La philosophie de Joe Dassin 2. « L’actualité de la métaphysique Dassinienne ». Avec un jeu concours à  l’intérieur

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  • 23 février 2010

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Deuxième partie de notre voyage dans la philosophie Dassinienne. La première partie est lisible ici. Pour ceux qui ne savent pas lire, il reste les livres de Marc Lévy (1).

Joe Dassin est mort un malheureux jour d’avril 1980 à  Tahiti d’une crise cardiaque. Si son cœur s’est arrêté, les battements résonnent encore et parviennent jusqu’à  nous tel cet effet papillon, prenant plus de force à  chaque bourraque, d’allant de tous les vents. La pensée Dassinienne, aidée en cela par les compositions parolières d’une multitude d’auteurs, qui fait parfois penser à  l’instar du trouble qui touche Hippocrate, que Joe Dassin n’a jamais existé. Toutefois son corpus idéologique devançait par son originalité bien des questions de notre temps. Il est ainsi à  deux reprises l’un des premiers à  dénoncer cette société chronophage et le niveau de pollution corollaire d’une industrialisation anarchique.

Il préfigure en ce sens le Vélib’ parisien, celui de Lyon, de Rennes, bref la pensée de Joe est partout. «  Dans Paris, en vélo, on dépasse les autos. A vélo dans Paris, on dépasse les taxis ». Oui, grâce au péage à  la londonienne dont on voit bien ici qu’il figure entre les lignes pour ne pas choquer outre-mesure une population attachée à  la pseudo-liberté de mouvement conférée par l’idole automobile. «  Place des fêtes on roule au pas, ( ) la Bastille est assiégée, et la République est en danger ». Le nouvel ordre, nouvel ayatollah moderne, serait-il le tombeur de la République? La menace est réelle, nous dit Dassin.

D’autant que le réchauffement climatique est à  l’oeuvre comme il rappelle dans la chanson « Emilie », peut-être la plus aboutie de toutes. « Moi, j’avais le soleil dans les yeux d’Emilie ». Les jours ressemblent aux nuits qui peut croire que l’été nous reviendra. C’est la fin de saisons, la saison de la fin, la saison de la faim, la faim de la saison, l’anthropophagie balzacienne. Cherchez l’intrus. « Les rues ont l’air d’avoir l’accent » dit-il, dans une étape qui montre un tournant dans la pensée patriotique dassinienne.

En un sens, sa perception du débat sur l’identité nationale est sans conteste. «  Et que tout ceci serve d’exemple à  tous ceux qui s’écartent du droit chemin », nous rappelle-t-il dans la chanson des Dalton, dont le premier crime est «  d’avoir fait mourir leur maman de chagrin ». La mère nourricière, Marianne-Bardot, Marianne-Casta, Marianne-Deneuve, mais Marianne en danger. Par l’arrivée des Dalton: Joe, le petit bengalais, teigneux, pas gentil. Awerell, le grand massaï, venu des plaines d’Afrique pour envahir Saint-Denis, Jack, tibétain estropié, chassé de son pays par l’invasion barbare et William, le sud-américain anglophone, porteur de la maladie la plus inepte: le besoin de liberté.

Dans une chanson presque éponyme (quoi, une chanson qui s’appellerait chanson), se fait le héraut des droits de l’homme, que l’on n’appelle pas encore Droits de l’être humain, quand il demande la fermeture du centre de l’armée américaine Guantanamo. Son texte fondateur s’intitule Guantanamera pour brouiller les pistes. Mais le message est on ne peut plus limpide. Il s’agit d’exiger la fermeture de ce lieu d’exil. «  Guantanamera, la ville de Guantanamera, , Guantanamera , la ville de Guantanamera . Il reste tout la terre mais je n’en demandais pas autant. Quand j’ai passé la frontière il n’y avait plus rien devant. J’allais d’escale en escale loin de ma ville natale ». Par empathie, Joe se met dans la position d’un terroriste, son assurance vie en poche, s’apprêtant à  connaître son forfait de ski loin des montagnes escarpées de son Afghanistan des origines, encore une référence à  l’actualité chaude.

http://www.youtube.com/watch?v=-LiWxoYfGHY&feature=related

Il mentionne au détour d’un texte qui apparaît l’ordinaire la séparation de Nicolas Sarkozy et Cécilia S.

«  Ton vin est trop doux mais j’aime son goût sur mes lèvres ». Notre président quitte alors «  un lit trop dur où l’on fait de beaux rêves ». Etonnante lucidité dont on dit qu’elle l’apanage des fous. Et ce ceinturon castrateur que l’on peut apercevoir sur les images ci-dessous, n’est-il pas la symbolisation kafkaïenne que de ce départ naître un ordre nouveau, plus sécuritaire, moins frivole.

http://www.youtube.com/watch?v=PAwUspkm_xE&feature=related

Cette interrogation sur le sens de la vie, la quête du Graal et l’avenir des Monty Python ne cesse de tourmenter Joe. Alors qu’il célèbre l’hallali, il chante «  Ca va pas changer le monde que tu changes de maison ». Il parle des êtres humains et de son désir d’immigrer vers Mars, Pluton, Saturne pour échapper aux vicissitudes de la vie sur la terre après avoir gâché la terre. «  Et la vie continue ». Effectivement, Joe continue son œuvre, disséminant comme une abeille butinant au printemps un champ de coquelicots à  l’aube d’une journée ensoleillée, légèrement rafraîchie par une rosée salvatrice. Mais plus pour longtemps. Le temps passe, le temps le rattrape ou est-ce lui?

http://www.youtube.com/watch?v=bF0GR7jMk2E&feature=related

«  A toi, à  la façon dont tu as d’être belle, à  la façon dont tu as d’être à  moi. ( ) Aux souvenirs que nous allons nous faire. A l’éternel retour de la chance. A l’enfant qui viendra qui sera à  la fois toi et moi. A la folie dont tu es la raison . ». Cet appel au repeuplement de la France pourrait laisser pantois à  une époque où l’explosion du chômage laisser à  penser la victoire à  la Pyrrhus des troupes malthusiennes. Mais anticipant la tendance au vieillissement de la population, et ses conséquences tant positives et négatives, Joe nous invite à  une vieillesse éternelle et rajeunissante. Et puis il meurt à  l’âge de 41 ans. Preuve que son scepticisme allait même jusqu’à  ne pas croire ce qu’il pensait (2).

Pour terminer, voici deux reprises de «  Salut les amoureux », qui parle de l’épidémie de Sida en France et de la polémique sur la centralisation des dons par Pierre Bergé, «  et aux adieux qui quelque fois se passent un peu trop bien ». Vous avez le choix entre Christophe Miossec (la seconde vidéo) et Roch Voisine (la première vidéo). Pour participer il faut donner le nom de l’artiste que vous préférez et dire pourquoi. A gagner : un cadeau surprise trop super.

Exemple: Dalida. Parce qu’elle savait bien mettre ses mains dans ses beaux cheveux sans s’emmêler les doigts (Attention, ceci n’est qu’un exemple. A ne pas reproduite sous peine de dégénérer l’espèce humaine)

http://www.youtube.com/watch?v=hk89o0RIa5o

1. Humour. J’aime beaucoup Marc Aurèle et Lévy-Strauss. Humour encore. Décidément.

2. Ce qui, pour les gens qui ont tendance à  se contredire, n’est pas une mince affaire.

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Commentaires

  1. […] pas raconter des carabistouilles sur la philosophie de Joe Dassin, je l’ai déjà  fait ici et là . Mais j’aime bien, et puis c’est tout. Autant dire que j’attends avec impatience la diffusion […]

  2. Je préfère et de loin celle de Miossec parce que
    1) Joe Dassin préférait le beau soleil polynésien aux frimas canadiens
    2) Miossec est un artiste à  l’Ouest et après, c’est l’Amérique, l’Amérique
    3) J’en ai fini de ma période Roch Voisine

  3. […] (Il est préférable de lire l’avertissement situé en bas de ce texte avant de commencer la lecture ces lignes qui suivent). Vous pouvez également lire la seconde partie de l’analyse de la philosophie dassinienne à  partir de ce lien. […]