L’élégance du maigrichon, de Pascal Fioretto

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  • 10 septembre 2010

Pendant longtemps, le pastiche a été un genre littéraire à  part entière. On se moquait en parodiant le style d’un écrivain. C’est d’ailleurs une profonde marque de reconnaissance de la part d’un pasticheur d’emprunter le style d’un écrivain pour le mettre au service d’une autre histoire. C’est ce que fait avec talent Pascal Fioretto. L’homme est déjà  coupable du livre «  Et si c’était niais », derrière lequel on retrouvera le titre de Marc Lévy, pardon Marc Levis®, «  Et si c’était vrai ? ». Il récidive avec ce livre qui reprend la même trame que le précédent : plusieurs auteurs au service d’une même histoire : Christian Pignol, Katherine Plancol, Patrick Modiamo, Muriel Burbery, Eric-Manuel Schmit, Guillaume Muzo…. C’est moins drôle que le précédent qui reposait sur une intrigue originale, des écrivains disparaissaient. Ici, on sent bien que l’histoire est plus qu’un prétexte à  l’humour, elle en est un accessoire. Ce qui n’empêche pas de grands moments de rires, tant la satire est saisissante de vérité par endroits. Et quelques trouvailles :«  D’autres m’évitent ou hochent la tête. Tous me reconnaissent. Comment savent-ils qui je suis alors que je l’ignore ? ». Ou encore la copie de la notice de montage d’une armoire dans «  Milliardium de Zig Larsen ». Hilarant. La consécration de Fiorrettoi viendra quand les auteurs pastichés pasticheront le pasticheur à  grands coups de Pastechou, cette brioche bretonne. En attendant, on lira le livre avec un certain plaisir et on continuera à  trouver Philippe Solers tout aussi usurpateur que son double réel.

Le pasticheur est à  la littérature ce que l’imitateur est à  l’humour, un ingrédient indispensable à  son identité.

En vente chez Dialogues.

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Commentaires

  1. marie dit :

    Je n’ai pas lu le premier mais je vais me jeter dessus. J’ai l’élégance du maigrichon qui m’a fait beaucoup rire. Sur Facebook il y a une page qui s’oppose à  ce livre. :-)))