Vieillissement de la population : quelles solidarités intergénérationnelles ?

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  • 27 mars 2010

pagées

Le sujet du vieillissement de la population revient fréquemment dans les sujets donnés lors des concours d’entrée dans les instituts de soins infirmiers, à  l’écrit comme à  l’oral. C’était encore le cas à  Nantes et Saint-Nazaire cette année avec un texte soumis à  la discussion des candidats et tiré du site Senioractu. C’est normal étant donné l’ampleur de la question au niveau économique, culturel et sanitaire. De plus, toutes les solutions n’ont pas encore été mises en place et une grande part d’entre elles restent encore à  inventer puisque cette situation, certes prévisible grâce à  la démographie, est une première dans l’histoire de l’humanité.

Sur cette question, on lira avec attention le dossier consacré à  cette question, Place aux jeunes, place aux vieux, publié par le quotidien La Croix et en accès libre sur son site.

Sur ce site vous trouverez également d’autres textes sur la question du vieillissement.

La maltraitance des personnes âgées

Pourquoi et comment permettre une vie sexuelle épanouie aux personnes âgées ?

Comment, par des moyens concrets, lutter contre la maladie d’Alzheimer ?

Le suicide des seniors est-il une solution au problème des retraites ?

Sexygènaire and the city

Pourquoi ne pas rester jeune ? (humour)

Ces petites choses (critique de livre)

La petite fille de Monsieur Linh (critique de livre)

Prévention et vieillissement

Q1. Définir les 3 idées principales du texte.

Pas de difficultés particulières, on retrouve les principales idées dans les intertitres du texte.

Q2. Expliquez et argumentez la phrase qui suit : « Ces changements démographiques ont des implications majeures sur notre prospérité, sur les conditions de vie et sur les relations entre les générations ».

50 ans après le baby-boom constaté aux lendemains de la deuxième guerre mondiale, l’Europe est confrontée au vieillissement sans précédent de sa population. Ainsi, l’espérance de vie actuelle d’un français est de 77 ans contre 84 ans pour les femmes. Un français âgé de 60 ans aujourd’hui dispose d’une espérance de vie supérieure à  20 années. Ce vieillissement de la population entraîne des conséquences importantes sur notre régime de sécurité sociale, en particulier sur deux de ses branches, la branche maladie et la branche vieillesse. La première est touchée de plein fouet par l’augmentation des frais médicaux liées aux maladies du grand âge et la prise en charge des patients: ostéoporose, alzheimer, dégénérescence maculaire liée à  l’âge (DMLA), troubles sensoriels, problèmes de la dépendance au sens large Concernant le régime de retraites, son déficit va subir une explosion: il atteint déjà  dix milliards d’euros cette année. Cela suppose des ajustements économiques, sur la durée des cotisations, l’âge de la retraite et le montant des cotisations qui vont l’objet de discussions entre les partenaires sociaux et l’Etat.

De plus, le vieillissement de la population a pour caractéristique un déséquilibre entre les catégories de la population. Du fait de l’espérance de vie qui augmente et d’une stagnation, voire dans certains pays, comme l’Allemagne, une diminution, des naissances, la proportion de la population jeune régresse. Cela entraîne des conséquences sur les capacités d’innovation de nos économies. En effet, si la créativité n’est pas l’apanage de la jeunesse, et si le vieillissement suppose des réponses associées à  des technologies modernes, elle est tout de même l’une de ses caractéristiques premières. Ceci, tout comme la question de la répartition des pouvoirs et des patrimoines économiques et financiers, peut avoir pour conséquence un clivage voire un hiatus profond entre les générations.

Au moment de leur retraite, un grand nombre de personnes âgées changent de lieu d’habitation pour rejoindre des régions qui leur tiennent à  cœur, en particulier sur le littoral pour passer leurs vieux jours, ou bien en ville. Cela suppose pour les agglomérations urbaines un certain nombre de d’adaptations, du fait de l’arrivée massive de cette population massive, auxquelles elles n’étaient pas forcément préparées: transport urbain, services de proximité, services à  domicile, établissements de soins Ces évolutions récentes vont se prolonger pendant au moins deux décennies avant de ralentir tout en conservant leur caractère immuable par la suite à  défaut de taux de natalité en hausse et/ou d’un recours massif à  l’immigration qui posent un grand nombre de questions, notamment en matière d’intégration à  nos sociétés de ces populations nouvelles. Le livre vert lancé par la Commission européenne vise à  ouvrir les échanges et les débats sur les questions posées par le vieillissement de notre population. Si du fait de son fort taux de natalité, légèrement supérieur à  deux enfants par femme féconde et un solde migratoire positif, notre pays est moins touché par cette tendance, il ne fera pas l’économie de ce débat, l’un des plus majeurs de notre temps, pour lequel un grand nombre de propositions d’actions reste encore à  inventer et à  découvrir.

Q3. Pensez vous que l’augmentation de la population de nos anciens s’accompagne par un affaiblissement de la solidarité à  leur égard?

(On peut aussi penser le contraire de ce que j’avance ici. Il faudrait alors inverser l’ordre des deux parties du sujet)

Le risque est grand de considérer le vieillissement de la population de nombreux pays à  travers le monde en général, les pays occidentaux mais aussi en Chine, et en France en particulier, comme un handicap à  la prospérité de nos nations. Dans une société qui privilégie de manière croissante, à  bien des égards, les valeurs de la jeunesse, comme la vitalité, la beauté par le culte de l’apparence, les personnes âgées peuvent apparaître comme un handicap à  l’atteinte de ce but. Dès lors, considérées comme ayant peu de valeurs, les personnes âgées peuvent subir un affaiblissement de notre solidarité à  leur égard.

On le constate avec:

– La maltraitance physique et psychologique liées à  des problèmes de violences ou de négligences

– Les difficultés financières dont une partie d’entre elles souffre en raison de minimas sociaux insuffisants, le minimum vieillesse est ainsi de 708,96 euros par mois au 1er avril 2010. Se développe alors un phénomène de paupérisation d’une partie non négligeable des personnes âgées

– Le taux d’emploi des seniors, très faible dans notre pays, qui témoigne de cette dépréciation de l’expérience sur le marché du travail

– L’échec de la journée de solidarité, le lundi de pentecôte travaillé, qui a fait long feu, alors même qu’elle devait permettre le financement de l’amélioration des conditions d’accueil des personnes âgées dans les maisons de retraite suite à  la canicule de 2003 et de ses 15.000 morts, souvent des personnes âgées et notamment dans les établissements d’accueil, dans une indifférence quasi-générale

– Les tensions perceptibles sur la question des retraites et de la dette publique entre les jeunes générations qui peuvent estimer, à  juste titre, être les laissées pour compte de l’inertie d’action des générations plus âgées qui contrôlent le pouvoir et l’argent

– La solitude et l’exclusion sociale dont sont parfois victimes les personnes âgées

Néanmoins force est de constater que, malgré tout, le sentiment de devoir moral à  l’attention des personnes âgées existe dans notre pays. Cette solidarité intervient dans les deux sens, des jeunes générations vers les plus âgées ainsi que l’inverse. Nous évoquerons notamment le premier point.

Dans le cadre familial, qui est le premier cercle de solidarité malgré les recompositions que subit la cellule familiale, cette solidarité est vivace: par le respect des plus âgés, par leur écoute, l’attention qui leur est accordée, le statut qui leur est conférée, on peut ici parler de patriarche dans certaines familles qui vont fédérer leurs descendants, par l’amour naturel que portent les petits-enfants à  l’égard de leurs grands-parents.

A un niveau plus global, les français restent attachés à  un système de retraite par répartition, où les générations actives paient les retraites des générations plus anciennes, plus qu’au système de capitalisation où chacun cotise pour soi-même. De nombreuses initiatives ont également vu le jour ces dernières années pour renforcer cette solidarité intergénérationnelle, nécessaire pour l’équilibre de la société et le vivre ensemble. Ainsi, dans certaines villes, des crèches partagent certains espaces avec des maisons de retraite afin de partager des moments en commun, précieux à  la fois pour les enfants comme pour les personnes âgées; des associations promeuvent les échanges via les opérations de grands-parents d’adoption où des personnes âgées, retraitées pour la plupart, s’engagent à  encadrer des jeunes pour leur donner des conseils, s’occuper d’eux, et partager leur expérience; des actions de solidarité active, la location d’une pièce dans une maison à  un étudiant par exemple ou le droit d’utiliser de temps à  autre la voiture d’une personne âgée contre de menus services, comme faire des courses, se développent. Au niveau de l’Etat, un important plan de modernisation des maisons de retraite et la construction de nouveaux établissements de soins réservés aux malades d’Alzheimer, 800.000 personnes atteintes en France, maladie en fort développement et qui touche principalement des personnes âgées, a été mis en place, financé par les impôts de tous.

En montrant sa solidarité à  l’égard des catégories de population qui en ont besoin, les personnes âgées ici, mais aussi les pauvres ou bien les personnes handicapées, les exclus en général, notre société montre qu’elle ne souhaite abandonner personne sur le bord du chemin. Cela tient à  la fois du devoir moral propre à  l’humanité mais également d’un intérêt bien compris par les populations qui savent que le vieillissement est inéluctable et que chacun, quelque soit le stade de sa vie actuel, est appelé à  vieillir, ou en tant cas le souhaite. Toutefois, il reste encore beaucoup à  faire tellement les enjeux financiers, culturels, sociaux, économiques, sociologiques sont importants et bousculent beaucoup de nos certitudes et une grande part du modèle de société qui était le nôtre jusqu’à  présent face à  cette situation inédite d’une kyrielle de têtes grises que nos sociétés vivent pour la première fois grâce aux progrès médicaux, de la nutrition et la fin des catastrophes sanitaires majeures qu’ont été les grandes épidémies ou bien les guerres.

En savoir plus.

Un document du comité national d’éthique sur la question du vieillissement

L’adaptation de l’habitat

Un rapport du conseil économique et social sur l’impact de l’allongement de la durée de vie

La place des nouvelles technologies dans les pratiques gériatriques

Un rapport pour promouvoir les solidarités entre générations

Cadeau bonus. Les personnes âgées à  Groland

http://www.youtube.com/watch?v=8ZrlIJjkZTo

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Commentaires

  1. Jennifer dit :

    Bonjour,
    Je suis en train de préparer mes concours infirmiers, votre site est très intéressant, merci pour les corrections qui m’aident beaucoup.
    J’aimerais savoir si il faut parler de la réforme des retraites dans la branche vieillesse, je pense que oui ?
    merci d’avance de votre réponse.

  2. mcabon dit :

    Bonjour Corine.
    Merci. Ce ne sont que des éléments de correction qui permettent l’inspiration, ne vous inquiétez donc pas trop pour la syntaxe.
    Par ailleurs, je veux bien le sujet de Flers par e-mail si vous l’avez : mcabon @ gmail.com
    Bonne fin de journée
    MC

  3. Dezalais dit :

    Bonjour
    Merci pour vos corrections.Lorsque je vous lis je retrouve des idées que j’ai inscrit sur ma copie.Mais au niveau syntaxe je suis très loin derrière.J’espére que le niveau du concours ne soit pas le vôtre.Si cela est le cas je suis éliminé d’office.
    Je vous envoi le sujet de Flers si cela vous interresse.
    Merci encore pour le temps que vous consacré aux corrections.