Serious games. Une interview d’Olivier Lombart

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  • 5 mars 2010

Dans le cadre du prochain numéro de Geek Magazine, dont la sortie est prévue en avril, j’ai rédigé un dossier sur l’économie du jeu vidéo avec notamment en ligne de mire, les serious games, les jeux sérieux. Voici l’une des interviews réalisées, avec Olivier Donnart, directeur de NetDivision.

  1. Qu’est-ce qui explique le développement duserious gameen France? L’appel à  projets et les subventions de l’Etat, un aspect générationnel, culturel? Qu’en-est-il des autres pays européens? On dit l’Allemagne être en retrait par exemple sur la Grande-Bretagne et la France sur cette question.

L’appel à  projet a été l’élément déclencheur car il a permis à  la fois de susciter des vocations chez les concepteurs, il a permis de soutenir près de 50 projets avec des budgets moyens jamais atteints jusque là  et il a contribué à  mettre le SG sous le feu des projecteurs des médias. En Europe, seuls le Danemark et la Grande Bretagne étaient plus avancés : cette dernière dispose même de lieux dédiés au SG.
Concernant l’Allemagne, je pense que le problème est similaire à  la France : sans impulsion gouvernementale, cette activité n’y démarrera pas.

2. Vous avez participé à  l’opération de l’Oréal à  destination des jeunes coiffeurs. Comment mesure-t-on le succès d’une telle opération?

Simplement car le CRM figure dans les gènes du SG : L’Oreal sait ainsi qui joue à  ses SG, à  quelle fréquence, comment et où.

3. Quels sont, à  votre avis, les nouveaux terrains de «  jeux » desserious gamesdans les années à  venir?

Aujourd’hui nous en sommes encore au stade de l’enfance du SG ; les techniques du jeu vidéo ne sont pas vraiment maitrisées et rares sont les SG qui atteignent un bon niveau d’immersion.

Je crois que l’on se dirige vers des jeux du type stratégie en temps réel, qui permettent de mettre le joueur en situation totale.

4. Existe-t-il de nouvelles versions de ce SG? Et commence-t-on à  assister à  des saisons, des séries de SG qui capitaliseraient sur l’expérience des SG précédents et la fidélité du public visé?

Non pas pour le moment. On assiste essentiellement à  un marché de one shot. Mais ceci est du à  sa jeunesse. Je pense que très rapidement nous verrons émerger des séries de SG à  succès.

5. A de très rares exceptions près, les collectivités, les services de l’Etat semblent peu faire appel aux SG, croyez-vous au potentiel de ce marché en France et à  l’international ?

Bizarrement elles devraient pourtant figurer en tête des commanditaires !!! Mais ça vient : on voit de plus en plus de collectivités locales intégrer le SG dans leur démarche de communication.

6. Nombre de SG sont voués à  la formation interne, au recrutement, est-ce qu’un axe de développement du marché peut également être la relation avec les internautes-e-consommateurs? Les SG peuvent-ils devenir, ou le sont-ils déjà , un outil marketing de la CRM? Quels liens possibles avec les réseaux sociaux?

J’en suis intimement convaincu. J’ai d’ailleurs introduit ce concept du SG en 2005 suite à  nos travaux avec L’Oréal. Il y a là  pour les marques un moyen puissant pour mieux faire comprendre leurs produits. C’est ce que nous appelons l’Education consommateurs via les SG.

7. E-book, smartphones, consoles de jeux, dématérialisation les nouveautés et les plates-formes sont légion. Est-ce un problème ou une opportunité pour les SG?

Oui et en particulier les smartphones : nous allons d’ailleurs publier dans les semaines qui viennent le premier SG pour Iphone !

8.Vous êtes passionné de développement international, j’imagine que votre présence au Burkina Faso est motivé par ce point, est-ce que les SG peuvent être une solution, parmi d’autres, pour développer les compétences des habitants qui ne parlent pas tous la même langue ou ne maîtrisent pas nécessairement les fondamentaux de l’écrit généralement utilisés dans le domaine de la formation classique? Et avez-vous des projets dans ce domaine?

Le Burkina dans mon cas est bien loin du SG. En fait je partage mon temps entre la France (et les SG) et l’Afrique où j’anime une ONG. D’où la raison de ma présence au Burkina en ce moment.

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