Fixe ou flottant, l’éolien offshore séduit l’Europe

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  • 11 août 2009

Suite de la série parue cet été dans la Tribune sur les énergies marines renouvelables

éolienneoffshore

Parmi les énergies marines renouvelables, l’éolien offshore bénéficie actuellement du marché le plus porteur et le plus structuré. Dérivées des éoliennes terrestres, les éoliennes offshore s’implantent à  proximité des côtes et ne sont limitées que par la profondeur des eaux. Leur limite d’installation s’établit à  environ 50 mètres de profondeur. Le Danemark utilise déjà  cette technique depuis le début des années 90. Il est le premier pays producteur d’énergie éolienne offshore au monde. La Grande-Bretagne, les Pays-Bas et surtout l’Allemagne ont annoncé d’importants plans de développement dans ce domaine. Si le secteur a beaucoup joué avec les effets d’annonce, il semble que l’implantation de parcs offshore s’accélère en Europe. L’an dernier, selon la European Wind Energy Association, qui réunit les industriels, 357 MW ont été installés en 2008 pour porter la capacité totale du marché à  1.471 MW, exclusivement en Europe. En France, dans la foulée de la tendance européenne, de nombreux projets émergent. Ainsi, Poweo réfléchit à  un investissement de 500 millions d’euros dans la baie de Saint-Brieuc, et le groupe allemand WPD prévoit trois projets en France, dans le Calvados, à  Fécamp et en Vendée pour plus de deux milliards d’euros d’investissement. Et les projets se multiplient encouragés par un coût d’exploitation, très proche de celui de l’électricité issue du nucléaire.

Néanmoins, ces parcs éoliens, sans sombrer dans le gigantisme, colonisent un littoral déjà  courtisé entre activités économiques, culturelles, militaires, sans compter les routes maritimes. Plusieurs projets sont retardés en raison d’oppositions locales parfois virulentes. La possibilité existe alors d’éloigner les éoliennes offshore de la côte, ce qui diminue l’impact sur la vie courante du littoral. Il n’est plus question alors de fixer l’éolienne au fond mais de la rendre flottante. Reliée à  la côte par câble, elle est alors ancrée à  des profondeurs allant de 35 à  300 mètres. Cette technologie est déjà  utilisée sur certaines plateformes pétrolières dans le Golfe du Mexique. «  L’éolien flottant peut produire à  40% de sa capacité nominale contre 25% pour l’éolien terrestre », indique François Huber, directeur de Blue H France. Cette filiale d’un groupe anglais, qui mène plusieurs projets en Europe, porte l’idée d’une éolienne flottante à  rotor bipale au large de Lorient (Morbihan). Son projet de démonstrateur de 3,5 MW, intitulé Diwet, pourrait voir le jour d’ici trois ans si elle obtient des fonds publics pour le financement des 20 millions d’euros nécessaires au projet. La société intervient en amont de l’installation des fermes éoliennes laissant le soin ensuite à  des pools d’investisseurs de prendre le relais. «  En mer, le mégawatt vaut trois millions d’euros. Le projet envisagé par Blue H porte sur 350 MW, ce qui représente un milliard d’euros d’investissement », précise François Huber, qui bénéficie du soutien de nombreux organismes de recherche bretons. L’enjeu essentiel pour les porteurs de projets d’éolienne flottante semi-submersible est celui de la maintenance, in situ et à  distance. Leur éloignement des côtes les confrontent à  des situations climatiques agitées et compliquent les interventions humaines. Autre intervenant sur le marché, Nass&Wind, une PME morbihannaise, en fait également son cheval de bataille. Egalement présente sur l’éolien offshore fixe, elle mise gros sur son projet d’éolienne flottante baptisé Winflo. Ses dirigeants ont réuni autour d’eux un consortium d’entreprises locales plus DNCS. Ces deux projets, Winflo et Diwet, ont été labellisés par le pôle de compétitivité mer avec un enjeu de taille en terme d’emplois. Un mégawatt installé génèrerait une moyenne de 15 à  20 emplois permanents. La filière bretonne pourrait en compter 5.000 à  terme.

Mikaà«l Cabon

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Commentaires

  1. caroline dit :

    oui le flottant a beaucoup plus d’avenir que le offshore statique pour plusieurs raisons : – de bétons , + d’emplois et éloignement avec des implantations grd large.  Les éoliennes offshore on les a forcement devant …jamais dans le dos ..il faut donc les mettre le plus loin possible pour ne pas nuire a la beauté des paysages et l’économie touristique.    d’autre part, tant qu’on ne réussira pas a stocker l’énergie je reste septique …. fabriquer de l’hydrogéne au large pour refaire de l’électricité quand il n’y a pas de vent …est ce envisageable ?.