Lectures, Kommandatur, tractur et autres impostures

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  • 22 septembre 2010

Dans un coin de mon bureau, une pile de bouquins attend que je les pétrisse à  nouveau de mes mains charnues. Les araignées leur tiennent compagnie dans l’attente du moment où ils seront à  nouveau l’objet de mon attention exclusive. Puisqu’il est vraisemblable que je ne puisse me mettre à  l’ouvrage, pouf, pouf, en rédigeant un commentaire de lecture détaillé ou non de ces livres, je vais les prendre quatre par quatre. La lecture de ce billet reste néanmoins autorisée aux moins de 18 ans.

La mise à  nu des époux Ransome. Alan Bennett. Les époux Ransome constituent l’archétype des anglais dans ce que l’on imagine l’intérieur anti-Ikéa par excellence. Un soir, leur appartement est cambriolé. Tout est volé ou presque. Ne reste que quelques vestiges de mauvais goût de l’ancien temps. Avec l’écriture alerte qu’on lui connaît, voir la Reine des lectrices, Alan Bennett parvient à  rendre le banal original, et passionnant ce flegmatique couple britannique. Chez Dialogues

L’affaire Seymour. Tim Lott. Avec Frankie Blue, Lames de fond, ou encore Les secrets amoureux d’un Dom Juan, Tim Lott m’avait habitué à  des livres tonitruants. On rentrait dans l’histoire comme une lame dans une motte de beurre Président. Avec l’affaire Seymour, Lott change de registre. Cela doit lui faire du bien. Les 100 premières pages sont plutôt lentes. Lott est engagé par Samantha Seymour pour rédiger un livre sur son mari qui vient de mourir dans d’atroces circonstances. Avant de mourir, le mari de Samantha avait décidé de filmer à  leur insu les membres de sa petite famille, poussée en cela par une américaine un peu barrée et manipulatrice. En toile de fond, l’histoire évoque le goût des britanniques pour la vidéo-surveillance, les partisans de cette technique diront vidéo-protection. Mais les apparences peuvent être trompeuses et les vidéos ne mentent pas. En tout cas, pas sans intervention humaine. Le rythme du bouquin va crescendo jusqu’à  la fin. Malheureusement il ne nous dit rien qui permette de trancher sur la nécessité de la vidéo dans le football moderne. Carton jaune à  Tim Lott, condamné à  relire le titre du même nom de Nick Hornby. Chez Dialogues

Poète et paysan. Jean-Louis Fournier. Avec la même couverture bleue foncée que son précédent livre, Jean-Louis Fournier repart sur les chemins de sa vie. Il y raconte comment l’amour a failli le transformer en paysan, lui le poète, le littéraire. Cela a, je crois inspiré l’auteur pour trouver le titre. Chapitres courts, écriture nerveuse, Fournier écrit comme on décachète une enveloppe parfumée, avec la vivacité de l’aigle et l’inspiration de l’albatros, la langueur du panda et le charme d’un félin. En tout cas, c’est de cette manière que j’ouvre les enveloppes, trop rares certes, sur lesquelles mon nom est écrit en lettres manuscrites, et où on ne m’appelle pas Madame comme le catalogue La Redoute s’obstine à  le faire depuis maintenant près de quinze ans, depuis ma commande, pour un cadeau à  ma mère. Enfin, je disais donc que c’était avec la décontraction de l’hippopotame, la foi de l’oie pas encore gavée, la tenue d’un Percheron, la ruse d’un chat et la fidélité d’un chien que j’ouvrais les lettres. Ce qui n’a donc plus rien à  avoir avec le sujet supposé. Donc, Jean-Louis écrit. Difficile pour ce livre de passer après, Où on va Papa ?, qui est peut-être le livre de ces derniers 500 jours en France. Ceux qui répondent Beigbeider sont condamnés à  être privés de cocaïne pendant un temps indéterminé, et passeront le bonjour à  Jean-Luc lors de leur cure. Ceux qui répondent Houellebecq devront désormais articuler quand ils parlent. Et les admirateurs secrets de Sollers ont le droit à  toutes mes condoléances. Chez Dialogues


Impostures sur papier glacé. Catherine Rambert. Je vais tenter de résumer ce livre en une seule phrase car je n’aime pas dire du mal des choses pendant longtemps. C’est bien une imposture mais elle est imprimée sur du papier ordinaire. Ordinaire, un mot qui résume bien l’ouvrage. Zut, j’ai fait trois phrases. Le positivisme ce n’est pas de la tarte. Au supermarché

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Commentaires

  1. […] vie à écrire sur les supporters de football britannique ne peut pas être entièrement mauvais. Nick Hornby est de ceux-là. Avec “Carton jaune”, il nous communique son amour du football en général et […]