Prise d’otages à  la Poste du Ponant

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  • 27 avril 2010

La distribution du courrier sur la rive droite de Brest est interrompue depuis dix jours désormais en raison d’une grève des facteurs. Ceux-ci, à  l’appel de leurs syndicats, ne distribuent plus le courrier aux habitants. L’objet de leur courroux porte sur la suppression de tournées et l’élargissement de celles qui restent. La raison en tient en une évolution technologique, le classement des courriers par ordre des numéros dans la rue qui, selon la direction, améliore la productivité et donc permettrait aux facteurs de distribuer plus de courrier dans le même temps.

Si je ne connais pas les raisons intrinsèques de ce conflit postal, force est de constater que dans cette situation les usagers sont pris en otage par l’archaïsme des relations sociales dans cette entreprise publique où la grève tient lieu de dialogue social.

Cela poste la question de la continuité de service public et de l’information aux usagers. On savait la Poste dépassée par les événements sur son propre marché, mais on touche ici à  une situation ubuesque.

– Quasi-impossible d’avoir des informations sur le conflit et la sortie de crise. Quand on interroge les agents du service postal, ils avouent ne pas savoir où en est le conflit qui met aux prises leurs collègues avec la direction. En téléphonant au service téléphonique de relations avec les consommateurs, même réponse.

– Dans les autres quartiers de Brest, l’évolution technologique n’a pas eu pour conséquence un conflit aussi long voire pas de conflit du tout.

– Le courrier en instance est quelque part mais personne ne peut dire où et comment faire pour le récupérer. Puisque ce courrier est la propriété de celui qui l’envoie et partiellement de celui qui va le recevoir, ne pas le distribuer constitue un acte de recel. Jusqu’à  preuve de contraire, c’est illégal.

– A l’heure où ont été expédiées les déclarations d’impôts, adressées des factures, des règlements pour les entreprises, des journaux (j’en ai une vingtaine au moins non distribuées), l’impact peut-être grand pour les entreprises comme pour les particuliers sans que personne ne se préoccupe de ces conséquences pour la santé des entreprises et l’information des usagers.

En 1998, Gérard Larcher, actuel président du Sénat, publiait un rapport sur la Poste intitulé « La Poste, opérateur public de service public face à  l’évolution technique et à  la transformation du paysage postal européen ». Il y évoquait le rapport quasi-affectif de la population avec le service postal. On peut penser que le rapport n’est pas parvenu à  ses destinataires qui usent de leur monopole avec un talent et une emprise toute soviétique. Un problème de distribution des rapports parlementaires peut-être?

Quant à  moi, devant ma boîte aux lettres vides, affamée de recevoir son tribut, j’ai décidé de faire la grève des calendriers du facteur. Chaque année, je lui échangeais un billet contre une photo d’un autre temps de deux chiots, deux chats, un éléphant, trois chevaux, rayez la mention inutile, dans un panier pour lui montrer que je l’aimais bien et par attachement à  la tradition. Tradition qui voulait aussi, qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il fasse soleil, que je reçoive mon courrier six jours par semaine. Cette année, je lui enverrai une carte. Avec un peu de chance, il la recevra pour Pâques.

calendrier

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Commentaires

  1. mcabon dit :

    Bonjour Lassant
    « La poste vit une déflation de courrier incroyable ». Et ?
    Je ne crois pas que le conflit en cours sur la rive droite, depuis près de trois semaines, soit en rapport avec les 30.000 licenciements aux USA. Il est surtout lié à  un dialogue social inefficace. Quand une grève dure trois semaines, elle n’est bonne pour personne.
    Si vous connaissiez « mon beau bureau », vous sauriez que j’ai contacté la Poste à  plusieurs reprises et que le problème est justement là  : personne n’est en capacité de dire quoi que ce soit sur cette histoire, ou sur la manière de récupérer son courrier.
    Et pour conclure, je ne suis plus militant politique depuis près de deux ans, et que même quand je l’étais, j’avais pour habitude de dire ce que je pensais, quitte à  déplaire, tout en respectant les individus en tant que tels. Il existe un droit de grève, que je respecte, pas un devoir de grève.
    PS : L’idéal est tout de même quand on commente sur internet de mentionner sa véritable identité. Pour le débat démocratique, cela me semble indispensable.

  2. lassant dit :

    bonjour
     
    ce qui est lassant chez vous …c’est que de votre beau bureau ,votre reflexion ne vous pousse pas a prendre votr etelephone et a contacter la poste , ses dirigeants , responsables locaux et tou et tout .
     
    or comprendre que l aposte vit une deflation de courrier incroyable ( aux USA 30 000 licenciement a laposte en cemoment ) en Hollande quasi disparition et c..
    mais quelpolitique etes vous pour ne pas chercher a comprendre et continuer a reflechir avec des shemas vieux de 10 20 30 50 ans ( rayer la mention inutile )
     
    un vote de perdu