Et la politesse bordel !

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  • 30 octobre 2010

De mon côté vieille France, j’ai conservé un attrait continu pour Charles De Gaulle et pour la politesse. Si l’amour pour le premier semble bien conservé dans notre pays à  en juger par le nombre de livres qui lui sont consacrés et qui s’accumulent dans les rayonnages des librairies, pour le second, cela va de mal en pis.

Dans les magasins, mes «  bonjour » sonores restent sans échos, excepté ceux de la marchande, aux passages cloutés, bien trop souvent à  mon goût, les piétons feignent l’indifférence teinté de mépris face à  l’automobiliste qui les laisse passer, quant aux conducteurs automobiles arc-boutés sur leur volant, il faut leur forcer la main pour qu’enfin quelques uns, il suffit bien souvent d’une bonne âme, ralentissent et permettent à  la voiture que je conduis de rejoindre la file en quittant sa voie de garage. Il suffit. Y'en a qui méritent réellement qu'on leur laisse tomber la porte automatique du garage sur le capot.

retrouver ce média sur www.ina.fr

Bonjour Politesse

J’ai d’abord pensé à  créer un Grenelle de la politesse, mais force est de constater que le mot n’est plus vraiment à  la mode et qu’il ne débouche sur rien, si ce n’est, parfois, l’inverse de l’effet recherché. Puis à  une commission, constitué d’experts patentés de la question, mais le dernier rapport publié par la Commission Attali laisse à  penser que les pelles sont fournies avec le rapport sus-mentionné pour mieux l’enterrer. Alors, allons-y franco, dans l’intimité je m’appelle souvent Franco, c’est mon côté Caudillo, fondons un observatoire en temps irréel de la politesse dans cette bonne ville de Brest. Cet observatoire nous l’appellerons Barbara, car il pleuvait sur Brest ce jour-là , et nous lui affublerons le doux nom d’inventaire pour le qualifier, parce que Prévert. Donc l’inventaire de Barbara. Sous la forme d’une feuille GoogleSpreadSheets, je vais donc alimenter ce fichier pendant, disons un mois, afin d’observer le degré de politesse de mes concitoyens, et le mien par la même occasion. Le fichier est disponible à  partir d’ici. Et pour des histoires de politesse à  la caisse des magasins, vous pouvez lire le blog d’Anna Sam.

http://www.dailymotion.com/video/x61zg1_francois-l-embrouille-le-peage-fran_fun

A quoi ça sert ?

Le fichier Google : à  rien. Et c’est tout son intérêt. Comme la politesse d’ailleurs. Je m’avance même à  penser que c’est en partie ce qui nous différencie des autres animaux qui peuplent notre planète avec l’humour matinal, sauf sur France Inter, et la conscience de notre propre mort. A d’autres époques, la politesse se combinait avec la courtoisie, retenir la porte par exemple pour son successeur. L’automatisation a cassé, dans bien des cas, cette vertu. Le baise-main a perdu quelques doigts comme nous le prouve Dr House, et les chapeaux qui tressautaient au passage d’une personne de son réseau social ont disparu. Reste donc la politesse.

House

BAM

Bonjour, Au-revoir, Merci. Ou son très hurlant acronyme BAM. Cela aurait pu être BOUM pour Bonjour Ou Merci. La disparition programmée de la politesse, et celle de sa corrélation humaniste, la gentillesse, témoigne de l’anonymisation progressive de nos sociétés qui s’explique en partie par l’urbanisation et la perte de valeurs collectives partagées. A quoi bon être poli avec une personne dont on ne connaît ni le nom, ni l’adresse et qu’on ne reverra jamais ? A rien non plus. On pourrait même prétexter d’une perte de temps éhonté dans une société de plus en plus chronophage pour s’en débarrasser dans la poubelle de notre histoire. A tort. Il reste donc à  sauver la politesse d’une mort terrible. Elle vous en remercie.



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