« Quand vous lirez ce livre », de Sally Nicholls

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  • 10 septembre 2010

Sally Nicholls


«  Quand vous lirez ce livre », Sam sera mort. Il a onze ans et est atteint d’une leucémie. Pas très joyeux, me direz-vous effectivement. C’est l’angoisse de tout parent que de connaître la mort de l’un de ses enfants. Je ne sais pas comment on se relève de cette épreuve, en pensant à  ses autres enfants peut-être. Une angoisse que l’on devine à  demi-mots dans les propos de Sam. Le pari de Sally Nicholls est de faire parler de cet enfant qui va mourir à  la première personne évoquant son existence finissante à  travers quelques «  questions auxquelles on ne répond jamais » : Comment est-ce qu’on sait qu’on est mort ?, Après tout pourquoi on serait obligé de mourir…

Certes, les questions sont graves mais les textes qui les accompagnent n’invitent jamais à  la lacrimosité. Quand Sam écrit ce livre, il est vivant. Et quand on est vivant, on vit. Sans s’apitoyer sur son sort, en tentant de réaliser sa vie d’enfants, avec ses copains, ses parents, sa soeur, ses rêves aussi. Dont celui que tout cela n’en soit qu’un mauvais. Et le lecteur est là , et il tourne les pages, s’accrochant à  cette vie qui s’en va, sans le soupçonner, et c’est lui qui provoque la mort de Sam. Il faut donc s’arrêter à  la page 236. «  Ave morituri te salutant » et te remercie au passage d’avoir écourté une de ses nuits pour s’accrocher aux lignes de ce livre, à  ces pages et à  celles qui restent encore à  écrire

En vente chez Dialogues


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