Je vis une vie dangereuse

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  • 9 mai 2010

Je ne le savais pas mais je vis une vie dangereuse. Récemment j’ai écris une note sur ce blog qui m’a valu une flopée d’injures notamment ici. Dont certaines recommandaient ma mise à  mort, non imagée. L’un de ces commentaires, retiré depuis par les modérateurs, demandait si «  Mikaà«l Cabon » était mon pseudo. Autant ôter le suspense tout de suite: non. Si j’avais choisi un pseudo cela aurait été «  Brad Pitt 29 » ou bien «  Matt Damon29200 », ou bien même, poussons le jeu plus loin encore «  Romain D. de Brest », histoire de créer l’illusion, ou peut-être, un soir de fête, «  Demis Roussos de Mesnos ». Et cet internaute courageux, derrière son pseudonyme anglo-saxon m’invitait, entre autres amabilités, à  ne pas le croiser sinon je mangerais «  les pissenlits par la racine ». Ce qui n’est gentil ni pour les pissenlits ni pour les racines. Je lui ai envoyé mon adresse avec un plan pour y parvenir. Je suis pour l’heure sans nouvelles de lui.

http://www.youtube.com/watch?v=P1B0qZqvWVI

Menaces de mort

Cette menace à  peine voilée m’a refait penser à  toutes les menaces de mort que j’ai entendu dans ma courte existence d’adulte. Il y en a une demi-douzaine sans compter celles émanant des bouches encombrées de Malabar® dans la cour de récréation. Quand on est petit, la mort ne dure qu’une seconde et demie car on se relève après ou bien quand la cloche sonne. Outre celle que je viens de commenter au début de ce texte, je me souviens assez précisément de deux d’entre elles. La première remonte à  15 ans. C’était à  la fac. Et un étudiant m’incitait à  faire à  être d’accord avec lui sinon il allait «  venir me tuer avec son cousin ». Comme il se promenait parfois avec une arme, on pouvait prendre son propos avec sérieux. Je viens de me pincer, au passage cela peut faire mal, ce qui me laisse à  penser qu’il n’a pas mis sa menace à  exécution. L’autre, c’était il y a un an et demi environ. Un membre de mon ex-belle famille s’était mis en tête de m’impressionner en me vouant aux gémonies et au passage en me précisant qu’il pouvait me passer de vie à  trépas. Jusqu’à  preuve du contraire, ce ninja d’opérette ne s’est pas engagé non plus dans son opération d’éradication du mal. Mais j’avoue ne pas rester placide devant de telles bêtises. Ma tension monte à  16-8, je sens la violence monter en moi, et cela me dérange.

Le défenseur acharné de la peine de mort que je suis le devient encore plus, jusqu’à  plonger dans la radicalité, quand c’est ma propre existence que l’on condamne. Je n’ai certes pas l’habitude de faire l’unanimité, voire même beaucoup moins quand il s’agit d’électionsJ, mais tout de même. Faut-il aimer autant l’obscurité pour se priver d’un tel soleil. (1)

Souvent ces menaces ou injures émergent quand cette personne n’est pas en accord avec mon propos. Pour prendre un peu de hauteur (2) j’y vois le signe profond d’un mal rampant de notre société qui voit dans l’injure la conclusion du débat alors qu’elle n’en est que la négation, entre absence de confiance dans l’autre et abus de l’anonymat.

Absence de confiance dans l’autre et ses propos. Aujourd’hui je reçois un mail d’Armorr, avec deux r parce que son auteur aime bien les fautes d’orthographes. On échange sur ce blog puis par mail. Cet anonyme me soutient que je n’ai pas cherché à  joindre la Poste pendant le conflit qui dure depuis trois semaines à  Brest, en passe de résolution semble-t-il. Et de m’informer qu’il a consulté les registres d’appel de la Poste au 3631. Sur la forme, je ne suis pas certain qu’une telle consultation soit tout à  fait légale. Sur le fond, je la conteste, ayant téléphoné deux fois au 36 34, le numéro dédié aux entreprises, et deux fois également au centre de distribution du colis de la rive droite. Ce que ma prochaine facture téléphonique attestera. Après je me suis arrêté de peur d’être dénoncé à  l’HP de Bohars pour harcèlement téléphonique. Alors, on suppose l’absence de sincérité de l’autre ce qui le fait tomber du côté du mensonge, et évite ainsi de débattre sur l’essentiel pour préférer le superficiel.

Abus de l’anonymat. Il y a deux ans de cela, en l’espace d’une semaine, je reçois une quarantaine de coup de fils anonymes à  toute heure du jour et de la nuit, mais surtout de la nuit. Un homme vocifère des propos injurieux m’accusant «  d’avoir trahi la France en 1940 ». Rappelons que je n’avais pas à  l’époque des faits 70 ans, ni aujourd’hui non plus. Il me reproche aussi d’être coupable de l’assassinat d’un homme sur le chantier du multiplexe de Brest. Là  non plus je n’y suis pour rien, même s’il m’arrive d’aller dans ce cinéma, les assassins ne reviennent pas toujours sur le lieu de leur crime surtout quand c’est un accident. Bref, l’homme envoie des cartes postales d’insulte, des lettres avec des photos, et appelle et rappelle encore. Cela commence à  perturber mes enfants qui entendent le téléphone sonner pendant la nuit, parfois cela les réveille. L’homme ne s’est jamais présenté au téléphone. C’est difficile d’assumer son forfait. Forfait qui devait être bien épais puisque je n’étais pas le seul à  recevoir des coups de fil. Deux autres personnes, qui avaient participé à  notre aventure électorale aux élections municipales, recevaient également des appels intempestifs. L’anonyme n’avait pas caché son numéro de téléphone lors de ses appels. Le retrouver a donc été un jeu d’enfant. Et c’est avec grand courage que ce vieil homme, que je n’avais jamais rencontré de ma vie, n’a pas répondu quand je suis venu tambouriner à  sa porte, puis discuter avec ses voisins. C’est une fois que je reprenais ma voiture, qu’il a ouvert sa fenêtre pour reprendre sa litanie protégé par trois étages. Cette visite impromptue avait eu au moins le mérite de faire cesser ses appels, à  moins que cela ne soit sa facture téléphonique.

Une fois reconnu donc, l’anonyme adopte un autre comportement. Cela marche dans l’autre sens également. Ainsi, une étude sur le viol montre que 51% des hommes répond, qu’en situation d’anonymat, ils violeraient s’ils étaient certains de ne pas être pris.

Génocide des pommes de terre

Cela ne reste qu’une étude mais cela montre que le contrôle social par l’identification est essentiel pour l’équilibre de la société. L’anonymat numérique serait ici non pas l’usage d’un pseudo mais l’impossibilité de remonter jusqu’au propriétaire de ce pseudo. Si je reprends l’exemple de mon commentateur Armorr. Grâce à  son adresse IP, je sais qu’il habite Rennes, rien à  voir avec la rive droite et son conflit postal donc. Trouver son adresse physique est facile. Il n’est donc pas aussi anonyme qu’il cherche à  le laisser croire.

Ces expériences m’invitent à  penser que parfois on s’attire moins d’ennuis à  rester devant sa télé regarder le grand prix de F1, sauf à  faire l’objet d’un assaut de paquets de chips protestant contre le génocide des pommes de terre, qu’à  défendre des opinions, aussi ordinaires soient-elles. Je ne sais même pas si l’on peut choisir l’une ou l’autre de ces activités. Par l’éducation, la culture, les rencontres, les circonstances et le tempérament, on verse d’un côté ou de l’autre. Je ne sais plus si c’est Napoléon ou Sarkozy, quelqu’un avec des talonnettes en tout cas, qui disait que le destin c’est la rencontre entre une ambition, des circonstances et un caractère. C’est la définition de la destinée qui me semble la plus juste.

  1. J’aime beaucoup cette phrase.
  2. Nota. Je suis bien conscient qu’il y a pire dans le monde : les 500 millions d’indiens qui n’ont pas accès à  des sanitaires, les 5.000 enfants africains qui meurent chaque jour de maladies liées à  l’eau, ces femmes violentées par milliers, ces hommes esclaves de la cupidité des autres…http://www.youtube.com/watch?v=KnUgJc3o8MA&feature=related
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Commentaires

  1. DemonBlack dit :

    En effet beaucoup d’injures pour cette article..
    Je suis pour ma part partisan total des grève quand elles ont une bonne raison, et en général c’est le cas, même si on ne s’en doute pas.
    Je connais des personnes bossant à  la poste, et je dois dire que les raisons de faire grève ne manquent pas.
    Maintenant je comprends aussi votre frustration par rapport à  ce courrier non remis, mais de là  à  dire tout ce que vous avez dit..
    Malgré cela je n’arrive pas à  comprendre que pour un simple article de ce genre, certains puissent en arriver à  écrire des menaces de mort.
    La prochaine fois, en quant que journaliste, approfondissez un peu vos recherches, une simple recherche sous google aurait pu vous apprendre tout ce que vous avez l’air d’ignorer sur la question.
    .-= ´s last blog ..Sécurisation de l’adresse IP ou Anonymat sur internet =-.

  2. clariond dit :

    Que d’injures à  votre égard pour votre commentaire à  propos de la poste !
    La liberté d’expression existe tout de même !
    Je comprends votre désarroi de ne pas recevoir votre courrier (heureusement que vous n’attendez pas une date d’oral pour un concours 😉 ).
    ps: je préfère Romain D. de Brest. 😉