Cesim Brest. La simulation médicale apprend à  soigner en équipe

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  • 30 novembre 2010


Au sein de la faculté de médecine de Brest, des professionnels de la santé se forment aux techniques médicales et au management d’équipes de soins grâce à  des mannequins haute-fidélité.

«  La reproduction des gestes médicaux est indispensable afin d’acquérir l’habileté nécessaire », souligne Morgan Jaffrelot, directeur pédagogique du centre de simulation en santé (Cesim) du grand ouest, situé à  Brest. Ce médecin-urgentiste organise des sessions de formation sur simulateurs à  destination des professionnels de la santé. Les quatre mannequins haute-fidélité utilisés pour l’occasion réagissent tels des êtres humains: sueur sur le front, convulsions, pupilles qui se dilatent 400.000 euros ont été investis pour l’acquisition du matériel, grâce au soutien de l’UBO, de fonds européens et d’équipementiers médicaux.

«  A chaque session correspond un objectif pédagogique à  partir duquel nous établissons un scénario d’intervention. Nous programmons alors le mannequin en ce sens, pour un arrêt cardiaque par exemple ». Des caméras installées dans les salles de soins virtuels filment l’ensemble des opérations. L’immersion est totale « au final, ils ont vraiment envie de sauver ce bout de plastique », assure Morgan Jaffrelot. Ces images servent ensuite au débriefing après chacune des séances. A l’instar de ses collègues infirmiers du service des urgences de Brest, Anne-Laure Bonaventur, a suivi une formation au Cesim « L’analyse post-intervention insiste sur nos points ports et nos faiblesses individuelles et collectives. Ainsi, je me suis rendue compte de l’impératif de s’organiser en équipe durant les soins avec un leader qui coordonne ».

Si la médecine relève de la technique, réussir une perfusion, une ventilation, elle est aussi une science humaine qui suppose une excellente coordination entre des acteurs issus de cultures différentes. « La simulation permet de connaître l’organisation des autres participants, leurs modes opératoires, leur degré de savoir et de s’interroger sur ses propres pratiques dans la transmission des décisions », indique Delphine Saliou, interne en médecine. Dans le feu du quotidien, les soignants disposent de peu de temps pour cela.

Comme ces deux jeunes femmes, 260 personnes ont été formées depuis l’ouverture du centre, il y a six mois. A terme, l’ensemble des étudiants brestois en médecine, école de soins-infirmiers et de sages-femmes effectueront une formation au sein du Cesim. La simulation illustre tout l’intérêt de l’art du management médical, peu enseigné dans les facultés de médecine. Morgan Jaffrelot y met pourtant un bémol. «  Si la simulation représente une voie d’apprentissage prometteuse, rien ne remplace la première expérience sur le terrain et l’accompagnement d’un professionnel confirmé ».

Mikaà«l Cabon (à  Brest)

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