Pourquoi l’optimisme est une bénédiction

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  • 15 juillet 2010

Hier au soir, alors que la nuit assombrissante autour de moi assombrissait et ne faisait rien que s’obscurcir, bien calé sous la couette, la lumière tamisée et les paris sportifs aussi, je pénétrais dans le monde de l’optimisme. Laurence Shorter est anglais et a écrit Le secret de l’optimiste, pour montrer toutes les raisons de croire que le pire n’est pas certain. Son livre narre son parcours à  travers le monde, et surtout l’Angleterre, ce qui pour beaucoup de britanniques nostalgiques se résume à  la même chose, à  tenter de convaincre les optimistes de ce monde de témoigner des raisons de leur «  croyances positives ». C’est peut-être finalement la clé du bonheur.

Cette quête, Laurence Shorter la conte avec entrain et un brin d’auto-dérision propre aux britanniques et qui les rend à  mes yeux éminemment sympathiques, et ce malgré Mers-El-Kébir. L’auteur rencontre un psychologue américain qui considère qu’il faut appliquer à  soi-même et quotidiennement les principes d’un nouveau positivisme moderne. Ce scientifique, Martin Selingman, considère comme vraie l’équation suivante: satisfaction de vie = émotion positive + Engagement + Sens. Pour Selingman, les pensées pessimistes, même si elles sont vraies, ne sont pas très utiles. Et de prendre l’exemple d’une personne qui se sent grosse. Ecoute bien, Vanessa. Elle l’est peut-être aux yeux de certains, dit Selingman, mais à  d’autres, elle paraîtra normale et séduisante. Le seul fait de se trouver grosse, poursuit-il l’empêchera de sortir et de faire des rencontres.

Pourquoi sommes-nous pessimistes?

A l’endroit où je suis arrivé de ma lecture, Shorter, dont le livre fait tout de même 400 pages, réfléchit à  un cadre théorique à  sa quête de l’optimisme. Pour cela, il recherche les causes de ses sentiments positifs et négatifs. Là  encore, il trouve un élément de réponse avec le très pertinent Selingman. Au Pléistocène, un temps fort fort fort lointain, avec plein d’ogres verts itou, le fait d’anticiper les événements négatifs, type se faire manger par un tigre aux dents de sable, ou par un mammouth en furie, est plutôt un avantage. Cela permet de survivre plus longtemps dans un environnement hostile. De fait, notre cerveau prévoit plus facilement le pire que le meilleur, et engendre donc plus facilement des pensées négatives. Jusqu’à  la prochaine livraison d’anti-dépresseurs.

Les pessimistes seraient alors des personnes qui pensent «  l’échec sur un mode très négatif », les remettant en cause personnellement et totalement. Pour combattre cela, Martin Selingman incite les personnes à  s’exercer aux trois bénédictions pendant une semaine.

Qu’est-ce que c’est? Encore une secte? Non, il y en a assez avec la petite centaine recensée dans notre pays. (J’en profite au passage pour rappeler à  l’Ordre Monastique d’Avallon qu’il me doit toujours un paquet d’argent suite aux trois procès pour diffamation qu’ils m’ont intenté, et qu’ils ont perdu, ainsi qu’à  Renaud Marhic, suite à  une enquête journalistique sur la thématique des sectes dans le Finistère). Les trois bénédictions consistent à  noter, le soir avant de s’endormir, ou de prendre ses somnifères, comme de nombreux français, trois choses qui se sont bien passées pour vous dans la journée car «  la gratitude est l’une des voies les plus efficaces du bonheur ».

Super. Alors, hier on était le 14 juillet, commémoration de la fête de la Fédération, qui comme l’écrivait Victor Hugo est « une fête universelle. Le 14 juillet, c’est la chute de toutes les Bastille, la fin de tous les esclavages, la fête de toutes les nations ». Je griffonne.

Bénédiction 1. J’ai écouté la Blanche Hermine de Gilles Servat. Pour moi, c’est l’hymne de la Bretagne. Cela me donne autant la chair de poule que la Marseillaise (dans la quelle on peut remplacer fils par fille que l’on vient égorger). Une poussée d’ocytocines assurément. Dans les deux chansons, dont j’ai conscience qu’elles sont, par les paroles en tout cas, opposées, il me semble qu’il y a du sens, celle de se défendre pour sa liberté et de celle de ceux que l’on aime car «  Qui cherche dans la liberté autre chose qu’elle-même est fait pour servir », écrivait Tocqueville.

Pendant que j’écoutais ses chansons, je nettoyais la cuisine. Ce qui a donné ce dessin de la part de ma fille cadette. On sent dans les expressions du visage, une profonde fougue à  manier l’éponge et le torchon, présents dans les mains mais aussi une décontraction naturelle dans l’exercice de ces fonctions. Si on plisse les yeux, et que l’on retient sa respiration 34 minutes, on croit apercevoir le Christ en croix.

homme de menage

Bénédiction 2. Le fabuleux destin d’Amélie Poulain m’a autant ému et réjoui que la première fois que je l’ai regardé, il y a dix ans de cela. Une femme qui distribue le bonheur avec autant de célérité, cela rend optimiste. Mes deux filles ont bien aimé aussi. C’est toujours cela que Disney Channel n’aura pas.

Bénédiction 3. Scène d’avant coucher. Dans le dressing, une dizaine de cravates agonisent sur un portique dédié. On dirait les pendus de Villon. Je ne sais pas faire les nœuds de cravate. Pardon, je ne savais pas faire les nœuds de cravate. Les cravates autour du cou, avec les filles on a bien dû essayer une dizaine de minutes à  réinventer le nœud. On en a bien inventé un: le Domenech, cela serre bien le cou mais ne coulisse pas, on appellerait cela une corde qu’un suicidé ne nous démentirait pas.

mikael-cabon.com maillot EDF

Bref, pour apprendre il faut aller à  la source. Heureusement, il y a une application pour çà . Sauf qu’elle n’est pas dynamique et on ne comprend rien. Direction la vidéo. Voici celle qui nous aura permis d’apprendre, définitivement à  faire, un nœud simple.

Alors hier, certes Megan Fox n’était pas cachée ni derrière les rideaux ni dans le kouing amann, alors que pourtant depuis qu’elle a décidé de ne pas tourner dans les Transformers MDCLVVI (ce qui fait , en convertissant le romain en arabe, 1666), elle devrait avoir plus de temps, je pense qu’il y a eu un problème avec la Poste. Un renard qui voit le loup, cela pouvait être sympa pourtant. Je n’ai pas non plus gagné quatre millions d’euros au loto ou misé sur les pronostics de Paulo le Poulpe, Johnny Le Canari et Babar le rhinocéros (là  vous vous dites que Babar c’est l’éléphant, un peu de créativité que diable, les rhinocéros ont aussi le droit d’appeler leurs enfants Babar). Le soleil n’est pas venu tanner ma peau. Et pourtant, sans Megan, sans argent et sans soleil, j’ai vécu trois petits-bonheurs, et pour une journée de 24 heures, c’est très satisfaisant. Merci l’optimisme.

Et ci-après, la vidéo la plus optimiste que je connaisse.

On peut acheter le livre de Laurence Shorter, version poche, 6,60 euros, sur le site de la librairie Dialogues.

Cadeau bonus. Dans le livre de Shorter, on trouve une citation de Gandhi. Ce mec était quand même un génie. La voici:«  D’abord, ils vous ignorent, ensuite ils rient de vous, puis ils vous combattent, enfin, vous gagnez ». Ou la leçon de la persévérance.

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Commentaires

  1. […] en terre inconnueTweets that mention Pourquoi l’optimisme est une bénédiction — Topsy.com dans Pourquoi l’optimisme est une bénédictionChristelle dans La musique adoucit les mÅ“urs et pas que de l’intérieur. La preuve en dix […]

  2. […] This post was mentioned on Twitter by Lobby and PH C.. PH C. said: @Arminiz « une clef du bonheur » – il faut le dire.. RT @Lobbycratie: Pourquoi l’optimisme est une bénédiction http://t.co/CFyxmH1 via @MCABON […]

  3. Eric dit :

    Effectivement, la gratitude est l’une des voies les plus efficaces du bonheur; cela me parait plein de bon sens.
    Je n’ai pas lu le livre mais je crois qu’on ne choisit pas d’être optimiste ou pessimiste. De nature on est l’un ou l’autre. Et on peut essayer de se corriger, ça c’est certain!
    Et la pratique de la gratitude me semble une bonne voie.