Paru sur IMédias

On a beaucoup parlé de coup de boule ces derniers temps. Celui de Zidane envers Materazzi bien évidemment. Au hit des téléchargements Internet, sur les radios d’informations ou musicales, grâce au sens très développé du marketing d’une bande de copains musicos et publicitaires à  leurs heures perdues, à  la télévision, on n’a vu que cela. Zidane qui coupdeboule, Zidane qui demande pardon. On aurait dit Bill Clinton après l’affaire Monica. C’est Monsieur qui boit et c’est Madame Hillary-Marianne qui trinque. Du grand art. Lors de sa traditionnelle interview télévisuelle du 14 juillet, une réelle incongruité démocratique au regard des autres pays occidentaux, Jacques Chirac s’est même fendu d’une réponse très directe droit après une question crochet du gauche de PPDA. « Et vous aussi vous avez eu envie de donner des coups de boule dans votre carrière politique ? ». Réponse en substance du président de la République. « Cela m’est arrivé. Symboliquement bien sûr ». Bien sûr.

Boules.jpg

Made in Marseille

Mais le vrai coup de boule, laissé quelque peu de côté car porteur de moins d’adrénaline, c’est celui de Marseille. La ville de Zidane mais surtout de la pétanque. Fidèle à  sa politique régionale, France 3, par le biais de sa rédaction méditerranéenne, diffuse quand le cochonnet en vaut la chandelle, quelques compétitions de ce jeu séculaire et pour tout dire le symbole de notre charmant pays. Et cela vaut son pesant de pastis quand les neveux de Passo remportent la mise sans coup férir et sans regimber (1)

Les snobs disent pétanque mais les férus de ce sport appellent cela les boules. A Plouguerneau, quand les femmes jouaient aux dominos, les hommes jouaient aux boules. En doublette, en triplette, le verre à  la main, et la bouteille bien au frais.

Avoir les boules bien placées

Aux boules donc, les commentaires virent à  la science culinaire. Une pincée de chance, faire revenir sur un terrain spécialement conçu, veiller à  ne pas se laisser trop cuir sous le cagnard. Car contrairement aux idées reçues les boules se jouent sans couvre-chef. Ne sortez pas couvert. Cela contrarie la transpiration et perturbe la concentration. Des effets que l’on attribue trop souvent à  tort au pastis. Les boules attirent aussi les célébrités. Un peu comme à  Roland-Garros sauf que là  c’est dans l’arène que l’on retrouve les félinés. Redonnons à  Fanny, Marius et Rosalie ce qui revient à  César. La science du coup de boule, Zidane ne l’a pas apprise en jouant au ballon mais en regardant les boulistes manier avec dextérité leurs mains caleuses d’avoir trop caressé l’objet de leur passion. Cela méritait d’être pointé.

(1) Le verbe regimber signifie se rebiffer, se révolter. Il figure parmi les verbes de la langue française les moins utilisés. La semaine dernière, je l’ai trouvé par deux fois sur mon chemin de croix, j’ai du mal avec le Sudoku auquel je préfère au morpion estival, dans un édito du point et dans un roman d’été. A un moment donné je me suis cru sur une île mystérieuse donc la clé de sortie ne se trouverait pas dans des chiffres maléfiques mais dans des mots aux talents inexploités.



Partager

Commentaires

  1. Phoceen dit :

    A la lecture de ce billet, fort bien écrit par ailleurs, une question me vient : Zidane a-t-il déjà  joué aux boules ? Parce que si c’est le cas, il doit savoir que tirer ne laisser pas le droit à  l’erreur… et il s’est bien loupé 😉

  2. mcabon dit :

    Essai de commentaire nouveau design