Comment être heureux ? Le kamasutra du bonheur

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  • 10 juillet 2010

«  Fuir le bonheur avant qu’il ne se sauve » (Gainsbourg), «  Je n’ai pas peur du bonheur car il n’existe pas » (Berry). Le bonheur sied aux mélancoliques comme le rocher aux berniques, irrémédiablement rattaché à  l’être. Mais voilà  si la tristesse est un état d’esprit, et comme chacun sait l’état c’est l’émoi, alors dans l’arc-en-ciel des émotions surgit son inverse, son contraire, son pas pareil, son cousin qui a réussi en Amérique, j’ai nommé le bonheur. Souvent on entend dire «  oui, mais, euh, le bonheur, euh, qu’est-ce que c’est, eux, le bonheur ». Et bien c’est une excellente question qui mérite une réponse appropriée. Il n’y a pas une seule réponse à  la problématique énoncée en trois points dans cette interrogation conbsubstantielle, il y en a 68 et sans utilisation de médicaments psychotrepes qui créent l’illusion d’un bonheur sur ordonnance. Cela fait beaucoup diront les uns, c’est énorme, diront les autres, merci à  eux. Et promesse tenue. Mais là  où la chance vous sourit c’est que ces 68 positions du bonheur, ce kamasutra de la joie, le voici, sous vos yeux ébaubis et vos applaudissements. Aucun animal n’a été tué durant la composition de cette liste.

  1. Manger du chocolat. Noir essentiellement, avec un bon indice de cacao, parce que sinon on dirait que c’est quelqu’un d’autre qui fait. Le chocolat booste la sécrétion de sérotonine, l’hormone du bonheur. D’ailleurs on dit souvent qu’un chat ronronne quand il est content, c’est une fausse idée. Le chat sérotonine et donc il est content. De rien.
  2. Refiler le travail à  son voisin de bureau. Comme l’affirme Corinne Maier, dans son livre «  Bonjour paresse », tirer au flanc est salvateur. Pour ceux qui ne peuvent travailler chez EDF, comme le faisait Corinne Maier alors qu’elle écrivait le livre sus-cité, il reste toujours la Poste, surtout rive droite à  Brest.
  3. Passer un coup de fil. Simple mais efficace. Si possible à  quelqu’un que l’on n’a pas vu depuis longtemps mais que l’on aime bien. On appelle pour lui demander comment il va (en évitant quelqu’un à  qui on doit de l’argent). Là  il répond qu’il ne se rappelle pas de vous. Vous prétextez le mauvais numéro et vous excusez. Maintenant vous connaissez la signification de «  J’ai failli être heureux ».
  4. Manger du poisson. (Demander au chat car s’il ronronne c’est que )
  5. Regarder un match de votre sport préféré, cela peut être le football, ou bien le soccer ou encore le foot. Si possible avec des gens qui supporte la même équipe que vous. Sinon, cela peut mal finir. Regarder son équipe favorite jouer engendre une sécrétion d’ocytocine, l’hormone du patriotisme. Et comme on le dit sur la planète Pandora « Allez les bleus ».
  6. Regarder les nuages et saisir en leur sein la métaphore qu’ils engendrent sans le savoir. (NB: Le cunnilingus n’est pas un nuage)
  7. Profiter des petits riens du quotidien. Exemple: vous avez une vitre cassée, vous remerciez les gens de leur honnêteté et vous nettoyez les dégâts car vous êtes Bon.
  8. Relativiser les souffrances au jour le jour. Cela aurait pu être pire. Exemple: Vous auriez pu avoir deux vitres cassées. Et là , du coup, cela n’aurait pas été pareil.
  9. Devenir Jean-Jacques Servan Schreiber, le créateur de Psychologie Magazine, le plus gros carton de la presse magazine de ces dernières années en France, plein d’éditions à  l’étranger itou. Car JJSS a trouvé la formule magique pour nous vendre du bonheur à  chaque numéro avec son grand sourire sur la photo qui accompagne l’édito. Une réussite un peu suspecte puisque depuis quinze ans il promet le bonheur à  la une de son journal. Si cela fonctionnait, plus personne n’aurait besoin de lire son mensuel.
  10. Donner un sens à  sa vie. Comme battre Gérard à  Honkey Donkey Kong ou bien faire 3 milliards à  Tetris. Avoir bien avancé sur le jeu de sudoku qu'on trimballe depuis des lustres dans son sac. Quelque chose qui permet chaque soir d’attendre avec impatience le lendemain.
  11. Se contraindre. Car «  Toute loi que l’on s’impose à  soi-même est liberté », disait Jean-Jacques Rousseau.
  12. Faire des piques-niques maritimes et nocturnes avec des amis de temps en temps. Juste pour manger et échanger quelques mots et chambrer les parisiens qui sont sur le périf’.
  13. Délaisser et proscrire les dévoreurs d’énergies. Toutes ces personnes qui se repaissent de votre enthousiasme en espérant que votre présence leur permettra, égoïstement, d’aller mieux. Un, cela ne marche pas pour eux. Deux, c’est épuisant pour vous. Alors, adieu Martine, qui quand elle vous appelle pour vous dire bonjour, on a l’impression qu’elle va mourir.
  14. Prendre soin de son prochain. C’est un peu la parabole du bon samaritain. Samaritain est un étranger. Alors que nombre de notables sont passés devant un pauvre hère dans la rue sans rien apporter, ou si peu, Samaritain donne une partie de son manteau. Ah, non, ça c’est Martin. Bon, ben alors c’est la parabole du bon samartin.
  15. Crier mais pas trop fort. Comme le pensait le père de ma voisine, «  Après avoir crié, on a l’impression que ce que l’on avait dedans est sorti dehors ». Cela fonctionne aussi avec le vomis, mais c’est plus difficile à  nettoyer.
  16. Lire et relire «  Où-va-ton Papa? », de Jean-Louis Fournier. Ce compère de Pierre Desproges (voir Position du bonheur numéro 24) a écrit un livre sur ces deux enfants au cerveau de paille, comprendre handicapés. C’est drôle et pourtant à  aucun moment on imagine que ce père manque de respect ou d’amour pour ces deux fils. C’est aussi comme cela la vie, parfois on doit faire avec ce que l’on a surtout le dimanche soir quand le frigo est presque vide et que les supermarchés sont fermés. (Je dis frigo mais en fait en position 49 vous allez voir qu’il ne faut pas)
  17. Relire les 16 premières positions deux fois en tournant la langue dans le sens contraire de l’eau qui tourne dans les toilettes quand on tire la chasse en Australie. Non, je plaisante. Mais vous auriez vu votre tête.
  18. Se mettre à  la place des autres de temps en temps. Cela s’appelle l’empathie. Non, ce chauffard qui vous a injurié n’est pas un sombre imbécile qui met la sono trop forte dans sa Ford Fiesta décapotable, c’est un jeune qui vous a témoigné de son attention en vous invitant d’un doigt à  venir le défier au tournoi d’échecs de son quartier.
  19. Ne pas avoir de préjugés. Ca c’est difficile. Au point précédent, je parlais d’un jeune motorisé, le doigt en l’air pour savoir d’où vient le vent. Et j’évoquais son quartier. D’aucuns y verront un signe de condescendance mal venu. Bon, prenons le dictionnaire: Quartier. Nom masculin. La quatrième partie de certains objets. Donc, je ne vois pas le mal. Et puis parfois, le jeune en question peut se prénommer Jean et se balader en scooter.
  20. En quantités modérées de l’alcool tu boiras
  21. Mais si tu peux, tu t’en abstiendras.
  22. Ecouter de la musique que l’on aime. Car «  elle vient de là , elle vient du blues ».
  23. Compléter la liste par le premier petit bonheur qui vous vient à  l’esprit
  24. De temps à  autre, quand vous vous sentez devenir austère et politiquement correct, relire ou réécouter Pierre Desproges. «  On peut rire de tout mais pas avec tout le monde ».
  25. Faire des gribouillages sur une feuille de dessin. Cela déstresse, détend et multiplie les capacités d’imagination. Quand je vois quelqu’un qui fait des gribouillages en cours, je le félicite.
  26. Se faire une toile, si possible un film comique, en s’enfonçant bien dans le fauteuil. Veiller à  ne connaître personne dans la salle, et rire à  gorge déployée dès que vous trouvez une situation drôle.
  27. Cela fonctionne aussi si vous connaissez des gens dans la salle. Mais vous allez peut-être perdre des amis.
  28. Ne pas maudire sa propre solitude. Tout le monde meurt seul. Et la solitude c’est de l’amour que l’on épargne pour plus tard. Pas tout à  fait vrai, mais cela fait toujours du bien de le penser
  29. Evitez les pensées noires. Rayez la position 28. (Si possible Béa, la prochaine fois, ne le fais pas sur l’écran)
  30. Faire des mots croisés. Parce que quelqu’un qui fait des mots croisés, il devient cruciverbiste, et déjà  là  c’est le respect qui revient, la fierté qui s’illumine et le ciel qui flamboie.
  31. Eviter de dire du mal et d’injurier les WTFe??!!!!dsasazzzaaéé autres. Cela fait inutilement du mal, augmente la tension artérielle. Préférer penser aux manières pour tuer son chien.
  32. Surtout ne pas mettre en pratique la position 31, je voulais écrire chuer son tien, ce qui ne veut rien dire mais vient de vous faire gagner trois ans de détention en quartier disciplinaire. Je vous en prie.
  33. Se laver au moins une fois par semaine. L’hygiène c’est important. Pour les dents, utiliser une brosse à  dents.
  34. Aimer
  35. Marie
  36. Rmaie
  37. Arime
  38. Et l’on peut continuer ainsi longtemps, car il y a 120 anagrammes pour ce verbe de l’amour. Wow, «  How ˜re you doing? ».
  39. Ne pas toujours douter de ce que l’on vous dit. Il y a bien 120 anagrammes pour le mot aimer (5*4*3*2*1)
  40. Cesser d’avoir peur car «  la peur tue l’esprit » (Maître Yoda).
  41. Rire. C’est possible en lisant ceci « Aujourd’hui, le mec si beau et si intelligent sur lequel j’ai flashé depuis peu m’a envoyé le texto suivant : « Coucou, tu pourrais me passer ton numéro de portable, please ? » Bon. Il reste toujours beau, quoi. VDM »
  42. Ou bien ceci, tiré de Blague de Geek « A quoi sert Internet Explorer ? – A télécharger Mozilla Firefox. »
  43. Il y a aussi Jean-Marie Bigeard car il en faut pour tous les goûts.
  44. Rire encore, car c’est meilleur qu’un steack. Cette vidéo est imparable.
  45. Jouer de l’air guitar en y croyant vraiment. Les amateurs de flûte traversière peuvent aussi essayer, mais c’est un peu moins visuel.
  46. Méditer en position du lotus. Rien de porno rassurez-vous à  moins que vos pensées ne soient impures. Méditer c’est se vider l’esprit des difficultés et autres aspérités du quotidien, de tout ce que l’on ne maîtrise pas pour se concentrer sur son soi intérieur, par exemple le gars qui change les vitres arrières des voitures et qui ne rappelle pas. Ouais. Autrement, essayer la position du lotus, on met une jambe sous l’autre et réciproquement et vice et versa, et recto et verso, et Bonnie and Clyde, et noir et blanc, et allumette et patatouf, n’importe quoi.
  47. Militer dans un parti politique. La mauvaise blague. Cela ne peut apporter que des désillusions. On y perd soit son âme, soit son temps. Parfois, on y gagne des amitiés, généralement, cela finit en eau de boudin.
  48. Saisir les occasions de s’amuser sainement. Exemple. Vous aimez bien le cinéma. Vous aimez bien être dehors. Et bien vous pouvez aller voir le cinéma dehors. Au volant de votre Corvette 3,8 litres décapotable vous vous installez en plein milieu du parc d’éole dans le quartier de Saint-Pierre et vous attendez la tombée de la nuit. Au loin le bruit du torrent, et le cri des babouins qui rient;), laisse place à  une conteuse à  la voix envoûtante. La nuit est tombée et personne ne l’a rattrapée. La séance commence. Il est 23 heures. Les enfants, les yeux émerveillés mais aussi rougis par la fumée des cigarettes des gens de devant. Et puis il est une heure du matin, et vous rentrez chez vous à  pied le cœur léger dans la chaleur de la nuit. Les enfants, les couvertures sur les épaules, songent.
  49. Ecouter un morceau que l’on aime bien en essayant de le chanter n’importe comment même, et peut-être surtout en anglais. Cela s’appelle le
  50. Utiliser les mots à  bon escient. Ainsi, on ne dit pas frigo mais réfrigérateur, on ne dit pas Nutella si ce n’est pas du Nutella, d’ailleurs si on est au régime, on ne dit même rien du tout. Choisir ses mots, cela permet de dire ce que l’on ressent avec exactitude. Exemple. Il est bon de ne pas dire à  quelqu’un «  Je kiffe ta tête de poubelle » et préférer «  J’aime le couvercle de ta poubelle ». C’était la minute Maître Capello.
  51. S’accepter comme on est. Je sais, c’est parfois difficile, n’est-ce pas Marjorie? Sauf à  recourir à  la chirurgie esthétique, on est obligé de faire avec. Cela fonctionne aussi avec le caractère.
  52. «  Je t’aime, j’en boirais des tonneaux ». Non, petit homme, relis la position vin.
  53. Cesser de penser que l’on va tous mourir. «  Quoi? Hein? On va tous mourir!!!!!!!! »
  54. Le soir lors du coucher des enfants, alors qu’ils ont sombré dans le royaume des rêves, redresser leurs couvertures, regarder leurs visages détendus, se dire que l’on a de la chance et que finalement payer ses impôts, ce n’est pas si grave que cela.
  55. Là  où on est c’est bien aussi. Parfois, la fuite apparaît comme la seule issue possible. C’est certainement vrai quand on est confronté à  un lion en rage, la bave aux lèvres, dans la savane. Cela l’est moins dans la vie de tous les jours. Généralement, toutes les situations ont leurs solutions. Parfois désagréables, mais c’est une solution tout de même. Par exemple, vivre en Suisse est très agréable, ainsi à  Genève on se croirait dans une France qui a réussi, si vous aimez faire les grands magasins de luxe, payer moins d’impôts et profiter des biens des juifs spoliés. Sinon, si vous avez une morale et le goût de l’effort, la France c’est pas mal non plus.
  56. Ne pas prétendre à  la perfection. Tendre vers des objectifs puissants, élevés, nobles et divers ne doit pas faire perdre de vue que généralement ce n’est pas l’arrivée qui compte mais le cheminement.
  57. De temps à  autre, ne plus lire les journaux, ce qui suppose de le faire le reste du temps, pour ne pas déprimer devant cet assaut harassant et permanent de mauvaises nouvelles.
  58. Faire sien cette maxime «  Le passé n’est qu’un préambule », et surtout «  L’avenir appartient à  ceux qui aiment le chocolat ». Et ouais.
  59. Etre libre. «  Qui cherche dans la liberté autre chose qu’elle-même est fait pour servir ». La phrase d’Alexis de Tocqueville, fin observateur de la vie politique, notamment américaine du 18ème siècle, résonne à  l’oreille non pas comme un commandement mais tel un avertissement.
  60. Faire du sport. La sécrétion d’endorphine, lors d’un effort moyen mais soutenu, genre plus de 30 minutes de vélo, renforce les défenses immunitaires, diminue l’impuissance, élève la confiance en soi, restreint les risques de cancer du sein et protège la couche d’ozone. Incroyable. C'est le moment d'aller faire un tour sur le Puma Store pour choisir vos nouvelles baskets.
  61. Assertivité, je chéris ton nom. Le principe de l’assertivité est le suivant: affirmer ses idées, ses pensées tout en restant très cordial. Un peu comme ces enfants qui sourient, en refusant de manger leur soupe ou leur purée, et qui dans un grand éclat de rires vous renvoie le tout à  la figure, en prononçant avec solennité et calme «  Nan ».
  62. Regarder la coccinelle sur son doigt, compter les points noirs. Et se dire que c’est encore sympa à  (indiquez votre âge) ans de croire que cela représente le nombre d’années de vie de l’animal.
  63. Se rappeler «  qu’il en faut peu pour être heureux ».
  64. Et que l’on aurait pu naître sous la forme d’un Spidercochon.
  65. Le matin, lire «  l’actu en patates », de Martin Vidberg.
  66. Le midi, Mry
  67. Le soir, VDM
  68. Le soir s’endormir en refaisant le bilan de ce que l’on a fait de bien dans la journée, et ne jamais se coucher fâché.
  69. Et puisque ce kamasutra se termine (c’est dingue que rien que le mot fasse venir autant de monde), anticiper les retournements de situation.
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Commentaires

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