroun, l’expulsion de sa famille du logement qu’elle occupe a été stoppée in extremis par un don de 400 euros de l’association de protection de l’environnement maritime, Mor Glas. « Nous ne connaissons la présence de Claude Foko que depuis trois semaines. Désormais, nous nous activons pour que ses droits soient reconnus. Nous demandons que le fonds de solidari

té pour les marins en difficulté soit activé pour lui venir en aide », tonne Jean-Paul Hellequin qui affirme que cette situation n’est en rien exceptionnelle. A Saint-Malo aujourd’hui, à  Marseille par le passé, des marins abandonnés subissent la désinvolture des propriétaires de navires poubelles. «  Ce qui est d’autant plus révoltant est que l’armateur continue à  payer les droits de quais, plus de 25.000 euros depuis le départ, pour que son navire ne soit pas saisi. Ce tas de ferrailles lui importe plus que la santé d’un homme », se lamente Jean-Paul Hellequin.

Grâce aux bénévoles de Mor Glas, depuis hier soir, Claude Foko ne dort plus dans la couchette sommaire qui lui servait de lit. L’hôtel des gens de mer lui prête une chambre. Les autorités camerounaises sont désormais informées des conditions de vie de leur ressortissant, et sous la pression, médiatique et politique, le propriétaire du navire s’est rendu sur place il y a quinze jours, sans pour autant satisfaire aux demandes de son employé. «  Je me suis fait rouler. Je suis resté sur place par conscience professionnelle et parce que l’on me disait que pour que je sois payé il fallait que le bateau puisse rapporter de l’argent et donc qu’il arrive au Cameroun », témoigne Claude Foko, en mo

ntrant la décrépitude du navire. La montre qu’il porte à  son poignet indique toujours l’heure de son pays. Un pays où l’attend sa famille depuis plus de 500 jours.

Mikaà«l Cabon (à  Brest)

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Commentaires

  1. JP HELLEQUIN dit :

    Il est 17h36 je viens d’avoir Claude au téléphone il est entré cette nuit à  0H30 pour lui et les siens tout va bien !!!!!!!!!! Pour Valérie et ses enfants aussi
    Amitiés
    JPH……………