Les pratiques culturelles des français

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  • 13 mars 2010

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Voici une proposition de réponse pour le sujet donné au concours d’entrée à  l’IFSI de Besançon à  propos des pratiques culturelles des français. L’article était tirée, je pense de Télérama. ll est consultable à  partir d’ici. Et le résumé est accessible à  partir de ce lien. On trouvera les résultats complets à  partir d’ici.

Question 1. Dégagez l’idée principale du texte et expliquez le terme «  modèles générationnels »

Les pratiques culturelles seraient-elles le miroir des évolutions de la société ou inversement? C’est ce que laisse supposer cet article de l’hebdomadaire culturel Télérama. L’article traite d’un rapport sur les pratiques culturelles des français à  l’ère du numérique. Cette enquête, menée toutes les décennies, dresse un portrait précis de la manière dont les français consomment la culture. L’élément majeur de l’enquête porte sur l’omniprésence des écrans dans nos pratiques culturelles. L’écran de cinéma bien sûr, mais aussi de télévision, de téléphones portables, avec notamment l’engouement récent pour les smartphones, ces téléphones permettant le surf sur internet mais aussi sur les réseaux sociaux, les consoles de jeux vidéos sur télé ou bien mobiles Même certains réfrigérateurs commencent à  intégrer des écrans sur leurs portes! L’arrivée du numérique dans notre vie quotidienne a engendré un phénomène de dématérialisation. Fini les cassettes audio à  écouter sur un baladeur, bonjour les mp3, ce format de compression numérique, qui permet d’écouter de la musique sur un ensemble diversifiés de supports.

Le fait de se rendre dans une salle de spectacles pour écouter un oratorio de Beethoven ou bien visiter au musée pour admirer la Joconde de Léonard de Vinci conserve son attrait. Néanmoins, il existe une forte segmentation en fonction de la génération à  laquelle on appartient. L’étude détermine quatre grandes catégories de population en fonction de l’âge de ses membres. A l’intérieur de ces catégories d’âge, les pratiques culturelles moyennes seraient très proches, c’est ce que l’on appelle un effet générationnel. A côté des digital natives, les plus jeunes, nés avec la technologie, pour qui l’utilisation d’internet et de la culture associée est naturelle, on trouve les seniors nés avant la démocratisation de la télévision. Il existe pour ainsi dire une fracture culturelle entre ces deux générations qui peut source d’incompréhensions voire de conflits mais peut se révéler également un terrain fertile pour l’échange et finalement l’enrichissement réciproque.

Le journal dont est tiré l’article est d’ailleurs un bien bel exemple sur ce point. Si l’hebdo est riche d’une importante pagination consacrée à  la télévision, il évoque aussi grandement les programmes de radios en mettant en valeur des émissions d’une grande qualité comme 2.000 ans d’histoire sur France inter, l’une des émissions les plus podcastées de France, c’est-à -dire téléchargées, légalement, sur son ordinateur ou son lecteur mp3 pour être ensuite réécoutée au moment voulu, comme il ouvre largement ses pages à  la danse, au cinéma, aux livres ainsi qu’à  internet. En s’ouvrant ainsi aux différentes formes artistiques comme aux différents supports qui les diffusent, il témoigne du fait que les pratiques culturelles changent à  mesure des évolutions de la société. Entre l’art, dont il est difficile de donner des contours précis, et le divertissement, le coeur de beaucoup de français balancent.

Question 2. Analysez les données chiffrées.

Je passe cette question pour des raisons de temps. Dans la réponse, il s’agit de mesurer d’abord ce qui différencie les français dans leurs pratiques culturelles et éventuellement ce qui les rapproche également.

http://www.youtube.com/watch?v=9bjGdTDsFpE&feature=related

Question 3. Donnez trois conséquences liées à  la phrase suivante: « Que se passera-t-il quand les anciens auront disparu ? »

Je ne suis pas certain de bien comprendre la question. Voici ma proposition.

Nées dans l’immédiate période d’après-guerre, ceux que l’on a appelé les baby-boomers ont vieilli, si bien que les sociologues évoquent, en référence au premier surnom de leur génération, un papy-boom, ou plutôt un mamy-boom tant les femmes sont plus nombreuses à  atteindre le vieil âge (même si l’écart d’espérance de vie entre les hommes et les femmes, 77 ans et 84 ans, se réduit au fur et à  mesure que les femmes adoptent des comportements addictifs en matière de consommation de tabac et d’alcool notamment que les hommes). Cette génération a vécu l’arrivée progressive de la télévision dans les foyers. Noir et blanc d’abord, en couleurs ensuite. Avec une chaîne de télévision, puis deux puis trois, jusqu’aux 200 chaînes que nous pouvons recevoir aujourd’hui. Cette évolution technologique avait, en son temps, générée bien des questionnements également. Cette génération écoute la radio et regarde la télévision en des proportions bien plus importantes que les générations qui suivent. Que se passera-t-il dans 15 à  20 quand cette génération disparaîtra? Les effets en matière culturelle sont difficiles à  cerner car nul ne prédire l’avenir et il ne sert à  rien de ressasser une période révolue, pendant laquelle, souvenons-nous en, la vie n’était pas non plus aussi rose que la nostalgie nous amène à  le penser. La culture sépia n’a pas de sens, celle de la transmission des valeurs, de l’héritage par contre en a beaucoup plus.

Première conséquence culturelle de cette disparition, la fin de l’omnipuissance de la télévision. Premier média culturel, la télévision est progressivement rattrapée par le jeu vidéo, qui est l’apanage des jeunes générations, même si une console de jeu familial comme la Nintendo Wii est utilisée par toutes les générations et jusque dans les maisons de retraite où elle entre parfois dans le processus de soins afin d’augmenter les capacités cognitives des résidents et leurs réflexes.

Dans un second temps, on peut penser que la presse écrite va souffrir de la désaffection des jeunes générations quand à  l’imprimée. Si en Bretagne, 70% des habitants reçoivent un journal local par portage, livré directement chez eux le matin pour leur petit-déjeuner, différentes études montrent déjà  un déclin de cette habitude culturelle chez les plus jeunes, attachés de manière différente, moins tribal, à  leur territoire et appelés à  être mobile pour leur travail ou leurs études.

Enfin, on peut imaginer que, de fait, le poids d’internet va progresser de manière considérable. Nous sommes déjà  tous connectés et interconnectés. Blogs, réseaux sociaux de type facebook, qui compte 400 millions d’utilisateurs à  travers le monde, Twitter, avec ses messages limités à  400 signes, ou encore l’arrivée des livres numériques (Kindle, IPas…) témoignent de cet éclatement mais aussi de l’éclatement de nos modes de consommation. On peut parler de culture à  la demande, plus interactive que précédemment. Ces générations n’ont plus envie d’attendre 20 h 45 pour regarder le film qui leur plaît. Ce qui n’empêche pas les jeunes générations de se presser dans les salles de spectacle pour vivre en live les concerts des groupes de leur choix. Car la culture se conjugue avec le collectif et le partage que cela suppose.

Toutefois, la télévision, par sa place dans les foyers, généralement au centre des salons, reste le média fédérateur par exemple. Pour de grands rendez-vous sportifs, politiques ou d’actualité, elle reste un support accessible par tous. Mais ces moments sont rares, d’autant plus que de nombreux postes de télévision sont aujourd’hui installés dans d’autres endroits que le salon, comme les chambres des enfants, ce qui contribue à  diminuer le visionnage de programmes télés en famille.

Le lient entre culture et progrès technologique a toujours existé. Et nul doute que les hommes préhistoriques auteurs des peintures rupestres de Lascaux utiliseraient, s’ils étaient projetés dans notre monde, leur blog pour conter au monde leur chasse aux mammouths. Est-ce que le mode de consommation de la culture est important? Pour les industries qui les produisent sans conteste. Pour les êtres humains c’est vraisemblablement moins vrai. Ce qui importe est que la culture puisse restée diverse, innovante, troublante, qu’elle éveille nos sens, nous interroge, soit accessible au plus grand nombre. La télévision n’a pas tué la radio, comme la radio n’a pas tué le cinéma. Les innovations poussent à  se remettre en question. Cela met au cœur de la démarche de partage de la culture son accès rendu bien plus difficile par le coût de la culture que par les mutations technologiques. Il n’est qu’à  voir le succès des journées gratuites dans les musées ou bien de la nuit blanche organisée dans différents lieux culturels à  Paris, ou encore les mesures prises pour permettre aux jeunes d’aller dans les bibliothèques (souvent appelées médiathèques désormais car elles intègrent tous les supports en leur sein), ou de recevoir un quotidien par semaine gratuitement pendant un an dans le cadre d’une opération menée par le ministère de la culture, pour mesurer l’intérêt de la population pour la culture. Elle reste un élément fondamental de notre identité nationale. Elle suppose une exigence, une rigueur, un refus de la médiocrité mais laisse aussi la place à  toutes les formes d’expression. Le plus grand danger en ce sens de la culture réside dans deux extrêmes celle du plus dénominateur commun, l’imbécilité de certains programmes de télévision qui rabaissent l’espèce humaine toute entière, ou bien un élitisme exacerbé, qui excluerait une grande part d’entre nous.

Ce qu’il convient de limiter, voire d’éviter, ce sont les effets d’une culture zapping qui multiplierait le butinage, le papillonnage, sans aller dans la profondeur d’une œuvre culturelle qui nécessite «  patience, longueur de temps plus que force ni que rage » comme l’écrivait Lafontaine, un auteur mort il y près de quatre siècles dont on peut aujourd’hui lire les œuvres dans la prestigieuse collection de la Pléiade ou en collection poche, écouter les textes déclamés au théâtre ou bien lire les fables sur son Iphone.

http://www.youtube.com/watch?v=5ckCkna1VDg

Cadeau bonus. Moment de détente avec « Le Jeune »

et une reprise de Grieg par un groupe de Heavy Metal

[/youtube]

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Commentaires

  1. céliou dit :

    bien pour la rumeur, tu as bon goût, je me casse après avoir lu la logorhée sms et nauséabonde des commentaires lié a ton post sur l’anorexie…genre g 12 ans et c ma life.;..bref ça m’a fait pitié mais tu n y est pour rien sans doute…

  2. céliou dit :

    j’ai bien aimé ce sujet tiré de l’article de michel abescat, aussi ton interprétation est intéressante et tes idées sont proches de clles que j’ai proposées a l’écrit (pas aussi bien dévelopées)..bien, je m’en vais faire un petit tour sur ton blog;.bonne continuation!!! bye