De la philosophie chez Joe Dassin

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  • 17 février 2010

Dassin

(Il est préférable de lire l’avertissement situé en bas de ce texte avant de commencer la lecture ces lignes qui suivent). Vous pouvez également lire la seconde partie de l’analyse de la philosophie dassinienne à  partir de ce lien.

Joe Dassin n’est pas Jean-Baptiste Botul. La différence tient en ce que le premier a bel et bien existé et nous a légué un héritage philosophique puissant que je me propose de vous faire découvrir ici. A l’heure où 14 naïades peuvent espérer trouver le sentiment du cœur qu’est l’amour avec Moundir, que l’Afrique n’intéresse toujours pas les français malgré un monceau de bêtises dans une ferme aux animaux qui porte bien son nom, il nous faut revenir sur terre, embrasser la réalité et cela passe par un détour Dassinien.

Au cours d’une vie bien trop courte pour une si grande œuvre, le petit Joseph ébranle les certitudes, élabore des hypothèses, guide les langueurs monotones existentialistes. Dans l’un de ces textes les plus célèbres, «  Siffler sur la colline », le propos est limpide « Elle m’a dit d’aller là -haut/Sur la colline/L’attendre avec un petit bouquet d’églantines/J’ai cueilli les fleurs/Elle n’est jamais venue ». Dans ces quelques phrases, Joe nous parle de l’attente, de ce qui ne viendra pas malgré l’espérance, les prières et les poulets égorgés. On touche ici au mysticisme d’une pensée qui trouve son apogée dans une chanson au double sens: Et si tu n’existais pas.

http://www.youtube.com/watch?v=CIHn0TIibR0

«  Des passantes endormies dans mes bras que je n’aimerais jamais. Et si tu n’existais pas, je ne serais qu’un point de plus. Et si tu n’existais pas, je crois que l’aurais trouvé le secret de la vie, le pourquoi, simplement pour te créer et pour te regarder ». Si la première phrase est clairement un hommage à  Charles Baudelaire et la magnificence de son texte, A une passante, Joseph évoque ensuite la quête métaphysique de l’homme nouveau qui émerge en lui. Le pourquoi certes mais pas le comment car la solution est impossible. La vanité de l’homme l’empêche de satisfaire cette ambition à  jamais virtuelle.

Si la hauteur de vue de Joe Dassin n’échappera à  personne, même pas au profane, l’homme se veut également un philosophe du quotidien, ancré dans la réalité bien loin des philosophes de salon de thé qu’il moque dans son célèbre texte chanté Le petit pain au chocolat. «  Tous les matins, il achetait son petit chocolat / la boulangère lui souriait / Il ne la regardait pas ». Là  où chacun voudrait se saisir de désir pour cette boulangère «  si croustillante, au moins autant que ses croissants » aux dires des passants, le philosophe théorique reste engoncé dans son esprit, et il faudra toute la sympathie de Joseph Dassin pour lui apporter une paire de lunettes, métaphore du savoir et de la connaissance, pour qu’enfin l’homme voit, «  car il était myope, voilà  tout », qui vient éclairer son existence. «  Il suffit de si peu, une simple paire de lunettes pour rapprocher deux êtres ». Une recommandation dont devrait se saisir les plus hautes autorités de l’Etat pour résoudre la question de l’encadrement éducatif.

http://www.youtube.com/watch?v=2e87uBhygWo&feature=related

Cette sagesse de Joe est une sagesse expérimentale qui lui vient de sa propre existence. «  J’ai connu des lits de camp bien plus doux qu’un oreiller/ Il y a les filles dont on rêve et celles avec qui l’on dort / Il y a les filles qu’on regrette et celles qui laissent des remords / Il y a les filles que l’on aime et celles que l’on aurait pu aimer ». C’est de cette errance que lui vient le goût du voyage qui ne cessera jamais de l’animer au cours de son existence jusqu’à  sa mort prématurée à  Tahiti en 1980, avant le retour au pouvoir de la gauche, ce qui n’est pas à  un hasard comme nous le verrons dans notre prochain article «  L’actualité de la métaphysique Dassinienne ».

http://www.youtube.com/watch?v=_2AC96L6mYw

Avertissement. Suite aux polémiques de plus en plus nombreuses sur ce qu’il est possible de dire ou non dans notre pays dont la dernière en date met aux prises une troupe de comiques, d’ouvriers et de paysans, Action Discrète, à  des représentants d’associations qui ont oublié d’avaler un clown gay trisomique.

Ce texte est un texte d’humour, même s’il ne fera pas rire tout le monde. Il ne vise pas à  moquer Joe Dassin, ses héritiers et ses ayants-droits, ni les imbéciles de toutes sortes, qui sont nombreux, les pisses-froids qui estiment que le respect commence par l’indifférence alors même que le rire est fédérateur et fait s’effacer les enceintes parmi les plus inexpugnables.

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Commentaires

  1. […] pourquoi donc que c’est comme ça (1)? Comme il y a une philosophie derrière les chansons de Joe Dassin, il y a des raisons qui expliquent ce […]

  2. […] je ne vais pas raconter des carabistouilles sur la philosophie de Joe Dassin, je l’ai déjà  fait ici et là . Mais j’aime bien, et puis c’est tout. Autant dire que j’attends avec impatience la […]

  3. mcabon dit :

    La deuxième partie est accessible ici. Avec un jeu-concours à  l’intérieur.

  4. Djemaa Pascal dit :

    Merci pour votre commentaire ! Pascal.

  5. antoine couder dit :

    Bonjour,
    Justement, je suis en train de préparer un article sur Joe Dassin. J’attends donc avec impatience la suite de ce aventures philosophiques. Pour moi, « et si tu n’existais pas » s’adresse plutôt à  son père, « et si tu n’existais pas, dis moi pourquoi j’existerais…. » C’est une sorte de sidération existentielle.
    🙂

  6. Eric dit :

    Et si tu n’existais pas.
    Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien… c’est bien de la philosophie.
    Et pour les chemises, si elles étaient blanche, on le confondrait bien avec un nouveau philosophe.