Une brève histoire du tracteur en Ukraine, de Marina Lewycka

  • 0
  • 18 juin 2010

tracteur2

Chère Marina,

Je regrette de ne pas avoir rencontré votre nom plutôt. Samedi dernier, j’étais à  un tournoi de Scrabble des noms propres. Et oui, chacun ses loisirs. En mot compte triple, et avec les sept lettres qui forment un scrabble, vous valez 152 points. 152 points, c’est le nombre de points qui me manquaient pour gagner le tournoi et gagner un napperon brodé avec mon nom dessus. J’aurais rajouté le vôtre dessus. Le titre de votre roman est étonnant «  une brève histoire du tracteur en Ukraine ». Et de fait, on apprend des choses sur l’importance du tracteur dans une économie moderne. Sans tracteur pas d’agriculture performante. Sans agriculture performante, et donc moins gourmande en main d’œuvre, pas d’exode rural, pas d’industrie, pas de services, pas de Facebook et de Twitter. Deux heures de lecture gagnées chaque jour. Pour votre prochain livre peut-être.

Et si l’on parle de tracteur dans votre livre, c’est que l’un des personnages central, Nikolaï Mayevska, gros score au scrabble aussi, écrit un traité sur l’histoire du tracteur dans son pays natal. Lui, vit en Angleterre, mais éprouve une certaine nostalgie en repensant à  sa vie d’avant.

Mais là  n’est pas l’intrigue, et je vous soupçonne, le KGB me renseignera, d’avoir pris pour prétexte cette histoire du tracteur comme fil conducteur du bouquin rien que pour le titre qui attire l’attention sur les linéaires des librairies. En anglais, votre langue d’écriture, c’est le même titre, mais en anglais of course.

tracteur

Nikolaï est octogénaire mais a les hormones qui le démangent. Il veut se marier avec un stéréotype, une ukrainienne, forte poitrine, yeux bleus, grande, gourmande, il aurait été au bordel, cela lui aurait coûté moins cher. Mais voilà  Nikolaï est un sentimental. Il l’aime, elle dit l’aimer. Ils se marient. Patatras. Voilà  que l’histoire ne déroule pas aussi bien que prévue. Les filles de Nikolaï s’en mêlent pour sauver leur père. Elles y parviendront. On sent quelques langueurs monotones des sanglots longs de l’automne au cours de votre livre, Marina. Mais sans que l’on soit dans un thriller comme Savemore, dont je vous parlerais bientôt, qui s’avale comme un litre d’eau dans le désert, il y a une histoire, sérieuse, jamais vraiment drôle, mais honnête. C’est bien là  ce que l’on peut exiger d’un livre. C’est ce que vous nous donnez. Bravo. Neuf points.

En vente chez Dialogues

Partager