La musique adoucit les moeurs et pas que de l’intérieur. La preuve en dix chansons dont le duo entre Casimir et Megan Fox

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  • 17 juillet 2010

 » La musique est un cri qui vient de l’intérieur ». Reconnaissons à  Bernard Lavilliers, la force de cette formule. La musique agit sur nos sens et active notre mémoire. A l’instar des fragrances des parfums des personnes aimées qui forcent à  se retourner vers celles qui à  leur tour les portent. Quand on pense aux comptines fredonnées par sa mère, sur le bord du lit, de Petrouchka à  Debout les gars, le regard s’embrume, mais ce n’est pas moi qui pleure, ce sont mes yeux.

Certaines chansons, et pas nécessairement les meilleures, invitent au souvenir, d’autres, par leur magnificence, supposent de créer ceux qui vont avec elles. Les goûts et les couleurs se discutent, c’est bien pour cela qu’ils existent d’ailleurs. Voici quelques uns des miens.

  1. History Repeating. La première fois que j’ai entendu cette chanson, j’ai détesté l’introduction mais apprécié la suite. Il faut dire qu’il n’y avait pas grande chose à  faire en ce temps-là . C’était la période du service militaire. Pendant les classes à  Querqueville, je lisais Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez et le devoir de mémoire, de Primo Levi. Histoire de me mettre dans l’ambiance. Avec ma coupe de Kiki, oui, oui le singe le plus apprécié des enfants, les cheveux coupés par celui qui me précédait dans la file menant au bureau d’habillement de cette belle ville de la Manche. Bref, dans la salle qui servait de laboratoire de langues, je dispensais outre quelques matières académiques, des cours d’anglais (of course, darling) en appuyant sur le bouton play d’une cassette vidéo qui diffusait alors des épisodes de Friends en version originale sous-titrée (vost). C’est dire qu’il y avait une télé, éteinte à  l’heure de la sieste comme il se doit. Mais cette salle avait une autre fonction, elle servait à  mon frère d’armes et moi-même de vestiaire. C’est ainsi que chaque matin, alors que nous enfilions nos uniformes bleu-marine, nous regardions M6 dont le robinet à  clips commençait aux aurores, ce qui m’a aussi permis d’apprécier Janet Jackson, ce qui est une autre histoire, interdite aux moins de 18 ans. http://www.youtube.com/watch?v=bE_1tCasi_Q&feature=related
  2. Siffler sur la colline. Pour moi, avec les chansons, il en va un peu de même qu’avec les relations humaines, cela m’intéresse mais je ne suis pas certain d’être très doué pour cela. Jusqu’à  que Joe Dassin entre à  nouveau dans ma vie. A nouveau car pendant de longues années, dans la voiture parentale qui nous menait à  Plouguerneau pour une visite dominicale à  la famille, nous écoutions sur l’auto-radio de la voiture de mon père, cette cassette blanche avec les titres imprimés dessus. Autant dire que nous l’avions acheté et que le retour sur investissement se devait d’être honorable. C’est peu de dire qu’il le fut. Avant qu’elle ne rende l’âme, et laisse la place à  une compil’ du délire avec Herbert Léonard, Pour le plaisir, et Michel Sardou, femmes des années 80, dessus. Quand à  l’occasion d’une soirée, je fus dans l’obligation de choisir une chanson, mon choix se porta sur celle-ci : Siffler sur la colline. Bon, je ne vais pas raconter des carabistouilles sur la philosophie de Joe Dassin, je l’ai déjà  fait ici et là . Mais j’aime bien, et puis c’est tout. Autant dire que j’attends avec impatience la diffusion mercredi prochain sur France 3 d’un documentaire sur la vie de Joe.
  3. Push it des Salt-N-Pepa. Avant d’être une reprise de série Glee, lire ici, mais décidément c’est dingue tout ce que j’écris, plus pêchue, moins lancinante, Push it a été une chanson d’un groupe de hip-hop des années 80, pardon, je veux dire des eighties. Leur look étudié, les coupes de cheveux des danseurs, tout fleure bon le temps où l’apparence n’avait pas d’importance. Frédéric Lopez me souffle dans l’oreillette que si, le look devait aussi «  déchirer sa race » à  l’époque. Mille excuses alors à  Salt-N-Pepa pour ce que je vais dire: Ce n’est pas parce que les sacs du supermarché sont moches que l’on arrête d’y faire ses courses. Et puis c’était vachement hot. http://www.youtube.com/watch?v=vCadcBR95oU*
  4. Like a prayer. Quand Madonna sort ce titre dans un temps fort, fort, fort lointain, vous aussi cela vous fait cela depuis que vous avez le dernier Shrek ?, elle est vouée aux gémonies de part et d’autre. Ce qui n’est pas pour lui déplaire. Son attitude de rebelle, réelle ou supposée, et le caractère pseudo-blasphématoire du clip créé du buzz, sûrement le premier but de la Madonne. Les chœurs sont splendides. Grâce à  elle, dans mon appartement de la rue Janvier à  Rennes, ce n’était plus l’hiver. http://www.youtube.com/watch?v=oMCbtyBdZZ4
  5. Billie Jean. Devant Thriller, j’ai bondi de peur. Je détestais ce clip. Les morts-vivants et tout le tintouin, cela m’impressionnait. J’ai toujours préféré les souris à  cheveux, ceux qui aiment Boris Vian comprendront (rien à  voir avec «  J’irai cracher sur vos tombes ») aux chauves-souris. A quelques rares exceptions près, j’ai ensuite toujours zappé les chansons de MJ. Exceptions qui comprennent: Maria, et des tubes des J5 et sûrement quelques autres enfouis. «  The kid is not my son », «  Cet enfant n’est pas le mien », le propos le plus triste qu’un père puisse entendre. Et puis une dernière pour la route vers Memphis : «  No wants to be defeated » dans Beat It. Un colloque sur les enfants surdoués se tenait à  Rennes récemment. Il s’intéressait notamment aux cas de Mozart et Jackson. Ce n’était peut-être pas simplement une coïncidence.http://www.youtube.com/watch?v=3PAJqgeeJf4

Interdit au moins de dix huit ans

La partie qui suit est interdite aux moins de dix huit ans. Parce qu’à  moins de 18 ans on pense qu’Amel Bent est « trop super », que Britney Spears a de superbes cheveux « un talent fou », et que l’on va aimer «  Tokyo Hôtel » jusqu’à  la « nuit des temps » pour ceux qui ont lu Barjavel ou la « fin de ses jours » De leurs jours ce serait mieux, ce sera plus rapide. Mon Amel Bent, c’était Vannelsa (contraction de Vanessa et Elsa), Briteye Spears répondait aux doux noms de Annie Cordy Samantha et Fox, vous verriez une photo que vous comprendriez pourquoi, et Depeche Mode mon Tokyo Hôtel. Vous me direz, avec mansuétude, «  il y a pire ». Oui, c’est vrai, j’en connais qui aiment toujours ces chanteurs.

Et surtout quand on est jeune, on pense qu’être vieux c’est nul, alors qu’en fait c’est hyper nul, que l’on a mal aux poumons quand on court trop longtemps, que les cheveux «  argentés » font fuir les autres quand on a encore les chances d’avoir des cheveux, merci ô créateur, je savais bien que cela valait le coup d’être gentil quand j’étais petit. Donc voilà  la diatribe est terminée, je ne serais pas un peu payé à  la ligne par hasard?, plus depuis que j’ai arrêté la coke, pouf, pouf. Voici le top 5 de ce vendredi 16 juillet. Demain ou hier, il n’aurait pas été le même, mais on s’en fiche car il n’y a que moi à  lire ces billets et à  cliquer 45.000 fois sur le lien de l’article pour faire croire qu’il y a des visites, c’est pour cela que j’ai mal au poignet. Qu’est-ce que vous alliez imaginer? En tout état de cause, pour ceux qui ne sont pas encore sourds à  rien faire que cliquer sur les liens pendant toute la journée, voici la superbe play-list de MC MC. Je sais c’est un peu naze comme surnom, mais on disait qu’on était dans les années 80.

6. Freedom. Sous la douche le matin, parfois je chante cette chanson. Je m’imagine revenant du champ de coton, le dos fourbu, les jambes confites, le visage crasseux, mais l’âme joyeuse, le regard fier et le visage altier. frottant de savon mon corps musculeux. Et je me remémore ce que disait Gandhi, «  d’abord ils vous ignorent, ensuite ils rient de vous, puis ils vous combattent, enfin vous gagnez ». Ou encore ce passage du poème préféré, de Nelson Mandela, écrit par William Henley : «  je suis le maître de mon destin , le capitaine de mon âme ». Et puis juste après, encore gagné par la félicité, devant la froideur de l’eau qui frappe mon épiderme, je me dis que j’aurais dû payer la facture d’électricité. «  Ne me secoue pas, car je suis plein de larmes » (Christophe Miossec).

7. Somewhere over the rainbow. «  We up high ». Il n’y a pas de trésor à  la descente de l’arc-en-ciel. Mais c’est est un d’écouter cette chanson pour la première fois. Alors, bien sûr, on eut se moquer de son apparence. Mais je ne le ferais pas. Car quand Israà«l, c’est son nom, vous tombe dessus, cela doit faire mal.

8. Carmina Burana. Parce que. http://www.youtube.com/watch?v=qjvqY-U9gV0

9. Ain’t got not. Et 10 aussi. Parce que c’est plus qu’une chanson mais un art de vivre. Leçon d’indépendance d’esprit et d’autonomie, vigilance de celle qui est issue «  d’un peuple qui a beaucoup souffert et ne veut plus souffrir » (Tonton David). Quand ma fille aînée aura terminé son projet de créer «  une machine à  remonter le temps, parce que ce serait quand même bien Papa », je lui demanderais de m’envoyer en Provence, à  la fin des années 90 pour rencontrer Nina Simone, la serrer dans mes bras et lui dire «  merci. J’aime beaucoup de ce que vous êtes ». http://www.youtube.com/watch?v=GUcXI2BIUOQ

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Commentaires

  1. Christelle dit :

    Merci merciÂ à  Nina Simone!! Quelle émotion!