La diversité dans les équipes de soins est-elle une bonne chose ?

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  • 14 mars 2010

Voici une proposition de réponse au sujet IFSI donné à  Auch et à  Toulouse sur l’embauche des femmes. Je ne donner des propositions que pour les deux dernières questions. La première demandant à  faire le résumé du texte, ce qui n’est en soi pas difficile avec une bonne lecture de l’article tiré du journal Le Monde. Il y a sûrement beaucoup d’autres choses à  dire, je ne suis pas infirmier, cela ne gagne pas assez :), donc n’hésitez pas à  faire part de vos remarques en commentaires.

Question 2. «  La diversité améliore la prise de décision, la créativité, l’adaptabilité, entre autres, rappelle M. Ferrary ». Commentez.

Les avantages à  la diversité dans les équipes de travail rappelés par Michel Ferrary sont éloquents. Il s’agit ici d’arguments propres à  la qualité du management, qui se définit par l’animation des équipes et leurs capacités à  innover. De plus, selon cette étude les résultats économiques sont du même ordre. La rentabilité ainsi que la productivité mais également le recrutement sont plus importants dans des entreprises où la mixité est un état d’esprit et pas une simple position de communication. Ces résultats plaident pour une plus grande diversité dans les entreprises où hommes et femmes devraient pouvoir recevoir des promotions, et les salaires inhérents, en fonction de leurs compétences plutôt qu’en fonction de leur genre. La discrimination qui touche la population féminine, un écart de salaires de l’ordre 24% est constaté par différentes études, est trois fois fautives: au sens de la loi qui impose l’égalité des traitements, au niveau de la morale puisque rien ne justifie cet écart si ce n’est un machisme ambiant installé depuis des décennies, et enfin un non-sens économique pour des entreprises dont la quête du profit est un élément de leur génétique. Malgré ces avantages, rendus concrets par cette étude et très parlant au sens statistique, il reste que la présence des femmes dans les entreprises reste contenue aux barreaux les plus bas de l’échelle sociale du fait de formations parfois inadaptées au monde du travail, malgré de meilleurs résultats au bac d'une dizaine de points par rapport aux garçons par exemple. La quasi-absence de modèle de réussite fortement médiatisée pèse durablement, moins de deux chefs d’entreprise sur 10 sont des femmes. Les mentalités évoluent néanmoins et certaines professions, telles les professions médicales ou judiciaires, se féminisent massivement. On voit désormais apparaître chaque année, plusieurs prix Nobel femmes, telle Françoise Barré-Sinoussi en médecine l’année passée. Elles montrent un chemin, encore semé d’embûches, mais plus dégagé qu’autrefois, aux jeunes femmes d’aujourd’hui.

http://www.youtube.com/watch?v=NJ_RFnsQiCo

Mais les difficultés de la mixité en entreprise, entre hommes et femmes, n’est pas la seule discrimination qui touche nos entreprises, et plus largement les employeurs, puisque les administrations sont également concernées. En effet, plusieurs enquêtes de la haute autorité de lutte contre les discriminations montrent que l’âge, l’origine ethnique ainsi que le handicap ou l’apparence physique constituent des freins potentiels pour l’embauche ou pour la promotion dans les lieux d’emplois. Et ce malgré les multiples lois qui luttent contre ces discriminations. C’est aux esprits qu’il faut désormais s’adresser dès l’éducation des plus jeunes de nos compatriotes pour que chacun intègre que les différences sont une chance commune qu’il nous faut cultiver plutôt qu’un obstacle qu’il conviendrait d’éviter.

Question 3. Les équipes soignantes sont majoritairement féminines. Est-ce que la parité ne serait pas bénéfique?

Près de 9 infirmiers sur 10 sont des infirmières. Des raisons historiques, économiques et culturelles expliquent cet état de faits. Lors des conflits armés, les femmes restées à  l’arrière du front contribuaient ainsi à  l’effort de guerre sans être combattantes. C’est ce que montre le film historique Pearl Harbour, où les héroïnes sont des infirmières et les héros des aviateurs.

Des salaires inférieurs expliquent aussi ce phénomène.«  Chargé de famille », comme le dit l’expression consacrée, les hommes se sont orientés depuis longtemps vers les professions les plus rémunératrices, ce que n’est pas la profession d’infirmière.

De plus, il est coutume, même si cette posture est de l’ordre du préjugé, de considérer que les femmes disposent de qualités d’écoute, d’attention, d’empathie qui seraient supérieures à  celles des hommes. Comme l’accès des femmes aux professions médicales dites prestigieuses, comme la chirurgie, a pendant longtemps souffert d’un interdit culturel, celles-ci se sont orientées vers des postes subalternes, selon une hiérarchisation sociale des professions qui a encore cours aujourd’hui.

Comme le démontre l’étude de Michel Ferrary, la mixité semble très bénéfique pour les organisations concernées. Elle entraîne l’échange, la stimulation. Cela serait-il cas pour la profession infirmière? Vraisemblablement. D’ailleurs, le nombre d’hommes souhaitant embrasser cette profession majeure du monde du soin, augmente avec le temps. De là  à  parler de parité, il y a un fossé qui reste à  franchir. Serait-il possible de décréter cette parité d’ailleurs? Cela supposerait de recruter des hommes plutôt que des femmes sur le seul critère de leur genre? N’est-ce pas même contraire aux principes qui régissent notre pays par sa constitution où il est indiqué que «  tous les hommes naissent libres et égaux en droits ». De plus, cela pose, dans l’immédiat, la question du recrutement puisque aujourd’hui la profession peine parfois à  recruter. La présence plus importante dans les équipes de soins est à  encourager afin d’apporter des regards nouveaux, permettre à  la profession d’infirmière de se décloisonner.

L’émission documentaire diffusée sur la chaîne publique France 3, les femmes en blanc, témoignent des difficultés d’être une femme dans le milieu du soin. Notamment pour les jeunes femmes qui doivent concilier, pour beaucoup, leur vie de famille, leur maternité avec un travail prenant et demandant beaucoup d’énergie. Dans cette série réaliste on voit des femmes infirmières, aides-soignantes, chirurgiennes dans la diversité de leur quotidien avec tout leur enthousiasme et aussi, parfois leurs doutes. Une même série, dont le nom pourrait être, par analogie, les hommes en blanc, en montrant les hommes dans la diversité de tous les métiers du soin pourrait aussi générer des vocations et désexualiser la profession d’infirmière. De même, les séries télévisées hospitalières, Dr House où une femme dirige l’hôpital, Urgences, Scrubs, dont on connaît l’impact sur les téléspectateurs tant elles sont regardées, franchissent de plus en plus souvent le cap des stéréotypes. Et si au lieu de considérer que les femmes viennent de Vénus et les hommes de mars, pour paraphraser le titre d’un livre à  succès, on ne commençait pas par dire que nous venons tous de la même planète.

Cadeau bonus « sexiste », je dis ça mais le patient ne doit pas être des plus malheureux

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Commentaires

  1. m0-oh dit :

    Merci beaucoup pour ce corriger, Avez d’autres corrigés ?
     
    Voici quelques sujets de Culture G que j’ai pu passer:
    Marmande : Les violences scolaires
    Villeneuve sur lot : Le tutorat, perspective pour les personnes agées ?
    Auch:( c’est fait)
    Bordeaux Pellegrin/Arnozan : La prise en charge des personnes agées
    Bordeaux (Florence Nightingale-bagatelle) : L’activité des ONG
    Orthez : Qu’est ce que la justice ?
    Libourne : La maltraitance des personnes agées
    Tarbes : La cigarette peut être considéré comme un anxiolytique sans ordonnance
    1. Identifiez la problématique évoquée dans cet entretien
    2. En vous appuyant sur les éléments de ce texte, expliquez 2 raisons qui influent sur la réception des messages préventifs.
    3; Que pensez vous de la hausse du prix du tabac sur la consommation des fumeurs ? (15 lignes maxi )
    source: La santé de l’ Homme n° 403 sept-oct 2009
    Bayonne:  Travailler peut-il rendre heureux ?
    1. Problématique et idées principales
    2. Analysez sur quoi repose le bonheur au travail
    3. Au moment d’orienter votre avenir, analysez les avantages  qui apparaissent dans votre futur métier et donnez des arguments pour limiter les inconvénients.
    Le Monde. 18 Dec. 2009
     
    J’en ai oublié 3 ou 4 mais je m’en souviens plus  😉

  2. lili31 dit :

    merci beaucoup pour ces réponses qui nous éclairent quant aux éléments à  développer. Par contre pour la dernière question l’intitulé ne parlait pas de parité mais de mixité…

  3. jessiica dit :

    Merci beaucoup sur cette réponse qui est selon moi mieux formulées et plus complète que celle que j’ai pu fournir a Toulouse! A cela je me pardonne du fait de votre expérience qui surpasse plus qu’abondamment la mienne.
     
    Mais je vous remercie tout de même!
    Bonne journée!