Les amis de Robert Hossein sont coupables d’impolitesse

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  • 22 février 2010

Il faisait beau sur Brest ce jour-là . C’était aujourd’hui. Ce n’est pas vrai mais n’est pas là  l’essentiel de l’histoire. Je déjeunais à  la Maison de l’océan avec Michel Nizon, le dirigeant de l’entreprise d’apprentissage de l’anglais international, Edulang, située à  Morlaix. Nous discutions depuis midi devant un quatuor de poissons grillés quand vers 12 h 30, Monsieur le commissaire, arrivèrent une troupe aéroportée qui vint s’asseoir derrière nous, sur ses sièges magnifiquement dirigés vers la rade et son spectacle à  nul autre pareil.

Le flot de la discussion nous animait et nous bavassions allègrement comme on le fait ni plus ni moins dans un restaurant. Alors que nous évoquions les nouveaux projets de développement de l’entreprise, notamment la conquête des marchés asiatiques pour les individus qui souhaitent passer le TOEIC, un examen d’anglais international, j’entends un long chuintement provenant des tables derrières nous: Chhhhhhhhhuuuuuuuuuuuutttttttttttttttttttt. Plusieurs fois répétés pendant les deux heures du repas. J’ai d’abord cru au vrombissement d’un homme qui s’est assoupi d’avoir bu trop de vin. Puis, je sens une tape sur mon épaule. «  Vous pourriez faire moins de bruit », intimé avec une grande fermeté dans la voix. Puis la personne se justifie. «  Nous déjeunons avec une personne qui vient de se faire opérer des oreilles et qui ne supportent pas trop le bruit ». La personne en question se déhanche, et de sa chaise se tourne vers nous. «  C’est vrai. J’ai un peu de mal à  entendre. Je viens de me faire opérer ». Puis continue, «  vous ne me reconnaissez pas? ». Michel Nizon de répondre par la négative. «  Pourtant, j’ai fait la pub pour Audika. Elle est passée partout à  la télé ». «  Non, vraiment, je ne vois pas ». L’homme de la pub pour Audika, et qui vient de se faire opérer des oreilles, et qui a du mal à  entendre, ma pauv’ dame, c’est Robert Hossein. Il est là  pour présenter à  Brest son dernier spectacle sur Denis Szenec, coupable ou non?

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Nous continuons notre repas et notre conversation un peu interloqués par cette demande incongrue. Puis deux cafés plus loin, il est temps pour nous de vaquer à  nos occupations. Une équipe de télévision vient de pénétrer dans le restaurant pour interroger Geoffrey Robert Hossein, celui-là  qui par sa cicatrice dans Angélique, marquise des anges, avait réussi à  me faire oublier la mienne.

Nous nous levons, et fatalement nous retrouvons tournés vers l’aréopage de chuinteurs. Ils nous regardent. Je les regarde. Je m’adresse à  eux, avec le sourire « On s’en va car vous faites trop de bruit ». Robert le magnifique lève la tête et comprend la plaisanterie et discute un temps avec nous. Quand de l’autre côté de la table, un homme nous indique qu’il n’entendait rien à  cause du bruit de notre conversation. C’était donc lui la doublure de la pub pour Audika. En un sens, on connaît le résultat du vote du public pour le procès Seznec revisité par Robert Hossein: les amis de Bob sont coupables d’impolitesse.

En psychologie, je pense que cela s’appelle le complexe du fayot. Pour plaire au roi, les bouffons devançaient ses demandes, les anticipant, les déformant, les maximisant, parfois à  leur avantage, mais n’en changeaient pas pour autant leur condition. En voilà  une nouvelle démonstration.

A lire bientôt sur ce blog: un commentaire de lecture du dernier livre du duo Steven Levitt et Stephen Dubner, «  Super Freaknomics ». J’en avais déjà  parlé dans cette note sur d’où vient le talent que vous pouvez relire à  partir d’ici. Les deux auteurs, économistes cohérents de l’absurdes, mais pas absurdes économistes, évoquent en quelques questions le chocs les tourments de notre économie: pourquoi le prix relatif de la fellation chez les prostituées de Chicago a-t-il autant baissé depuis la Deuxième Guerre mondiale ou encore, plus essentiel pour tout à  chacun, pourquoi souscrire une assurance-décès avant de commettre un attentat suicide?

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Commentaires

  1. […] Nizon est un homme entreprenant avec qui j’ai toujours plaisir à être contact au restaurant ou via le web. A la tête d’Edulang depuis de nombreuses années, il propose une solution […]